‹ La ChampagneChapitre 30 sur 166 · Dollfus {Annal, de géogr,, t. IX, p · texte numérisé non relu

Dollfus {Annal, de géogr,, t. IX, p

2. J. Lambskt, Souveuirs géologiques sur le Sénonais {Bullel, Soe. des se. de Dfon»e, t. LVI [1902], p. 9 j .

3. Commandant Barké, Introdnetion à l'étude de l Europe centrale, in-8®, Kancy, 1899, p. 12 ; La France du Nord-Est, p. 111-112, et Arehiteeture du sol de la France, p. 140, 145.

LA CHAMPAGNK

au-dessus des couches molles de l’albien (argiles du gault et sables verts) le couronnement de la série infracrétacée, avec une puissance atteignant jusqu’à 100 mètres, présente, parallèlement à la vallée de l’Aire, un rempart escarpé et continu sur une longueur de plus de 40 kilomètres depuis la côte de Waly, au sud, jusqu’à la trouée de l’Aire, au nord, près de Grandpré. Mais, au sud de l’Argonne, sur toute la ligne des affleurements infracrétacés jusqu’à la vallée d’Yonne, on chercherait vainement une crête aussi continue. La fameuse crête du grès vert, caractérisée par la position symétrique des villes de Bar-le-Duc, Bar-sur-Aube, Bar-sur-Seine et Auxerre, à l’endroit où les grandes rivières l’Ornain, l’Aube, la Seine et l’Yonne auraient percé la barrière qui se dressait devant elles ('), cette crête n’existe que dans l’imagination des géographes ; rien d’ailleurs dans la toponymie locale n’en révèle l’existence.

Au sud du massif d’Argonne, à la hauteur du village de Waly, et jusqu’aux plaines de l’Ornain près de Revigny, s’ouvre une véritable trouée vers laquelle s’inclinent doucement les terrasses calcaires du Barrois : en cet endroit, l’œuvre de dénudation a été extraordinaire; un grand nombre de torrents, dont les sources de l’Aisne et de la Chéesont les vestiges bien insignifiants, ont complètement désarticulé la bordure oi-ientale de la nappe infracrétacée et en ont rasé la surface, à tel point que les dépôts du néocomien ont disparu, qu’il ne reste plus que des lambeaux de sables verts et d’argiles du gault dont la puissance ne dépasse guère une trentaine de mètres au-dessus des assises portlandiennes, et, en avant, un bas promontoire de gaize qui s’étend du nord au sud, dans le prolongement de l’Argonne, depuis la trouée de l’Aisne à Villers-en-Argonne, jusqu’au-dessus des plaines du Perthois près du village de Vroïl. Sur la limite d’affleurement des dépôts crétacés, jalonnée par les villages de Foucaucourt, Evres, Vaubecourt, Lisle-en-Barrois, Villotte, Louppy-le-Château, on ne relève plus aucune trace de talus terminal (*).

De la vallée de l’Ornain à celle de la Marne, la lisière de l’infracrétacé n’est pas moins tourmentée. Tout d’abord, entre l’Ornain et la Saulx, quelques lambeaux infracrétacés (entre Mussey, Véel et Couvonges) qui chevauchent à la surface des plateaux portlandiens se révèlent par quelques collines isolées. Sur la rive gauche du fossé profond qu’a creusé la Saulx, entre ^lognéville et Jeand’heurs, se

Page 1