VUE GÉNÉRALE UU SOL CHAMPENOIS
dresse, sur une longueur de IG kilomètres environ, un lambeau de crête que couronnent les bois de Trois-Fontaines, et sur les parois duquel apparaissent les affleurements du calcaire portlandien. Au delà du val de Saulx, depuis la lisière de la forêt de Trois-Fontaines, près du village de Baudonvi Hiers, jusqu’à la vallée de la Marne, les affleurements du néocomien (grès, sables, minerai de fer) ne présentent aucune continuité ; ils s’étalent sporadiquement en plaques minces à la surface et dans les anfractuosités des plateaux du Barrois, supportant les bois du Valtiermont, de Stainville, de Fontaines, de Morley et de Montiers. Le principal accident topographique de la contrée est dû à une longue faille qui, depuis la côte de Chancenay, se prolonge dans la direction du sud-ouest jusqu’à la vallée de la Marne, par les villages de Sommelonne, Cousancelles, Cousances-aux-Forges, Narcy et Fontaine-sur-^Iarne. La lèvre supérieure de cette faille, couverte de bois, constitue une dénivellation assez forte, aux pentes escarpées, se développant sur une longueur de 10 kilomètres environ. Cette crête est coupée transversalement par deux ravins, celui de l’Ornel à Chancenay et celui de la Cousances à Chamouilley, qui font communiquer la dépression située en arrière du talus avec la vallée de la Marne.
Depuis la vallée de la Marne jusqu’à celle de l’Aube, l’affleurement de l’infracrétacé (toujours le néocomien) est marqué par une ligne plus continue qui suit les villages de Maizièrcs, Nomécourt, Mathons, Dommartin-le-Saint-Père, Villiers-aux-Chênes, Blumerey, Nully, Villf-sur-Terre, Eclance. Le calcaire à spatangues, dont les assises affleurent les premières, bien que constitué par des bancs assez compacts, n’a pu déterminer un relief très accentué, car il n’a qu’une faible épaisseur et recouvre presque partout le portlandien, sans interposition des sables et argiles qui lui sont d’ordinaire subordonnés. Aussi, sur ces confins de la Champagne, on ne remarque çà et là que quelques protubérances légères, quelques fragments de corniches, et surtout des monticules isolés, comme la colline qui porte le moulin de Ville-sur-Terre (Aube, 238 mètr-es). Les accidents de terrain les plus notables sont perpendiculaires à la ligne des allleurements : ce sont des vallons et des ravins orientés suivant le plan général de pente, taillés dans la roche jurassique sous-jacente, et qui découpent les plateaux infraerétacés en compartiments : vallée de la Biaise, ravin du Martin-Champ, du Ru des Vignes, du Ceffondet.
Entre la vallée d’Aubeà Juvanzé et le val de Seine à Courtenot, en passant par Vauchonvilliers, Vendeuvre-sur-Barse, Beurey, Magnant, Fuligny, les conditions d’affleurement de l’étage infracrétacé restent
les mêmes ainsi que les formes du relief, et l’absence d’un talus terminal formant nettement saillie n’est pas moins remarquable. Enfin, entre le val de Seine àCourtenot et la vallée d’Yonne àMonéteau, en aval d’Auxerre, la bordure de l’infracrétacé présente une ligne très sinueuse passant par les villages de Villiers-sous-Praslin, Les Maisons, Lagesse, Cussangy, Prusy, Marolles-sous-Lignières, Bernouil, INIéré, Ligny-le-Cbâtel, Lignorelles , Bleigny-le-CaiTcau et Quenne ; son faciès se modifie quelque peu : le néocomien inférieur, au moins le calcaire à spatangues, n’apparaît plus guère; il est remplacé par des assises plus molles, aux pentes douces (argiles ostréennes, argiles et sables panachés, argiles à plicatules). Ces affleurements infracrétacés, qu’aucun courant diluvien parallèle à leur base n’a exhaussés, ont été tailladés perpendiculairement ou obliquement par de nombreuses rivières : Hozain, Landion, ru de la Mandrille, Armançon, Serein; aucune apparence de talus ne se manifeste audessus des plateaux calcaires fortement redressés du Barséquanais, du Tonnerrois et de l’Auxerrois ; on voit seulement quelques éminences, sans lien visible les unes avec les autres, comme la butte de Villiers-sous Praslin (246 mètres), la colline des Maisons (257 mètres) qui domine le ravin de la Marve (source de l’IIozain), la ferme de la Mamillière au nord du Grand-Virey (263 mètres), et, au nord de Bleigny-le-Carreau, la colline du Thureau de Saint-Denis, qui culminé à 299 mètres entre les vallées du Serein et de l’Yonne.
Ainsi, depuis le massif d’Argonne jusqu’au val d’Yonne, en raison du mode de sédimentation, de la nature faiblement résistante des couches, et par suite de la direction conséquente des nombreux cours d’eau, il n’existe pas de talus continu déterminé par l’affleurement des dépôts infracrétacés au-dessus des assises portlandicnnes ; on ne remarque que des lambeaux de crêtes, et surtout des monticules isolés, dominant de 50 mètres en moyenne le pays environnant. C’est le soubassement jurassique qui commande le relief sur ces confins de la Champagne et lui imprime sa physionomie propre. Quant aux assises plus récentes de l’infracrétacé (sables et argiles de l’albien), elles sont trop peu résistantes pour que leurs affleurements, dénudés et nivelés par l’érosion, puissent se traduire extérieurement par la moindre apparence de crête.
Il n’en est pas de même des j)remières couches de la formation crayeuse. L’affleurement du terrain de craie au-dessus des plaines et des bas plateaux tour à tour argileux et sablonneux de l’albien, depuis le val d’Yonne, à la hauteur de Joigny, jusqu’au coude de l’Aisne près