LE PAYS UU FER : VALLAGE
des habitants, le cèdent en importance à l’extraction des matériaux du sous-sol, pierres à bâtir et minerai de 1er. Ce sont les carrières, les mines et la métallurgie qui régissent le groupement ainsi que les mouvements do la populaiion dans cette partie de la Champagne infracrétacée, pai’ticulièrement favorisée sous le rapport dos voies de transport.
L’abondance des pierres à bâtir extraites des bancs compacts du calcaire portlandien (carrières de Brauvilliers, Chevillon, .Sav'onnières et Aulnois-en-l’erthois [']) se manifeste dans l’aspect massif des constructions rurales qui contrastent avec les chétives habitations de bois et de torchis, caractéristiques de la Champagne Humide. Si le minerai de fer, dans l’état actuel de l’exploitation, n’est pas une source de richesse bien considérable, c’est sa présence qui suscita jadis l’industrie métallurgique et qui explique sa survivance dans toute la contrée.
Indépendamment du minerai de fer à grains très tins qu’on exploite aux environs de Vassy (Voillecomte) à la base des argiles à plicatules (aptien) et dans les couches rougeâtres des argiles bigarrées (urgonien), on rencontre, sur tout le parcours des alHeurements du néocomien inférieur, au-dessous des couches sableuses superficielles, un puissant dépôt de minerai de fer géodique(‘); les innombrables anfractuosités et entonnoirs dont sont criblés les plateaux portlandiens en sont remplis, principalement entre les vallées de [Marne et de 8aulx. Les contours de cette zone minière, qui se prolonge jusqu’au cœur du Barrois, sont indiqués par une ligne sinueuse joignant les villages de Xoncourt, Ribeaucourt, Biencourt, Tréveray, Keffroy, Mai •son, Hévilliers, Fouchères, Aulnois et Bettancourt.
Les centres métallurgiques sont répartis aujourd’hui en trois groupes : sur les confins du l)er, dans le val de Biaise, dans la vallée de la Plaine et les vallons latéraux. Dans le l)cr, l’industrie métallurgique a survécu dans l’unique usine de Sommevoine, spécialisée dans la fabrication des fontes d’ornement (fontaines, statues de jardin, etc.). Dans le val de Biaise, il y a une quarantaine d’années, tous les villages depuis Courcelles jusqu’à Allichamps, sur une longueur de
1. Ces carrières de pierre de taille tendre occupent plus de .100 ouvriers et ont une production annuelle dépassant 100000 tonnes ; elles sont desservies par la voie ferrée do Guc (val de Marne) à Naix-Meiiancourt (vallon do l'Ornainl.
2. UoYEK ET Baiiotte, Xotice de la carte géologique de la Haute-Marne, p. C7-G9; Tombeck, Note snr les pul's naturels du terrain portlandien de la Haute- Marne (Bullet. Soc. géol., 3' série, t. III, p. ICI)); Kigaud, Les Minières de la Haute-Marne {Annal, dee Mines, 7' série, t. XIV, 1878, p. 25 sqq ); Articles de Cornubi. sur le terrain crétacé inférieur de la Hante-Marue {.Mêin. de la Soc. des lettres de Saint-Dizier, t. Il e: IV).
tu
18 kilomètres, étaient animés par des hauts fourneaux et des forges. Là, tout concourait à la prospérité de l’industrie métallurgique : gisements ferrugineux abondants aux environs de Vassy, sables blancs du néocomien extraits près de Louvemont pour la confection des briques réfractaires de hauts fourneaux, sables verts utilisés pour le moulage dans les fonderies. Plusieurs de ces usines ont éteint leurs feux et le travail du fer s’est concentré à Dom marti n-le-Franc (fonAevie-émtiWlerie, appareils de chauffage, croix), Montreuil (appareils de chauffage, plaques de regards, gargouilles), aux environs de Vassy à Brousseval (tuyaux à hélices, chaudières, candélabres pour éclairage électrique), au Tempillon et au Petit-Champ (matériel pour écuries de luxe, guérites en fer pour aiguilleurs, tuyaux de canalisation, etc.), à Eclaron et à Allichamps.
Toutes ces usines sont desservies dans la vallée par la voie ferrée de Doulevant à Saint-Dizier (88 kilomètres) et le canal de Vassy à Saint-Dizier (23 kilomètres) qui vient s’embrancher sur le canal de la Haute-Marne (‘).
Dans le val de IMarne entre Joinville et Saint-Dizier, et dans les vallons latéraux, les hauts fourneaux et les forges sont échelonnés le long du fleuve et de ses atHuents, qui fournissaient jadis une force hydrauliqvxe jxrécieusc, et à proximité du canal de la IIaute-i\Iarne qui dessert toute la vallée, en concurrence avec la voie ferrée de Pdesmes-Chaumont. Bussy, près de Joinville, fabrique des statues, des pièces pour le matériel des chemins de fer, Eurville des tils de fer pour câbles, des grillages et treillages, Guë des pointes, Marnaval des fers en barres, feuillards et profilés, le Clos-Mortier, près de Saint-Dizier, les clous, ressorts pour meubles, etc. ; dans le vallon de la Cousance, à ChamoLiilley et Cousances-au x-Forges, ce sont les machines agricoles, la carrosserie pour l’artillerie et le train des équijxages. Le canal de la Ilaute-Maime apporte à toutes ces usines le combustible minéral du Nord de la France et de la Belgixjue, le minerai et les fontes de première fusion originaires de Meurthe-etj\Ioselle (“).
1. Ce canal est ouvert à la navi;;ation depuis I883. D.ang le vallon du ruisseau do Lesclicres (r. g. de ja Hlaisc), uu réservoir d’alimentation a été coustruit, d'uiio siipcrticie de 15 hoctai*es et d'une capacité de 2 I-IGOOO métros cubes. Tonnage cfTectif moyen du caual par périodes : 188U*18UJ, 173053 tonnes ; 1891-1808, 186373 tonnes ; 1000-1001, 169820 tonnes.
2. Sur la lisière de la forêt de Trois-Fontaines, les hauts fourneaux de Sermalzc, qui livraient des foutes moulées et des bronzes artistiques, sont éteints depuis 1897. Les usines de la Saulx (Hairoiivillc, Lanimarie, Pont-sur-Saulx) et de l'Oruain (Abainville, Naix, Har-le-Duc) constituent un groupe à part, dans le Barrois. Il en est do même des établissemcuts métallurgiques de la Haute-Marne (Andelot, Uimaucourt, dans le vallon du Uognon).