Cf. Hevue de Champagne et de Urie, janvier 1899, p
2. Valentin-Jaimerai Düval, Œn9rt8, t. !«*“, p. 58, Saint-Pétersbourg, 1781. — Vers le niilicu du xviKsiécle, uu voyageur allemand décrivait ainsi la Cliainpagne ; « Magnain partem prope Catalaunain etUemos vastissimi sunt campi, cretæ instar albicantes. Niillæ procul, etsi procul prosplcerc possis, arbores, prata nulla, nulli proHuentes rivuli. Hic probe advertas, ut sic diriges itor tuum quo beoe stabulari possis, non tu solum, sed et veclor tmis. Qui hæc scribo, inalo meo e.Kpertus siim in pago Tenay (Asteuois)ÿ cujus voctori eqao loco avenæ, quam non habcbant, filigincm dcvorandam propinarant, in cœna ipsi fatali et ultiina. » (Jodocus Siscaiius, liinerarinm GalUœ, in-12, Amstolodami, 16>5, p- 19.) Cf. La très curieuse description de la Champagne Pouilleuse dans Mémoire-f de deux voyageê et si' jours en Alsace, 1674-167J et 1681, avec un itinéraire descriptif de Paris à Bâle, etc., par L. I). S. I>. L’H. P., publié pour la première foLs, diaprés le manuscrit origlual, par L. li. l.C. M.,in-8», Mulhouse, 1886, p. 15-16.
3. Albert Babeau, Les Voyagenrs en France, p. 255, 291-292; Arthur Yocno, Œuvres, t. U, p. 1H2, 187. — Un voyageur allemand qui traversait la Champagne, d’Épernay à Vitry, sous le premier Kinpire, est moins sévère : « Verglichen aber mit d.:r LUneburger Heide, mit den brandenburgisohcn Saudwüsten, mit der Neustâdter Hei<le, ist diese Kbeiie dann doch nicht gar z\i pouilleuse. Sie ist grbssteu TheiU bebaut... * Schultes, liriefe über Frankreich, au/ einer Fussreise im Jahre 1811, in-l2, Lcip2ig, 181.^, t. !>=*•, p. 421-422.
que ces seuls mots : des plaines, toujours des plaines (‘), ^liclielet nous décrit la Champagne, « ce morceau de craie blanche, sale, indigente une triste mer de chaume étendue sur une immense plaine
de plâtre , des bêtes chétives, des minéraux, des plantes peu
variés, de maussades rivièi’es traînant leur eau blanchâtre entre deux rangs de jeunes peupliers (■) ». Victor Duruy nous montre « une immense plaine onduleuse et plissée comme la surface d’une mer ti'anquille dont les grandes et longues vagues se seraient doucement étendues et solidifiées », et, à travers un manteau de chétive
verdure, le sous-sol crayeux « qui apparaît de place en place, gris et farineux, comme la peau sous la laine d’un mouton galeux , quel-
ques ormes tordus et rabougris ou un sureau malingre qui ne parvient pas à donner d’ombrage; de loin en loin, un moulin à vent qui projette sur le ciel ses bras décharnés (®) ». Taine est offusqué par le blanc dur et cru de la craie, et nous dépeint « une campagne bariolée de cultures jaunâtres et de jachères grises, rayée comme un vieux manteau de roulier qu’on aurait crevé par places et raccommodé avec des lambeaux d’une autre étoffe {*) ». Alexandre Dumas remarque cependant quelques oasis de verdure et de fr.aîcheur « dans ce désert, au fond des vallées ; ici, à l’horizon de la plaine roussie par le soleil... des quadrilatères, des carrés longs, des losanges bleuâtres capricieusement dessinés, ce sont des j)lantations nouvelles, des sapinières (®) ». D’autres trouvent une certaine poésie au paysage champenois, à son vaste horizon, à son ciel pur, à sa lumière éclatante (®). Cette Champagne qui nous vaut des descriptions d’un réalisme si pittoresque et si sévère était d’une pauvreté devenue proverbiale dans l’ancienne France, et on la désignait avec l’épithète malsonnante de pouilleuse Ç). On a beaucoup disserté sur l’origine de cette dénomination. Selon les uns, il faut rapprocher le terme de pouilleuse d’autres noms champenois tels que Pouy, Pouilly, Pouan ; la Champagne Pouilleuse ne serait point la contrée aride et dénudée du terrain de craie, mais la zone humide et marécageuse située au pied de la falaise tertiaire, depuis les plaines où l’Aube et la Seine se réunissent