Belghakd, La Seirie, p
2. Sur la Voire, cf. Belokano, La Seine, p. 331. Des obaervatious bydromêtriques sont fuites à la station de Kosuay, Eu 1790, une compagnie proposa à r.\sseinblée constituante de construire ù ses frais un canal de naTigntiun en utili.sant la Voire depuis Suininevoire (Mayidal et Laurent, -Ircftires parlementaireê, t. XXXll, p. 88) j mais ce projet d'aménagement de la rivière, en vue du tiansport des bois du Der, ne put aboutir.
3. A la station hydroinétrique de la Guiilutière, près de Lusiguy, l’écart entre les niveaux de crues et de basses eaux put atteindre l“>,9ô. Sur la Harse, cf. Boütiot, Xote* sur le régime des eaux souterrainett aux environs de Vendeuvre, in-8«, Troyes, 1863, p. U sqq, et Notice sur la navigation de la Barse (Jfs'ïrt. de la Soc. acad. de VAube, année 1856, p. 81, 8J, 103).
par intermittence, entre les digitations de la corniche crayeuse du massif d’Üthe. La vallée d’Armance, longue d’une cinquantaine de kilomètres, s’épanouit à la hauteur du bourg d’Ervy en une belle plaine horizontale, couverte d’herbages, sillonnée de ruisseaux ; mais la route nationale de Kevers à Sedan, ainsi que la voie ferrée de Saint- Florentin à Troyes, se tiennent à l’écart de la zone d’inondation sur les terrasses dominant la rive droite de la caj)ricieuse rivière, et l’Armance borne aujourd'hui ses services à fournir la force motrice aux moulins et scieries échelonnés sur ses bords.
En raison même de la nature de son sol ineu]^-et humide, l’auréole infracrétacée champenoise est une contrée essentiellement forestièi'e ('). Jusqu’aux premiers siècles du iUoyen Age, scs épaisses forêts formaient, autour des hautes plaines crayeuses naturellement dénudées de la Campania, une ceinture de fondrières touffues se prolongeant, dans la direction du nord, jusqu’aux forêts profondes de l’Argonne et de l’Ardenne. Nous avons déjà constaté que cette marche forestière difficilement pénétrable, et sillonnée seulement de longues percées étroites par les grandes vallées transversales, séparait, dès la j)lus haute antiquité, des groupes ethniques nettement définis. C’est par ces vallées que la vie s’est tardivement insinuée au cœur de ces forêts qui repous.saient le peuplement. Sans doute, dès l’époque de la domination romaine, de grandes voies contournaient ou traversaient les principaux massifs, mais les populations ])rimitives sQinblent s’être cantonnées à la lisière des forêts, et, çà et là, aux lieux de passages, dans les vallées qui furent abordées les premièr.;s par les hommes. La toponymie locale, à défaut d’autres documents, nous fournit sur ce ])oint des indices significatifs. Si l’on s’en rapporte aux listes dressées j)ar ]\I. d’Arbois de Jubainville, on constate que les rares noms d’origine latino-ligure ou celtique relevés dans la contrée et qui correspondent aux centres les })lus anciennement habités sont localisés en dehors de la forêt (^). Le nombre relativement restreint des noms
1. Sur les furets de la Chninpa;;ue Humide, cf. Picard. Los Forêts de VYouue (Annuaire d^V Yonne, t. LUI [18lf0]) ; Uou<^U£T DB LA OuTE, Le» Forêt» de rAube à VExpoaition de 1878, br. iu-8'*, Troyes,
; Arueltikk dr la Locllayb, Le» Forêt» de VAnhe, br. Troncs, 1890 ; Alf.’cd Mauky, Le»
Forêt» de l’ancienne France, in-S«, Pari.s, I8i>7, p. 4.1, 211, 2IC-217.
2. Le» Premier» Habitant» de VKurope, t. U, et Uerherche» »nr l'origine de la propriété joncitre et de» nom» de lie tx habité», pas»im» Si Ton met à part les iiouis de rivières, autérieurs pour la plupart à rêpoque gallo-romaine et d'origine ligure ou celtique (ex. : l'Hozain, Alisanos ; l'Auzon, Alsoona et sou adlueut la Hrevonne, Bobroima; rArm.ancc, Alinantia et rArmance, la Barse [?]), ainsi que les noms de forêts (forêt de Clêrey, s. Clarascensis, Dervus), on constate que les noms de centres habités qui, par leur étymologie, paraissent remonter aux temps autéromaius, sont très rares ; on les rencontre, soit dans les vallées comme Chaource (Aube, Catussa), CUéU (Yonne, Cadugiiis), Perthes et Rrienno ? (Aube). Suit à la lisière des grandes forêts et sur la limite des aOienremeuts infracrétacés, comme Champlost (Yonne, Cambloscus), Avrollcs (Yonne, Eburobriga), I^asson (Yonne, La.Lco), Nou-
L\ CHAMPAGNE HUMIDE
de lieux d’origine gallo-romaine témoigne encore d’un peuplement tardif. Quant aux noms de provenance germanique ou gallo-franque, beaucoup plus nombreux et disséminés déjà à l’intérieur du pays, ils attestent les progrès du peuplement au début de l’époque mérovingienne. Ce sont les colonies monastiques qui, à partir du vu* siècle, ont le plus contribué à l’œuvre laborieuse de la déforestation qui pré- ]>ara les sites destinés à de nouveaux établissements humains ; c’est à l’action systématique des monastères qu’il faut attribuer l’introduction de la culture et de la vie dans ces solitudes boisées. Les moines défrichaient pour cultiver, envoyaient leurs troupeaux de porcs à la glandée dans les forêts, se livraient à la pisciculture dans les innombrables ruisseaux et étangs, exploitaient le minerai de fer et pratiquaient une métallurgie rudimentaire. Les argiles et les sables qui s’ajoutaient aux bois leur fournissaient des matériaux de construction. Leurs monastères, prieurés, chapelles, celles, loges, ménils, bordes, essarts ont laissé des traces qui fourmillent dans la nomenclature actuelle des centres habités et des lieux dits. La colonisation féodale, surtout à partir du xU siècle, ne fut pas moins active, et les « villes neuves » créées par les seigneurs laïcs concoururent à accroître le nombre des établissements humains.
Au sud de la Champagne, entre les vallées de l’Yonne et du Serein, les plateaux boisés (forêt domaniale du thiireau de Bar, bois de Saint-Germain) qu’escalade la route d’Auxerre à Troyes par Villeneuve-Saint-Salve et Montigny furent abordés par les moines de Saint-Germain d’Auxerre et par les chanoines de cette ville, propriétaires de la forêt de Bar ou de ^lontaigu, ainsi que par les Templiers établis dans la vallée d’Yonne à Monéteau ; si bien que de l’ancienne forêt de Queue (si/lva de Cauda) il ne reste plus que des bouquets de bois. Sur le promontoire allongé d’ouest en est qui sépare les vallées du Serein et de l’Armançon, l’ancienne forêt de « Contest » a été en partie défrichée par les moines cisterciens fixés à Pontigny sur les
Santour (Vonnc, Xovîoscus), Auxod (Aube, Alsonuiii) au nord des plaines de l’Armançon et de l’Armancc ; Chesley (Aube, Caletius), Lantages (Aube, Nantavia), (Miappes (Aube, C'appa?), ViUy-eii- Trodes (Aube, Villioscus), Vendeuvre (Aube, Viudobrîga) sur les contins des plateaux oolithi(|uof. On remarquera êgalcinont que les noms qui révèlent une origine gallo-romaine par leurs tiuales en ay (Assenay, Koucenay, Vanlay, Rouvray), cy (Lirey, Davrey, Coussegroy, Carisey, Chazeroy) et on y (Jeugny, Crogny, Krvy, (Jhessy, C-iissangy, Chcmilly, Héry, Bleigny), sont en nombre carac.érittique dans la partie de la ('bampagne Humide comprise entre les vallées de TVonue et de la Seine, où se croiseront d’importantes routes dès répo<iue romaine, tandis que, entre la Seine et la Biaise, sur les sols fangeux et boisés du Der restés plus longtemps inaccessibles, la pn^dominanec est en faveur des noms d'origine germanique ou gallo-franque à désinences en cùurt (Blaincourt, Bétignicotirt, I^assicourt, Blignicourt, Chassericourt, Arrembécouri, Braucourt), en ville (llnienvillc, Dienville) et en viliiers «'Radonvilliors, Vauchonvilliers, Morvillicrs, Hrandonvillicrs), tous noms désignant des centres habités remontant à une époque snus doute moins ancienne.
LA CH.VMPAGNE
rives du Serein et par ceux du prieuré des Bonshommes à Ligny-le- Châtel (')• ‘^<^8 plaines de l’Armance, à l’est d’Ervy, les forêts
encore aujourd’hui presque contiguës de Cussangy, de Chaource, de Rumilly et d'Auniont, qui s’étendent jusqu’aux plaines de la Seine, couvrant des plateaux déprimés et fangeux, sillonnés de ruisselets et criblés de flatjues d’eau, constituent un massif compact d’une superficie de 6 000 hectares environ. Là, c’est à la fin du xi' siècle seulement que la colonisation monastique aborda la fox’êt. Les premiers défricheurs furent des moines relevant de l’abbaye bourguignonne de Molesmc, établis par le comte Hugues de Champagne à Isle-Aumont (1097), puis à Rumilly (1104) et à Jully-sm*-Sarce par Milon, comte de Bar-sur-Seine (1117). Les Templiers à leur tour créèrent des exploitations agricoles à Serres (commune de Monteaux, Aube) et à Chaussepierre, près de Rumilly. Les comtes de Champagne suivirent l’exemple des moines : des villes neuves furent fondées par le comte Henri le Libéral àChaource, à i\Ietz-Robert (1177), à Villeneuvc7au- Chemin près de \'osnon (1178) p]. Entre les plaines de la Seine et de l’Aube, là où les affleurements infracrétacés, essentiellement argileux (argiles ostreennes, argiles à plicatules, argiles du gault), sont masqués par de vastes plaques de limon, vestiges du séjour prolongé des eaux sur ce sol imperméable et déprimé, tout le pays était primitivement recouvert par une immense forêt d’un seul tenant, (jue les chartes du ^loyen Age désignent sous le nom de Derv ou Dervus (pays des chênes). La forêt primitive débordait sur les plateaux du calcaire portlandien, et, par les bois de Bossican, la forêt de Clairvaux se prolongeait dans la direction du sud-est, au delà de la vallée d’Aube, au cœur du pays desLingons. Dès le ix'siècle, les moines se fixent non loin de la Barse, à Montiéramey (887) et sur les terres défrichées apparaissent les villages de Montreuil, ^lesnil-Saint-Rère ; puis, les moines de Larrivour (11.87) et ceux qui s’installèrent à proximité des rives de l’Aube, à Radonvilliers (1080), à Beaulieu (1112), à Basse-Fontaine (1143), continuèrent l’œuvre de défrichement, encouragés par les évêquesde Troyes et les comtes de Brienne. A partir du xiii® siècle, ce sont les Templiers, groupés dans les deux importantes commanderies de Bonleu (commune de Riney) et d'Orieut (commune d’Amance) qui multiplient les exploitations agricoles, les tuileries, les fonderies, autant de petites agglomérations
1. CoiiKAT, Notice sur Lijçny-lc-rhàtcl {LuUti, Soc. des ce. d*Auxerre, t. VIU, p. 110, IIU).
2. D^Vkboib de JCB.VINVILLE, Jlistoirc des ComUs de Champagne, III, i73.
nouvelles ('). L’antique forêt, aujourd’hui considérablement réduite, a cessé de porter la dénomination primitive de Der, qu’on retrouve dans le village de Pel-et-Der (rive gauche de l’Aube) et dans le moulin de la Fülie-du-Der, près de Villeneuve-au-Chêne ; on la désigne aujourd’hui sous le nom de forêt d'Orient, appellation se rapportant vraisemblablement au souvenir des croisades et des Templiers, ou à sa situation à l’est de Troyes. Sur la rive droite de l’Aube, la bande forestière est interrompue par une immense clairière ; de véritables landes s’étalent à la surface des sols d’alluvions tour à tour arides et fangeux ; aux abords de la rivière, les bouquets de pins et de bouleaux, entremêlés de broussailles et de hautes herbes, donnent l’impression d’un coin de steppe. Une dénomination spéciale, celle de Rothières, s’applique à ces terres sèches où une mince pellicule d’humus recouvre à peine les nappes de graviers du diluvium (-). Mais bientôt, a l’est de la plaine, la prédominance des affleurements argilo-sablcux et imperméables de l’albien coïncide avec la réapparition de la grande forêt: c’est le Der qui se pndouge jusqu’à la vallée de la biaise (*). La, l’antique dénomination celtique s’est maintenue, désignant encore aujourd’hui toute la contrée boisée entrecoupée de fossés et parsemée de flaques d'eau, que drainent les sources de la Voire. Les premiers défrichements et la colonisation de cette partie la plus diflicilcment accessible du Der remontent au vu' siècle. Vers 601, saint lîercaire fondait la première abbaye sur les rives de la Voire, à l’endroit où s’élève l’église du bourg de :Montier-en-Der. Ce monastère {monasterium dervense , in Deroo) fut le centre d’où rayonnèrent les moines colons qui fondèrent les villages de Robert- .Magny, .Sauvage -IMagny, Droyes, Louze, Thilleux, etc. (/). l.es moines de Beaulieu riverains de l’Aube, ceux de la Chapelle-aux- Blanches, près de Puollemontier, les cisterciens de Boulancourt, les seigneurs de Beaufort dont la citadelle féodale dominait la plaine au sommet d’une côte crayeuse, les chevaliers de l’ordre Teutonique établis à la coramanderie de Beauvoir entre Soulaines et la Chaise, con-
1. Lalobe, Carttt’airct du diocèse de Troyes, t. III, p. 12, 23, 21, et Bofrior, Histoire de Troues. | ^
2. La Kothiéro, près de Dienville. Au nord de Itricune, l'orthe-cn-Uothiére était désigné au .Moyen Age sous le nom de Porta lu Uosteria, Perta Sicca (Bootiot, Histoire de Troyes, I, 19, 58; II, 90, et ' Hietionnaire topographique de TAuhe, aux mots Kothiére et PertIio-cn-Kothiére).
3. H. Tomubck, I.es .\ssUes du gault à Moiitier-cn-Der (Ilultet. Soc. gêol., 3' série, t. III, p. .50).
Au Moyeu Age, Louze, village du Der, portait le nom de Liitosa (villal.
4. Booillf.vaux, Les Moines du Der, in-8", Cliaumont, 1815, et Lalobe, Cartulaires du diocèse de Troyes, t. III, p. XL, et IV, p. xiv, xxil, xiiv, 3, 19, 118.
tinuèrent les défrichements et la colonisation entreprise par les premiers moines du Der.
C’est ainsi que s’ouvrent aujourd’hui, au cœur même du Der, de vastes clairières, prairies humides que sillonnent des ruisselets aux eaux troubles, alternant avec des champs cultivés où s’ébattent après la moisson des troupeaux de porcs et de dindons. Le sol suinte partout dans le Der, les eaux s’amassent dans les moimb’es dépressions et une inexti-icable végétation aquatique, repaire des oiseaux d’eau, envahit ces étangs aux rives indécises, à la fois réservoirs de poissons et d’humidité. Ainsi s’cx])lique la formation de ces nappes de buées qui flottent en toute saison sur les cimes ondulées des grands bois, imprimant un charme particulier aux horizons légèrement voilés de la contrée.
Au nord du Der, la grande forêt s’éclaircit; entre les coteaux qui frangent la l)ordure des plateaux crayeux et le cours de la ^larne qui limite les plaines alluviales du Perthois, l’horizon sc découvre ])cu à peu ; les bois ne recouvrent plus, par bouquets, que les sols les j)lus ingrats (bois de l’Argentolle, de Larzicourt, de Bussy, de la Duê])ière); aux approches de la ]\Iarne, des lignes de peupliers s’entrecroisent dans les prairies, révélant la ])résence d’un sous-sol imperméable : au Der succède le Bocage Champenois qui s’étend à la base des plateaux crayeux jusqu’aux environs de Vitry-le-François.
Le déboisement de la Chami)agne Humide s’est poursuivi avec continuité jusqu’au xvii' siècle, et avec une intensité parliculière partout où, sur les versants bien exposés, le sol pouvait se prêter à la culture de la vigne. Dans la région de la \’oire, et jusqu’au val de la iMarne, le déveloj)pement de l’industrie métallurgique entraîna même une exploitation abusive, au point que, sous Louis XIV, les intendants de (’hampagne durent réclamer une réglementation protectrice du tlomaine forestier (').
De nos jours le déboisement a cessé, le régime forestier étant la meilleure utilisation du sol dans la plus grande partie de la contrée (*). Les grandes forêts n’ont pas été conservées, comme dans certaines parties de l’ile-de-France, pour la chasse et les agréments de la vie seigneuriale; elles doivent uniquement leur conservation à ce fait (pic, dans la Champagne Humide, l’aire du territoire cultivable
1 . I)K Hoilislk. Correspondance des Contrôleurs généraux^ t. 1 1, \i'> 355, note ; 1*. Clkmest, Lettres, instinct, et mém. de Colbert, t. IV, 2l9, 215, 258.
2. Ou peut rvniuer à 20000 hcctirca luiuunum le domaine forestier de la Champagne Humide, entre les vallées de rYouuc et de la Biaise, pour une superficie totale de 225000 hectares environ.
LA CHAMPAGNK HUMIDE
est très limitée partout où les limons superficiels font défaut. Si les assises du néocomien inférieur, où les éléments sablonneux sont en proportion suffisante, fournissent d’excellentes terres à céréales, désignées sous le nom d’herbues, les argiles ostréennes, les argiles bigarrées et les argiles à plicatules, plus ingrates, sont vouées par la nature à la végétation forestière. 11 en est de même des argiles à lumachelles dont les affieurernents constituent les terres dites de lièvres ('). Les terres sableuses (sables verts de l’albien) manquent de consistance, se laissent raviner sur les pentes, absorbent trop rapidement les engrais et « coûtent cher à nourrir ». Enfin les argiles du gault donnent des terres fortes dont la culture est difficile, l’exploitation coûteuse, ayant l’inconvénient de ne renfermer qu’une quantité insuffisante de carbonate de chaux et de décomposer très lentement les engrais.
Un des traits caractéristiques de l’économie rurale dans la Champagne Humide, c’est la rareté du vignoble, la prédominance de la prairie naturelle ou artificielle sur les autres cultures. La vigne qui tapisse les versants rocailleux dans toute la zone oolithi(pie bourguignonne n’apparaît plus ici que sporadiquement sur le flanc de quelques coteaux constitués par les calcaires néocomiens ou la l’oche de gaize, et exposés, par leur situation, à une insolation suffisante. C’est moins aux conditions particulières du climat qu’à la nature même du sol, humide et froid, qu’est due cette disparition du vignoble. Par contre, les sols profonds et frais de la formation infracrétacée sont exceptionnellement favorables aux herbages et prairies artificielles. Trop souvent, il est vrai, dans les vallées, les prairies mal assainies ne fournissent qu’un médiocre fourrage ; des drainages s’imposent pour améliorer les conditions naturelles de la végétation herbacée et maintenir, par la sélection des espèces, la valeur fourragèi'e des herbages. Par suite de la fréquence des inondations, les troupeaux ne pâturent dans les prairies que pendant quelques mois de la saison chaude ; c’est le foin coupé qui alimente surtout le bétail à l’étable. Le mouton, qui prospère sur les plateaux bien drainés de la zone oolithique et du tei’rain de craie, est rare dans la Champagne infracrétacée où l’excès d’humidité du sol lui est nuisible (•). Le cultiva-