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LK PAYS DU FER : VALLAGE

considérable, la forêt s’empare du sol et son domaine a été partiellement respecté. Entre la Biaise et la Marne, les argiles à plicatules et les sables verts portent encore la belle forêt du l/a/, au cœur de laquelle le prieuré d’Epineuseval a donné naissance au village de Villiers-aux-Bois. .Sur la rive droite de la IMarne, les grands bois de Fontaines, de iMorley (1060 hectares), de I\Iontiers (1955 hectares) et de Ligny (1 854 hectares) forment le trait d’union entre les forêts champenoises et celles du Barrois ('). A l’est de Saint-Dizier et des plaines de la IMarnc se dresse le massif du Valtiermont, véritable forteresse naturelle, à l’extrême frontière de la Champagne, j)résentant du coté du Barrois un talus escarpé qu’escalade la route nationale de Nancy à Paris par Stainville et .Saint-Dizier : il y a là un fossé déterminé par une faille longue de 17 kilomètres environ et jalonnée par les villages de Fontaines-sur-iMarne, Narcy, Cousances, .Sommelonc et Baudonvilliers ; de belles sources jaillissent et des étangs s’étalent à la base de l’escarpement, sur les couches imperméables qui taj)issent la lèvre inférieure de la faille (■'). Ce bastion imposant, large de 8 kilomètres d’ouest en est, long de 10 kilomètres du nord au sud, est délimité au sud par le couloir de la iMarne et contourné latéralement par le ravin de la Cousances et celui de l’Crnel qui, à la hauteur du village de Chaucenay, livre passage dans une échancrure rocheuse à la voie ferrée de .Saint-Dizier à Kevigny. Les dislocations qui ont eu pour résultat la formation d’un gradin escarpé sur la bordure orientale du à'altiermont ont eu leur répercussion à la surface du plateau ; toute la partie centrale s’est eftondi’ée et les diaclases du sous-sol calcaire ont facilité le creusement par les eaux de puits naturels et de galeries ; ainsi le gouffre désigné sous le nom de trou des Sarrasins aux environs d’Ancerville(^).

Une large clairière complantée de vignes et de vergers a été pratiquée dans la partie centrale de la forêt du Valtiermont (1 110''“ 30“), et c’est là, le long de la grande route, que s’est formé le bourg d’Ancerville (1 888 habitants), dont les massives constructions de pierre s’entassent en amphithéâtre sur les versants d’un petit ravin.

1. Sur l’extension primitive et actuelle do ce.s forets dont le défrichement partiel remonte à la colonisation monastique et a été accéléré par l’exploitAtion miniéro et le développement de la métallurgie dans la contrée, cf. O. Tocssaint, Les l'orcts de la haute vallée de VOrnain et de la Saulx, iu-8'*, Bar-le-l)uc, 1898, p. 2, 12-13,. 24-J5, 5fi, 63, 258-261, 279, 2S»4, 292-293, 337, 421-122.

2. Le sable vert exploité prés du hameau do la Houpette, à proximité de la route de Saint-Dizier, est à 192 métn^s, tandis (lUC let* calcaires portlandiens surplombent à 24S mètres (Buvigkikk, Statiat. gêot. de la J/ou«e, p. 85, et Jiullet. de la Sor. géol., 2«“ série, t. XIII. p. 883).

3. lJüViGîJ:Ea, Statiêt. géol. de la Meuse, p. 400-101, et JiulUt, de la Soe. de spéléologie, jauv.-inars

Ail nord du vallon de l’Ornel, la bande infracrétacée s’élargit de nouveau : un massif plus étendu que le précédent apparaît ; c’est la forêt de Trois-Fontaines couvrant un plateau bombé large de 16 kilomètres environ, qui plonge doucement du côté de l’ouest vers les plaines de la iMarne et que contourne à l’est et au nord la vallée de la Saulx.

Les failles, qui se ramifient et s’enchevêtrent ici dans tous les sens, sillonnent le plateau de ravins découpés dans le soubassement calcaire ; celle de Narcy se prolonge oblicjuement à travers toute la forêt, depuis Baudonvilliers jusqu’à Serinaize ; l’anticlinal qui traverse tout le Barrois par Xançois-le-Grand, Tannois-sur-Ornain et que coupe la vallée de la Saulx à Kobert-Lspagne, reparaît dans la forêt près de Cheminon(‘), o})érant une distribution divergente des eaux vers la Saulx (Bruxenelle) et vers la Marne. La forêt domaniale de Trois- Fontaines, dont la superficie dépasse 5 OOü hectares, est l’antique Lifjurium iî/Zm(877)ou Sylva Z.m/z(1103), qui débordait jadis jusque dans les plaines de la Marne ('G- La beauté des bois, l’abondaucc des sources, des ruisseaux et des étangs, la présence de gisements ferrugineux et de bons matériaux de construction attirèrent les moines défriclieurs encouragés par les comtes de Champagne . A la fin clu XI' siècle, des moines sont déjà fixés à Serinaize, au nord de la forêt ; au xii' siècle, les cis>teiviens s’établissent dans le vallon de la Bruxenelle, à Cheminon (1110) et à Trois-Fontaines (1118), tandis que les Prémontrés fondent une abbaye dans la vallée de la Saulx à Jeand’heurs (1143). l\Iais la partie centrale de la forêt n’a guère été entamée ; un seul village, Cheminon (1 008 habitants), et le hameau de Trois-Fontaines se sont formés dans une grande clairière au milieu des vergers et des cultures, sous la protection des abbayes aujourd’hui disparues.

Toute cette portion de l’auréole infracrétacée, aux contours flottants, est donc géologiquement assez hétérogène. (Quatre pays s’y trouvent contigus : le Der, le Perthois, le Vallage et le Barrois, entre lesquels les différences d’aspect sont marquées, tantôt par de brusques contrastes, tantôt par d’insensibles transitions. Mais l’ensemble tire son unité de conditions économiques spéciales. L’exploitation des forêts et l’agriculture, bien qu’occupant encoi'e la majorité

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