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De Lappakent ^Leçons de géographie phyeique, p

LÀ CUAUPAOME

moins rc^iilioros <lc crotcs ou de tîilus dossincintj un point do contcict des principaux affleurements, des alignements de coteaux grossièrement concentriques à travers tout le pays du nord au sud. Ainsi la falaise de Champagne-Brie, au-dessus du glacis de la Champagne Pouilleuse, bordure de la nappe tertiaire recouvrant les assises du terrain de craie ; entre les vallées de l’Yonne et de la Seine, les terrasses en gradins adossées aux escarpements de la forêt d'Othe ; sur la rive droite de la Marne au-dessus de \ itry-le-François et jusqu au coude de l’Aisne aux environs d’Attigny, la ligne sinueuse des monts de Champagne qui jalonnent les affleurements de la craie blanche à micraster ; enfin au nord-est de la Champagne, sur la rive gauche de la rivière d’Aire, les crêtes de VArgonne déterminées par l’émergence extraordinaire d’un massif de gaize au soubassement infi’acietace, surmontant les terrains oolithiques. Ce modelé architectural qui n est pas particulier à la Champagne, puisqu’on le retrouve, plutôt exagéié, dans la Bourgogne et la Lorraine, s’explique à la fois par la nature géologique des assises du sol et par les phénomènes d’ordre tectonique qui ont modifié, à l’époque tertiaire, les surfaces topographiques. S’il n’est pas nécessaire de retracer ici la genèse de la formation crétacée et les phases successives d’invasion marine et d’émersion qui se sont déroulées entre la période jurassique et le début des temps tertiaires, nous devons emprunter à la géologie les éléments d’information qui nous permettront de reiuonter des faits actuels aux faits anciens qui les commandent.

Le relief d’une contrée est surtout déterminé par la dureté des roches constitutives et le degré de résistance qu’elles sont capables d’opposer à l’érosion. Or, en Champagne, les matériaux du sol, dont la nature est relativement variée, sont essentiellement plastiques (*) : ainsi les craies glauconieuse, marneuse, à micraster, a hélemnites qui forment les différents étages du crétacé supérieur ; les argiles et les sables (néocomien- aptien -alhien) qui constituent le faciès piincipal de la bande infracrétacée. Tous ces sédiments d’origine organique ou terrigène, dont la contexture est faiblement compacte, étaient d’une désagrégation et d’une destruction faciles, n offrant pas à l’érosion une résistance comparable à celle des calcaires rocheux de la formation oolithique, ni même à celle des calcaires grossiers et des travertins lacustres de la Brie et du Soissonnais. De plus, dans

1. Sur les conditions de dépôt et l.u n.ttiirc des sédiments crétacés, cf. de Gkossol'VUE, Reeherchf» tur ta craie enpérieure, t. I, p. 53 sqq.

VUE giLnérale du sol champenois

cette partie de la région parisienne, où les alternatives de la sédimentation ont été particulièrement régulières ('), les accidents tectoniques ne paraissent pas avoir bouleversé les assises du terrain postérieurement à leur émersion. Cependant, s’il importe peu d’examiner ici les phases successives de l’émersion générale qui a terminé l’ère crétacée, et à la suite de laquelle la région champenoise s’est trouvée géographiquement individualisée, la considération de quelques événements tectoniques, contemporains de l’ère tertiaire, est indispensable pour se rendre compte des modifications subies par l’assiette architecturale primitive de la formation crétacée.

Un affaissement survenu dans la partie centrale de la région parisienne, où les eaux tertiaires firent retour dans une sorte de cuvette, détermina un mouvement de bascule qui redressa les zones bordières, en accentuant le plongement des couches déjà émergées vers le centre de la dépression. Ce phénomène tectonique eut un double résultat : d’une part, chaque couche de terrain, redi’essée sur son pourtour, présentant une tranche en biseau au-dessus de celle qui la précédait, les jdus dures furent mises en évidence, et l’érosion, par la suite, exagéra peu à peu les saillies : ainsi se formèi’ent ces lambeaux de crêtes, ces talus surmontés de corniches, orientés en longues courbes excentriques, qui constituent, en quelque sorte, l’ossature du relief champenois.

Une autre conséquence fut la formation d’un réseau hydrographique à branches convergentes. Les eaux ayant une tendance à s’écouler suivant les lignes de jjIus grande pente, les terrasses crétacées, dont la di.sposition est grossièrement conique, se trouvèrent rapidement pourvues d’un premier réseau de rivières dites conséquentes, dont les vallées parallèles ou plus ou moins convergentes sillonnèi’ent transversalement toute la contrée. Les talus qui soulignent les saillies des affleurements, formant un bourrelet qui s’opposait au ruissellement normal, déterminèrent consécutivement la formation, à leur base, de cannelures latérales, véritables gouttières où s’amassèrent les eaux : ainsi fut constitué en Champagne, particulièrement dans l’auréole déprimée que dessinent les couches de l’infracrétacé, un réseau hydrographique secondaire, ramure touffue de cours d’eau subséquents rejoignant, presque à angles droits, les grandes ax’tères à direction conséquente (*).

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