‹ La ChampagneChapitre 58 sur 166 · Boirette, t. I, [i · texte numérisé non relu

Boirette, t. I, [i

3. I.a prédominance des terres fortes se manifeste non seulement dans les formes adoucies du relief, mais encore dans l'emploi des attelages de deux chevaux au moins et parfois des bœufs pour la culture et les transports. Les villages sont des entassements irréguliers de constructions de chétive apparence, dans lesquelles les blocs de gaize mal cimentés alternent avec le torchi.s revêtu de planches grisâtres, et qui sont surmontées de toitures eu tuiles aux teintes pâles. Sur les particularités du mode de construction de ces vill.agcs, cf. La .Science aoeiale, 1. 1, p. 417.

VALLAGE d’aISNE

d’une cour intérieure presque toujours enclose. Quant aux parties basses et aux vallées, elles sont inégalement favorisées sous le rapport agricole : par suite du développement considérable des sols imperméables, les étangs abondent et s’alignent depuis Givry-en-Argonne jusqu’à Ville-sur-Tüurbe ; les ruisseaux tributaires de l’Aisne : l’Yèvre, l’xVuve, la Bionne, la Tourbe, la Dormoise, etc., sont bordés de présmarais et de tourbières le long desquels des bouquets de saules aux reflets argentés se détachent sur le fond vei doyant des prairies. Ainsi s’expliquent les plantations d’oseraies, particulièrement nombreuses dans la vallée d’Aisne, en amont et en aval de Vouziers : plusieurs villages, Condé-lès- Vouziers, Chestres, Falaise, etc., possèdent des ateliers de vannerie, et cette petite industrie rurale fait vivre quelques centaines de travailleurs. Dans les vallées de l’Ante et de l’Aisne, là où le sous-sol constitué par des dépôts de cailloux roulés et de sables facilite l’assainissement des couches superflcielles, les prairies ont une valeur exceptionnelle, surtout entre Olizy et Attigny (’); elles produisent un foin de qualité supérieure dont s’approvisionnent les régiments de cavalerie de Sainte-Menehould, Vouziers et du camp de Chàlons. L’élevage du cheval a même une certaine importance, et les chevaux du Vallage, qui se rapprochent du type « ardennais », sont de bonnes bêtes de trait pour la culture, aptes également aux transports rapides et serviteurs appréciés de l’artillerie (■). Enfin la culture de la betterave, de la chicorée et des légumes prospère sur les limons argilo-siliceux de la vallée d’Aisne. Par la variété et l’abondance de ses productions, le développement de ses exploitations rurales, le Vallage laisse au voyageur qui le traverse une impression de fécondité et d’aisance capable de dissiper les prévention s qu’évoque le mauvais renom de la Champagne (^). Pour exporter ses bois, ses produits agricoles, et desservir ses principaux établissements industriels (sucreries de Sainte-^Ienehould et de Vouziers, moulins de Saint-lrénée près de Mont-de-Jeux, etc.), le Vallage dispose de plusieurs voies ferrées : l’une qui le traverse dans toute sa longueur par la vallée d’Aisne, c’est la ligne Revigny-Amagne-Hirson qui assure les communications avec les pays industriels des Ardennes et du Nord; trois autres voies transversales unissent Sainte-Menehould à

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