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VUE GÉNÉRALE DU SOL CHAMPENOIS

d’Atti<?ny, est constitué par des dépôts dont la puissance est relativement considérable puisqu’elle atteint parfois plusieurs centaines de mètres, et qui sont formés de matéi'iaux plus ou moins compacts offrant à l’érosion une résistance variable. Le relief des affleurements crayeux accuse ])arfois des profils très nets; par endroits, même, il présente un véritable talus aux pentes escarpées. Mais nous nous hâtons d’ajouter que la conception d’une crête régulière et continue est purement théorique. Le faciès des affleurements crayeux est, en effet, très variable, l’alteimance des couches tendres avec les couches dures très inégale, et l’intensité de l’érosion à la base a été, suivant la loi générale, subordonnée à la direction des courants diluviens. Les premières assises crayeuses (cénomanien, turonien), essentiellement constituées par des marnes et des sables, à mesure qu’elles émergent, affectent le plus souvent la forme de terrasses ondulées s’élevant graduellement à des niveaux variables et dessinant des ligues de coteaux grossièrement ])arallèles, d’une netteté parfois singulière.

Entre la vallée d’Yonne à Joigny et la grande plaine alluviale que forme le val de Seine, aux environs de Troyes, le talus crayeux que couronne la forêt d’Othe présente une continuité parfaite sur une longueur de 40 kilomètres environ, atteignant presque fJOO mètres d’altitude, et s’élevant de 100 à 150 mètres au-dessus de la dépi’ession albienne. Mais ce talus se décompose lui-même en plusieurs gradins, marquant les affleurements successifs et superposés du cénomanien, du turonien et du sénonien. Tout d’abord, entre les argiles du gault et les premiers dépôts crayeux, il existe une masse considérable de sables, renfermant dans leur partie supérieure d’énormes blocs de grès ferrugineux (sables de la Puisaye), dont la puissance atteint jusqu’à 100 mètres, et qui formaient jadis, sur les bords de la mer albienne, un épais cordon de dunes. Ces sables, déposés sporadiquement au-dessus des argiles albiennes ou des premières assises crayeuses, constituent une première ligne irrégulière de coteaux, très nettement visibles dans le département de l’Yonne (collines du Petit-Parc, près de Seignelay). En arrière de ces buttes sablonneuses, apparaît une première terrasse à pentes douces (cénomanien ) traversée ou côtoyée par la route nationale d’Auxerre à Troyes et la voie ferrée de Saint-Florentin à Troyes ; elle est indiquée par la position des villages de Pligny-en-Othe (152 mètres), Neuvy-Sautour, La Vallée (174 mètres), Auxon (184 mètres), ^lontigny. Saint -Pliai, Crésantignes, Lirey (213 mètres) et Saint-Jean-de-Bonneval. Audessus de ce premier gradin, les assises plus récentes de la craie mar-

neuse (turonien), presque entièrement masquées 2>ar d’abondants dépôts limoneux, et dont les affleurements sont jalonnés par les villages de Looze, Brion, Bussy et Paroy-en-Othe, Bellechaume, Cliailley, Sormery, Vosnon, Eaux-Puiseaux, Javernant, Villery et Bouilly, ont des pentes assez rapides, ravinées par les ruisseaux qui vont déverser le tribut irrégulier de leurs eaux dans les deux grands fossés creusés parallèlement au talus crayeux, l’Armançon et son’ affluent l’Armance. Enfin, cette déclivité est elle-même surmontée par les aflleurenients

CL Vttil-De*pliihcke*,

Kxcavatioii iiaturulle dae à l’érosion sur le versaut méridional de la côte do Montgueux (26H métrés, à la pointe orientale des plateaux d’Othe. (Je ravin évasé, taillé dans la craie, a été partiellement comblé parles terres rouges descendues de la partie supérieure de la côte; il est connu sous le nom de « Croc llouge ».

plus résistants de la craie blanche sénonienne qui dessinent une corniche dentelée, entrecoupée de protubérances, creusée d’excavations évasées en forme d’entonnoirs. La craie blanche, qui apparaît à nu à la pointe de quelques promontoires, disparaît à son tour sous un revêtement de dépôts tertiaires, argiles à silex et sables, qui portent la forêt d’Othe. Cette corniche crayeuse, que nous désignerons sous le nom de crête du pays d’Othe (‘), forme dans son ensemble comme un gigantesque escalier, surmonté par un bastion boisé qui atteint

1. 8ur rotigiiie probablement tectonique de cette crête, cf. Hoelfos {Annal, degéogr., l. IX, p. 417). Il est à remarquer que, sur la rive gauche de l’Yonne, la topographie plus capricieuse n’oilre aucun accident qui soit symétrique de cette crête ; on ne voit que quelques collines isolées, comiiie celle du buis do Moiitbolon 211 mètres), butte de turonien couronnée par un lambeau d’argile plnstbiue, et que contourne le ravin du Tholon. Au delà du Tholon, dans le Gàtinais français, la nnppc tertiaire s’étale eu ondul.itions confuses à la surface du socle crayeux dont les aftlcureiiients n'apparaissent que sur les versants dos tbahvcgj.

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