‹ La ChampagneChapitre 60 sur 166 · CRÜRS · texte numérisé non relu

CRÜRS

do l’.iisne.

srilMRRSIOKS NIVEAUX

vers la côte. d’une crue.

Sainte-Menehould 2"',85 (26 nov. 1S82)

Vouziers 3“ ■1"',I5(20 uov. 1882)

Le volume des basses eaux en amont de Senne, confluent de l’Aiie, est évalué à 3 mètres cubes et à Semuy à 5 mètres cubes; en temps de cine, il peut dépasser 200 mètres cubes (216 mètres cube.s à Semny, le 2 déc. 1882). Sur les inondations de l’Aisne, cf. Champion, Lt» Inondations en l'rance, t. II, p. 156, 166, et Appendice, p. Lixiv sqq; cf. les graphiques, infra, p. 226.

lüü

traction des machines agricoles et une sucrerie figurent l’industrie locale; les bois et les denrées agricoles sont les principaux objets du trafic, et l’activité du petit commerce dans cette villette de 4 490 habitants n’est stimulée que par la présence d’un régiment de cavalerie.

Vouziers, bâti en amphithéâtre sur la rive gauche de l’Aisne, n’a guère plus de vie que Sainte-iMenehould, sans pouvoir se réclamer d’un passé historique aussi brillant. Une sucrerie, plusieurs briqueteries, des ateliers de vannerie, un commerce de vins, de grains et de bestiaux, tels sont les éléments réunis de son activité économique. Vouziers ne compte que 3 546 habitants; mais avec Condé-lès- Vouziers, centre de la vannerie, l’agglomération totale s’élève à 4 682 habitants (‘).

A l’ouest des bas plateaux humides et boisés que draine la Vière et des fertiles campagnes du Vallage, depuis Vitry-le-Brûlé sur les confius du Perthois jusqu’à la vallée d’Aisne entre Attigny et Rethel, les affleurements de la craie à micraster qui surmontent les assises marneuses du turonien raidissent les pentes sur la bordure des hautes plaines de la Champagne Pouilleuse, dessinant une ligne convexe et sinueuse de coteaux blanchâtres entre lesquels les ruisseaux issus du terrain de craie s’écoulent vers l’Aisne par des vallées orientées réjîulièrement dans la direction du nord-est. La configuration très tourmentée et les saillies de ces affleurements de la craie blanche sont dues au redressement périphérique de la nappe crayeuse, combiné avec d’autres accidents tectoniques qu’il est difficile de déterminer et avec une érosion intense. Les coteaux crayeux qui portent au sud le nom de collines de la Serre, et, vers le nord, la dénomination ambitieuse de monts de Champagne, s’élèvent parfois à plus de 100 mètres au-dessus des plaines du Vallage ('■) ; leurs versants généralement abrupts sont festonnés par endroits de gradins parallèles ; des brèches évasées en forme de conques s’ouvrent dans leurs flancs; les promontoires découpés dans le massif crayeux sont séparés par des ravins appelés heules ou houles, et par de véritables combes désignées dans le patois local sous le nom de commes ou commelles ; ils dessinent parfois, en avant des crêtes, des buttes isolées, dominant toute la camjîagne environnante, comme le signal de Châtillon

1. ne tr.ific du c.in.il liitéral à l'Aisne, de Vonziers à Rilly, jonction du canal de* Ardennes, est en décrol.ssance, la voie navigable desservant une région pres<ine exclusivement agricole. (Moyennes du tonnage effectif par périodes : 1ST2-I881, 50553 tonnes ; 1882-1891, 4531G tonnes j 1892-1898, -16 M2 tonnes; en 1900, 32 208 tonnes.) Cf. Ur H. Viscest : lliatoire de la ville de Voniiers, lu-8<>, Reims, 1902.

2. Cf. J. MsegaABT, Excursion aux monts de Champ.aguo {Trav. de l’Acad. de Heime, t. VI, 1816, ]>. 297, 299) : signal du mont de la Serre, au nord d'Épeusc (229 mètres), étang de Champ-Moulin, à i'ouest de Vieil-Dampierre (157 mètres).

PIKD-DES-MONTS 101

(200 mètres), au sud-ouest d’Elise, dans le prolongement de la montagne de la 8erre. A la base de ces coteaux dénudés, dont les éminences sont couronnées çà et là par des petits bois de sapins, les marnes crayeuses et les alluvions qui remplissent les fonds constituent une petite région naturelle humide : c’est le Pied-des-Monts. La limite d’affleurement de la craie blanche perméable au-dessus des assises marneuses est jalonnée, comme partout ailleurs, par un niveau d’eau important ; des sources souvent abondantes, vulgaire-

Cl. Georges Counj.

Les monts Saint-Antoine sur les confins des territoires de Conrtémoiit, Saint-.Tean-snr-Tourbe et Minaneourt (Marne), rive ganchc de la liioune : types de coteaux de la craie blanche; plantations de résineux; à la base, excavations creusées par les lapins.

ment appelées « bouillons », jaillissent à la base des collines ('), et les puits toujours bien alimentés des villages piémontais débordent fréquemment pendant la saison froide. Des étangs se sont formés au fond des gorges et dans les dépressions : étangs de Noirlieu, d’Elise, d’Argers, de Dommartin-la-Planchette, etc. Ces sols humides à l’excès, désignés aux regards par une végétation liixu-

1. Ainsi les sources de la Viôre sur le territoire de Noirlioa (Marne). 1x3 débit dos sources do Vanault'lc8-I>ames est évalué à 1200 litres à la minute. Moxbt, Alimentation eu eau dos comouiues de la Marne {Méni. de la Soe. d'agric. de Chàlons, 2^ sûr., 1899-1900, p. 2U).

riante et des bouquets de bois, ainsi que les grèves crayeuses stériles provenant du ravinement des coteaux, laissent encore une place suffisante aux bonnes terres arables. C’est pourquoi la zone étroite du Pied-des-Monts, à proximité de la Champagne Pouilleuse plus déshéritée, a une population relativement dense, disséminée, sur une longueur de 50 kilomètres à vol d’oiseau, dans une quarantaine de villages, tantôt blottis au fond des gorges, comme Bassu, Contautle-^Iaupas, Noirlieu dans la Marne, Seuil, j\Iont-Saint-Laurent dans les Ardennes, tantôt accrochés sur le flanc des coteaux comme Valmy et Bourcq, ou situés au débouché des vallons dans la plaine, comme Ville-sur-Tourbe. Au nord de la plaine de Challerange où l’Aire, l’Aisne et l’Avègi'es viennent se réunir, les monts de (’hain pagne s’infléchissent vers le nord-ouest, en s’éloignant de plus en plus de la rivière d’Aisne : à la hauteur de Vouziers, un large palier constitué par les marnes crayeuses, sillonné par les ruisseaux de la ]\Iuette et de la Loire, se développe entre la vallée d’Aisne et les côtes de Champagne, depuis ^lonthois au sud jusqu’aux environs d’Attigny au nord : cette terrasse fertile, couverte de riches cultures, porte le nom de vallée de Bourcq ; elle est dominée par le village de Bourcq, dont le château fort, situé au-dessus d’un promontoire, commandait jadis toute la contrée (').

1. Cf. Oct. Güblliot, DJnominations géographique» de Varrondiisemeni de VonzierSf br. în-8**. Areis-sur-Aube, 1881, p. ÎM.

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