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I.E BASSIN DE REIMS

A l’ouest de la vallée de la Suippe, la physionomie du paysage champenois se modifie peu à peu aux approches de la ville de Reims ; le sol semble moins infertile et mieux cultivé, les villages sont plus peuplés et d’apparence moins chétive. Le terrain de craie se redresse, et un bas promontoire s’allonge obliquement entre les vallées de la Suippe et de la Vesle : ce sont les assises puissantes d’une nouvelle formation crayeuse, la craie à bélemnites ou craie de Reims, couvrant

1. Le? expéditions en petite vitesse, aux gares de Troyes, des produits de la bonneterie s'élcvaleut, en 19t0, i un poids de OTSS-MS kilogr.

Le total des opérations de la saccursale de la ISanque de France à Troyes, en 1900, s'élevait à 72 253780 fr. ; sou rang de classement était le SO' sur 126 succursales. En 1899-1900, les salaires journaliers des ouvriers et ouvrières en bonneterie étaient en moyenne de 6 fr. 06 à 7 fr. 19 pour les ouvriers an métier, de 3 fr. 50 pour les ouvrières (Itbambre de commerce de Troyes, C, r. de» trar. ami. iSOO, p. 221-222).

2. Eu 1851 : 3738 habitants ; en 1901 : 9 001. Sur Romilly, cf. Abdoi'ik-Duuazbt, l'oyage en France. 21« série, p. 70-72. L’expédition par petite vitesse, à la gare de Romilly, des articles de bonneterie s’est élevée de 611937 kilogr. en 1890 à 1 106 136 kilogr. on 1900 (évaluations do la chambre de commerce de Troyes).

3. En 1851: 3169 habitants; en 1372: 3 171; en 1901 : 3818. Cf. Aedouin-1>U.mazet, loe. eit., p. 69-70.

aux environs de cette ville une étendue de 20 kilomètres environ en largeur, et dont les affleurements au-dessus de la craie à micraster sont difficiles à délimiter. Friable et généralement moins sèche que la craie à micraster, la craie de Reims est susceptible de fournir, dans ses bancs inférieurs, d’assez bons matériaux de construction; la plupart des villages de la contrée, Berru, Fresnes, Bourgogne, etc., sont bâtis avec des blocs taillés dans cette craie, et les magnifiques caves des fabricants de vin de Champagne à Reims ont été installées dans d’anciennes carrières (‘). Le plateau d’entre Suippe et Vesle est surmonté lui-meme de collines crayeuses portant à leur sommet et sur leurs fiancs des lambeaux du terrain tertiaire épargnés par l’érosion. Ainsi se profilent à l’est et au nord de Reims des ondulations plus ou moins accentuées et des buttes isolées dont les cimes boisées dominent toute la campagne rémoise: ce sont \qb collines de Moronvilliers, le mont Berru et la butte de Briment {^). Entre ces hauteurs et la montagne de Reims, promontoire avancé du massif tertiaire, s’étend un large bassin de plaines, au fond duquel s’écoule la Vesle aux rives bordées de prés marais et de bois. Les terrasses de graviers, les débris crayeux, les fragments de silex et de meulières qui s’étagent sur les versants de cette remarquable vallée d’érosion indiquent assez nettement les niveaux successifs occupés par les eaux de la rivière (’). Dans les coteaux de Moronvilliers qui culminent à 257 mètres à l’est de Beine, le soubassement crayeux atteint 250 mètres, la plus grande altitude à laquelle on puisse retrouver la craie à bélemnitcs dans les plaines champenoises. Les dépôts d’alluvions qui couvrent les sommets et surtout les fragments de pierres meulières dont l’érosion a déterminé l’éboulis sur les fiancs des coteaux jusque vers Prosne, attestent l’extension considérable, du côté de l’est, de l’ancien lac de

1. Sur la géologie du bassin de Ueims, cf Lkmoinb rt Aumonirk, Terrains tertiaires des environs

de Ucinis (Aftaociation française, Keims, p. 605); Péron» Description de la craie à bélemni-

telles des environs de Ueims (liuVet. de la Soe. des sc. de Vï'onne, t. XLI, 1SS7, p. 206 sqq.).

2. On peut se demander par suite de quelle particularité dans le niécauismc de l’érosion les cou< ches éocénes qui surmontent les monticules de Berru et de Briment ont été conservées U plutôt qiPaillcurs. D’après nie la Noé et ns Margerir, • il suffît de considérer la répartition des cours d’eau aux environs du ma.ssif de Berru, par exemple, pour constater que les plus voisin'*, la Vesle et la Suippe, ont leur plus grand écartement à la hauteur de ce monticule; d’oô il est résulté que les ver* sauts corrcspjndants, en s’établissant sur une pente de plus eu plus douce, n’ont pas pu cependant, à cause de la grande distance qui sépare leurs pieds, se rencontrer à une altitude assez faible pour faire disparaître les couches eu question, comme cela a eu lieu partout ailleurs ; pour la saillie de Brimont, eu particulier, où les cours d’eau voisins se trouvent beaucoup plus rapprochés, la rencontre des versants a pu sc produire à une altitude beaucoup plus basse, mais pas assez faible cependant pour faire di-parnître complètement toutes les couches du terrain éocène dont la base seulement a été cette fois conservée, malgré sa faible résistance (sables et argiles suessionicus) ». Formes dn ter^ rain, in-i'^, Paris, MDCCC'DXXXVIIl, p. 131.)

3. Sur la formation de la vallée de la V>slc, cf. liullet. de la Soc. d'études des sç. natur. de Ueims, t. V, p. 43 sqq.

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