‹ La ChampagneChapitre 62 sur 166 · l^igri^îlles-lo-Bocage, Ijorrez-le-Bocajçc · texte numérisé non relu

l^igri^îlles-lo-Bocage, Ijorrez-le-Bocajçc

3. Boütiot et Socarp, Dictionn. (opogr. de VAuhe, p. vu, et Alfred Maert, />* Anciennes Forfts de la Ganle, p. 155, 222-223, 225.

PAYS d’OTHE

la contrée (‘). Plusieurs voies romaines traversaient le pays : outre la route qui reliait Sens à Troyes par la vallée de la Vanne, deux autres voies escaladaient les plateaux, l’une entre Troyes et Joigny par Torvilliers, Prugny, Vauchassis, Bercenay, Maraye, Saint-Mards, Bœurs et Arces, l’autre entre Pont-sur-Seine et Pont-Belin (vallée de l’Armance) par Marigny-le-Châtel, Estissac, Thuisy, Cliennegy, Bercenay et Saint-Phal. Les moines établis à Dillo dès 1132, les Templiers qui possédaient des commanderies à Cerisiers et à Coulours, les comtes

Cl. PfUt'Dcsplauclus.

« Charbonière » dans la forêt d’Othe, aux environs de Saint-Benoît-sor-Vanne. La fabrication du charbon de bois est loin d’être aussi importante qu’autrefois. On remarquera la fréquence des bouleaux blancs dans les taillis.

de Champagne, les évêques d’Auxerre, de Sens et de Troyes, possesseurs de grands domaines dans le pays d’Othe, exploitèrent et colonisèrent la forêt ('■). Depuis longtemps les défrichements ont cessé et

1. Les silex, après avoir livré des outils aux hommes de l’époque paléolithique, fournissent un empierrement aux routes et, aux maisons do briques, un soubassement solide. Les grains et géodes ferrugineux contenus dans les dépôts do limon argilo-sableux qui surmontent ordinairement l’argile plastique étalent jadis exploités. On a retrouvé, épars dans tout le pays d’Othe, de nombreux vestiges d'uue antique industrie métallurgique : ce sont, en particulier, les amas de scories dans les substructions des voies romaines qui traversaient la contrée et les multiples dénominations locales se rappor tant au travail du fer (Le Ferreux, Les Ferrières, Les Fourneaux, Rigny-le-Ferron, etc.). D’après Bol’tiot (Histoire de Troyes, t. I, p. IS), le nom d’Othe dériverait d'un terme celtique au sens de fourneau, forge ou minerai de fer (odyn f).

2. Ku 1199, le comte do Ch.ampagne, Thibaut III, autorise les moines de Pontigny et de Dillo à aliéner et défricher tous les bois qu’ils possédaient dans la forêt d’Othe. Cf. Boltiot, Histoire de

même on a procédé de nos jours à quelques reboisements ('). Au Moyen Age, le hêtre était l’essence dominante de la forêt, ainsi qu’il résulte des nombreux débris de charbon découverts dans les amas de scories se rapportant à l’ancienne industrie métallurgique locale ; mais, par suite d’une exploitation intensive encouragée par l’approvisionnement croissant de la ville de Paris, le hêtre finit par disparaître près- i que complètement et fut remplacé par le chêne dont l’exploitation était favorisée par les besoins des nombreuses tanneries de Troyes et de Sens. Bien que d’assez nombreuses flaques d’eau s’amassent sur les sols imperméables des plateaux, le pays d’Othe, grâce à son soussol crayeux fissuré et spongieux, est moins humide que la zone infracrétacée et les eaux courantes y sont plus rares. Belgrand a calculé que, pour une superficie de 965 kilomètres carrés, le bassin de la Vanne ne comptait que dix cours d’eau (*). Un grand nombre de ravins sont complètement desséchés, d’autres sont parcourus par des ruisseaux temporaires (d’où la dénomination de ru de Gueule-Sèche), subissant des pertes dans un lit poreux criblé d’effondrements. Seuls les vallons les plus profonds sont pourvus de cours d’eau pérennes, le long desquels des marécages tourbeux se sont développés ('). La Vanne, fossé collecteur des eaux de la plus grande partie de la forêt d’Othe, jaillit à Fontvannes (Aube) au nord-est du massif, mais elle est surtout alimentée ])ar les ruisseaux qui lui arrivent sur sa rive gauche, provenant des vallons latéraux : c’est de ce coté, au point où les vallons débouchent dans le thalweg de la Vanne, que jaillissent les plus grosses sources, captées par la ville de Paris. L’émergence de ces sources n’est pas déterminée par l’affleurement d’une couche imperméable, mais par l’existence d’une dénivellation telle, que le niveau piézométrique de la nappe formée dans la masse des plateaux crayeux par l’infiltration lente des eaux pluviales est plus élevé que la coupure de la Vanne. Les sources dérivées à Paris depuis 1874 (‘) forment trois groupes : celui des sources hautes en amont du village de Bagneaux, celui des sources basses entre les villages de Chigy et Noë (vallée de Vanne), le groupe de Cochepies dans le ravin du ru Saint- Ange, près de Villeneuve-l’Archevêque (vallée d’Yonne): ces dernières sont situées dans le prolongement direct de la ligne des grandes

Trotjeê, I, 277-278; II, 211-242, 270. C’est de la furôt d’Otho que les charpentiers de Troye.s tiraient les bois employés dans les constrnetions de la ville (Guoslky, Kphémfrides, t. U, p. 117 sqq.).

1. Fmoue, Un Ueboisement (i4nna2. fiffronomiques, t. 1888, p. 299-300).

Page 1