‹ La ChampagneChapitre 29 sur 166 · Cf. DE Grossoctre, foc. eit., p · texte numérisé non relu

Cf. DE Grossoctre, foc. eit., p

2. Sur la fonnatioii de ce double rése.au hydroRraphique, cf. de Lai-i’arent, Leçons de géographie physique, p. 191 sqq., et IUrké, Architecture du sol de la France, p. 28 sqq.

LA CHAMPAGxNlî

Les événements tectoniques multiples qui ont signalé l’ère tertiaire ne paraissent pas avoir autrement déformé les surfaces topographiques dans la région crétacée. La Champagne se trouve en effet relativement éloignée des principales aires de plissement, des grands centres de dislocations tels que le ^lassif Central, le Jura et les Vosges. La série de bombements et de plis qui, dans la partie nord-ouest de la région parisienne, entre les côtes de la Manche et la vallée de l’Oise, dessinent des faisceaux d’ondulations sensiblement parallèles et ayant une orientation principale nord-ouest-sud-est, paraît s’arrêter sur la bordure orientale de la nappe tertiaire. 11 est tout au moins particulièrement difficile de retrouver ces grands axes d’ondulations à travers les plaines champenoises où ils n’ont pas été spécialement étudiés ; s’ils existent réellement en profondeur, leurs affleurements sont masqués par l’ascension rapide des couches dans la direction de l’est, et l’érosion a du en faire disparaître rapidement les parties saillantes ('). Cependant le bombement crayeux qui, d’ouest en est, sert de faîte de partage entre les versants de l’Aube et de la ^larne, peut être considéré comme le prolongement de l’anticlinal du pays de Bray qui affleure sur la bordure du massif tertiaire, au nord de Sézanne. On le suit assez bien sur les plateaux du terrain de craie par Fère - Champenoise , et, entre Sompuis et Sommesous , jusqu’à Vitry-le François -, il s’efface dans les plaines nivelées du Perthois, mais on le retrouve dans la zone de l’iufracrétacé à travers la forêt de Trois-Fontaines, aux environs de Cheminon ; coupé ensuite par le val de Saulx non loin de Robert-Espagne, il semble se prolonger dans la direction de Commercy, jusqu’au cœur du pays meusien (*). Un autre anticlinal crayeux (anticlinal de l’Authie) orienté du nordouest au sud-est se prolongerait à travers la Picardie jusqu’en Champagne par Berry-au-Bac, et, au delà de la vallée d’Aisne à travers les plaines champenoises jusqu’au faîte entre Somme-Suippes et Somme- Tourbe (^). De même, le redressement extraordinaire du terrain de ^ craie sur la périphérie méridionale du massif de la forêt d’Othe mar-

1. Hkbbrt admettait que des plissements importants s’étaient produits à plusieurs reprises pendant la période crétacée. M. db Grossouvre affirme qu'aucune trace de plissement n’a été observée entre les dépôts des diverses assises crétacées {^Recherchti sur la craie supèrieurCf I, 141 à I4rt). Sur le prolongement probable d'axes d'ondulations à travers La Champagne, cf. Dollfus, Uecherches sur les ondulations des couches tertiaires dans le bassin de Paris {Butlet. des serv, de la carte géol.f n» 1 1, juillet 181K), p. 6,G1) et Structure géologique du bassin parisicn^itnaaLde^L'O^r., I900,p.317-318, 3^6,414-427).

2. Cet accident tectonique, malgré son insignifiance apparente, avait frappé les anciens cartographes. I^a carte du gouvernement do Champagne par Robert (1762), sur laquelle la topographie est nsscs fidèlement représentée, porte l'indication d’un alignement de mamelons entre Fère-Champenoiso et Vitry-le-François.

3. Dr Mbrcbt (Bullet, Soc. géol. de France, aun. 1891, p. 873).

VUK GKNEIIALE DU SOL CHAMPENOIS

querait l’extrémité d’un axe d’ondulation ayant son point de départ au nord-ouest du bassin de Paris, dans le Lieuvin, et se prolongeant, à travers la Beauce et le Gâtinais, au delà de la vallée d’Yonne qui le coupe près de Saint-J ulien-du-Sault ('). Enfin, au sud-ouest de la Champagne, sur les hautes plaines qui avoisinent Sens, au nord de la Vanne, l’arrêt constaté dans la régularité d’inclinaison des assises de la craie blanche peut être considéré comme « représentant une ondulation atténuée, s’étendant sur une large zone de près d’un myriamètre entre les vallons de Nailly et de Voisines, jusqu’à un anticlinal situé au nord de Pont-sur-Vanne. Cette ondulation se propage sans doute d’ouest en est sur une étendue qui n’a pu encore être déterminée » ('). Telles sont les insiguitiantes rides tectoniques que l’étude géologique a penuis jusqu’ici de signaler en Champagne avec quelque précision.

Une conshlération importante doit maintenant attirer noti’e attention. Nous devons examiner si l’aftleurement de chaque couche de terrain est nécessairement marquée par une crête apparente et continue. Une conception aussi géométricpie est loin de correspondre à la réalité (’). Ces CTÔtes circulaires dont les géographes militaires ont singulièrement exagéré la continuité sont loin de présente)-, sur toute leur étendue, la même configuration et d’avoir la même importance topographique. Tantôt elles affectent la forme de talus raides surjdomhant des plaines horizontales ; tantôt ce sont des terrasses faiblement inclinées, étagées })lus ou moins régulièrement les unes au-d*essus des autres, couronnées parfois par une corniche assez nette; tantôt la tranche d’un affleurement, ravinée dans tous les sens, et pour ainsi dire démantelée, ne présente plus que des ondulations confuses et discontinues. Partout la diversité des aspects et des contours est subordonnée aux variations du faciès des roches le long de chaque affleurement, à l’alternance irrégulière des couches tendres et des couches dures à leur point de contact, au travail inégal de l’érosion. L’étude détaillée de chacune de ces crêtes devenues classiques nous permettra de déterminer exactement leur valeur topographique.

Vovons d'abord les affleurements de l’auréole infracrétacée.

Sans doute, au nord-est de la Champagne, le massif boisé de l’Ar gonne, constitué par une roche assez résistante, la gaize, qui forme

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