‹ La ChampagneChapitre 59 sur 166 · Meuoï et XivoiT, loc. eit., p · texte numérisé non relu

Meuoï et XivoiT, loc. eit., p

2. UuUet. de la Soe. de> agrirulteiirê, .lunée 1892, 7efasc.,p. 676 sqq.

3. « Nous campâmes prés de Vaux-lés-.Mourou, écrit Gcethe dans son récit de la campagne de France i nous étions dans cetie Cliainpsgne de fâcheux renom, mais le pays n'avait pas si mauvaise apparence. Sur l’antre bord de la rivière (Aisne) qui regardait le soleil, s’étalaient des vignes bien tenues ; dans les villages et les granges qu'on visiuait, on trouvait as.scx de nourriture pour les hommes et les chevaux... » {Œuvres complètes, tradurt. Porciiat, t. X, p. 3,5.)

L\ Cn.VMPAGNE

Châlons, Cliallerange à Reims par Bazancourt, Vouziers à Selan et à la vallée de la Meuse, Eutiu le Vallage possède un tronçon de voie navigable : le canal de Vouziers à Rilly (12 kilora.), embranchement du canal des Ardennes. L’Aisne, en effet, n’est susceptible de rendre aucun service comme voie de transport. Cette rivière issue du Barrois, dont la direction composite est l’indice des nombreux épisodes géologiques qui ont modifié son cours primitif, après avon traversé longitudinalement tout le Vallage dont elle fait 1 unité, se détourne ensuite vers l’ouest par suite de la résistance que lui oppo-

Cl. (jeçryet Oourtf.

La rivière d’Aisne, près de Laueuville-au-l’ont (en aval de Sainte- Jlenehould), type de cours d’eau couiant dans des prairies au sous-soi imperméable.

sent les affleurements du calcaire à astartes près de Semuy, et reprend une direction normale en se frayant un passage a travers les plateaux crayeux L’Aisne a un cours laborieux, extrêmement sinueux et un régime torrentiel très aecusé. Les petites rivières tranquilles qui lui arrivent des plateaux crayeux ont une influence presque nulle sui la portée de ses crues ^ il n’en est pas de même de la Biesme et surtout de l’Aire (128 kilom. de longueur) dont les apports sont aussi abondants qu’irréguliers. Il en résulte pour 1 Aisne des écarts de niveau fréquents, surtout pendant la saison froide, la submersion des

1. Sur le cours do l’Aisuc daus le Vallage, cf. la .S’IalOO/us géologiqui du département desArdennef, p. 73 sqq; Manuel hgdrologtque du haeein de la Seine, p. SI; Service hgiromélrtgue du baiein de la ïSeine, résume des observatious, auuée 1883, p. 15.

YALLAGE d’aISNK

OU

rives et parfois des inondations dangereuses pour les riverains ('). La rivière d’Aire rejtrésentant pour le régime de l’Aisne l’élément perturbateur, en aval du conHuent les centres habités s’éloignent de la zone d’inondation, et, fuyant l’humidité malsaine de la vallée, se sont installés à flanc de coteau : Olizy, Primat, Falaise, Chesti-cs, Vandy, Terron, Voncq sur la rive droite, Savigny, Vouziers, Condé, Vrizy, Killy sur la rive gauche. Les travaux entrepris «à diverses époques pour régulariser le lit de la rivière et aménager une voie navigable n’ont jamais eu que des résultats négatifs, et il a fallu en venir à la construction d’un canal latéral entre Vouziers et Killy (12 kilom.). Pays essentiellement agricole où la grande culture est j)rospèrc sur les confins de la pauvre Champagne Pouilleuse, le Vallage a une population relativement dense, mais les fortes agglomérations urbaines y font défaut*, les deux centres les plus populeux, Sainte-Menehould et Vouziers dans la vallée d’Aisne, ne sont, malgré le charme de leur site, que des bourgades silencieuses qu’animent périodiquement les marchés agricoles.

Sainte-Menehould, au confluent de l’Auve et de l’Aisne, est loin d’avoir conservé son importance d’antan. Son antique château fort {castrum supra Axonain) planté sur un rocher de gaize taillé à pic au-dessus de la vallée, à proximité de la forêt d’Argonne, garda pendant plusieurs siècles la frontièi*e orientale du royaume de France, marquée à 8 kilomètres de là par le val de Biesme. Sainte-Menehould était considérée comme la capitale de l’Argonne et, avant 1789, elle était à la fois le siège d’une prévôté, d’un bailliage et d’une élection se rattachant à la généralité champenoise de Cliâlons. La modeste souspréfecture d’aujourd’hui ne s’est pas transformée en une cité industrielle. Son château fort a disparu, et, sur le rocher qui le portait, de misérables masures s’alignent autour de la loui'de construction qu’est l’église paroissiale. Dans la ville basse, centre du commerce, ce sont des rues régulièi’es et vides aboutissant a deux places spacieuses bordées de vieux hôtels massifs et de monuments municipaux assez imposants. Des moulins, des briqueteries, des ateliers pour la cons-

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