‹ La ChampagneChapitre 155 sur 166 · Notre France, p · texte numérisé non relu

Notre France, p

5. Cf. sur ce point une jolie anecdote rapportée par un touriste allemand traversant la Champ.agne

***1'7 1'" ilber Frankreich, au/ einer Fu»»rei»e im .lahre 1811, t. I, Leipzig, 1815,

6. A Bar-le-Duc, la devise locale est : Plus penser que dire I

La Champagne est un des pays de France ayant subi les plus importantes transformations, surtout dans le cours du xix* siècle ; l’effort de l’activité humaine s’y révèle par de multiples et curieuses adaptations. Les landes du terrain de i raie vouées par la nature à une stérilité presque absolue sont aujourd’hui couvertes en grande partie par des plantations de résineux figurant sur les cartes des taches vertes qui donnent l’illusion d’une région assez boisée, et le temps n’est plus où l’on pouvait dire avec le proverbe, à propos de la Champagne Pouilleuse, que le paysan peut y marcher tout le jour sans y trouver d’autre abri que l’oreille de son âne. La viabilité a été grandement perfectionnée dans la zone longtemps peu accessible de l’infracrétacé, dans la Champagne Humide, dans l’Argonne, où l’exploitation forestière est devenue plus faeile, où le domaine de la forêt a reculé devant les cultures et l’extension du peuplement. Les progrès réalisés dans l’agriculture champenoise par l’emploi des engrais chimiques et des méthodes culturales appropriées aux différents sols se manifestent par l’accroissement des rendements (*), par la déchéance ou la disparition complète d’anciennes cultures indigènes insuffisamment rémunératrices, telles que celles du sarrasin, du rnéteil, des graines oléagineuses (navette, colza), du chanvre ; par le développement de la culture du froment, de l’avoine, des fourrages artificiels, des cultures maraîchères dans la banlieue des grandes villes, par l’aceroissement relativement récent de la culture de la betterave dans les plaines duPerthois, les vallées de la Marne, de laVesleet de l’Aisne (“). Malgré les ravages du phylloxéra, la superficie des vignobles n’a pas sensiblement diminué. Les conditions de l’élevage du mouton ont été

1. Ue 1862 à IflOO, le rendement moyen du froment à l’hectare s’est élevé do 15'>',47 à ISI'IjOS dans la Marne; de ISid,25 à 18 hectolitres dans l’Aube. Ces deux départements comptent parmi ceux où l’outillage agricole s’est le plus rapidement amélioré dans le cours du xix< siècle.

2. Surfaces cultivée» de» département» de l'Aube et de la itarne réuni*.

Sarrasin. . .

Métoil, . . .

Navette-colza

8 Tib hect, Ô805 —

4 680 hect.

Production du département de la ilarne seulement.

Chanvre

Betterave à sucre Vigne

1 115721 hectol,

5911 hectol.

79 quint.

COiXCLUSION

modifiées : les éleveurs champenois, impuissants contre la concurrence des laines exotiques, ont dû restreindre les effectifs de leurs troupeaux et s’attacher à la production de la viande, de préférence à celle de la laine. Ces amélioi’ations et ces adapûitions n'ont pas préservé la Champagne des atteintes de la crise agricole, dont les effets, combinés avec ceux de la concentration croissante du travail industriel, ont déterminé la dépréciation continue de la propriété foncière (‘) et la désertion consécutive des campagnes. Les populations rurales de la Champagne Pouilleuse, rendues ingénieuses par la pauvreté du sol, avaient réussi non seulement à suppléer à l’abondance par la variété des produits, mais encore à joindre aux maigres ressources provenant de la petite culture les bénéfices tirés d’industries locales traditionnelles. Or, partout les ateliers de famille et les usines de moindre importance ont été ruinés et une partie de la population active s’est trouvée dans l’obligation d’émigrer vers un petit nombre de centres urbains manufacturiers tels que Troyes, Komilly, Châlons, Keims, ou vers les villes industrielles du Nord et des Ardennes. Nous avons essayé d’évaluer l’intensité relative de ce phénomène de dépopulation des campagnes et nous avons constaté qu’en Champagne, comme ailleurs, le développement de la grande industrie avait fait tort à l’agriculture et dérangé dans une certaine mesure les groupements de la population. Par contre, l’accroissement anormal des grandes aggloiyérations industrielles a contribué à l’amélioration et à l’exploitation intensive du sol dans leur banlieue, tout foyer urbain développant son rayon d’approvisionnement en proportion de ses besoins. C’est ainsi qu’aux environs de Troyes et de Keims, le sol a été défriché et peuplé, les marécages partiellement desséehés et transformés en jardins maraîchers fécondés par les amendements que les villes mettent au service de l’agriculture; la vie urbaine a stimulé dans son rayon sans cesse élargi l’activité de la vie rurale et cofnpensé la dépréciation qu’elle

1. Variations de la yaleiir de U propriété foncière dans une commune de la Champagne Pouilleuse, Lhuître (canton de Uainerupt, Aube).

Terres df premiire datai : les meilleures.

ANÜÛK8.

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