‹ La ChampagneChapitre 77 sur 166 · P.. VJ · texte numérisé non relu

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BASSIN Dlî REIMS

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Brie qui reposait sur la craie, à proximité de la vallée de laSuippe ('). La vallée transversale de la Vesle ne s’est creusée qu’à une époque assez tardive, et les coteaux de Moronvilliers, situés dans le prolongement de la montagne de lleims au nord-est, semblent être un fragment du massif tertiaire détaché par l’érosion: on peut les considérer comme le pointement terminal de cet anticlinal du bassin parisien dont la montagne de Reims marque l’extrémité apparente sur la bordure du massif tertiaire. A l’ouest des coteaux de Moronvilliers, le mont Berru compris entre les trois villages de Cernay, Berru et Nogent-l’Abbesse, contourné au nord par la route nationale et la voie ferrée de Reims à Mézières, au sud-ouest par la route de Reims à C'hâlons, s’élève à 270 mètres ; on y trouve la craie à 210 mètres ; les dépôts tertiaires qui surmontent la colline ont une épaisseur totale de 60 mètres environ (■). Comme ceux des coteaux de Moronvilliers, ils affectent généralement une inclinaison nord-nord-est, sud-sud-ouest, et laissent supposer qu’ils ont été reliés à ceux de la montagne de Reims aux environs de Rilly ou de Ludes (^). Au nord de Reims, une troisième butte domine la plaine au-dessus du canal de la ]\Iarne à l’Aisne et de la voie ferrée de Reims à Laon : c’est la colline de Brimont, beaucoup moins élevée que les précédentes et ne dépassant pas 151 mètres d’altitude. Beaucoup plus dénudée que le mont Berru, la butte de Brimont présente une série de terrains moins complète (*).

Les collines de Moronvilliers, le mont Berru et la butte de Brimont, dont les pentes sont tapissées de vignobles et les sommets couronnés de bois, constituèrent jadis des postes d’observation, des refuges, pour les populations primitives de la contrée, qui y trouvaient des matériaux de construction abondants, y façonnaient leurs instruments de travail et de défense. Aujourd’hui ces hauteurs sont garnies d’ouvrages fortifiés destinés à protéger les approches du camp retranché de Reims ; avec la longue protubérance de la Montagne, elles délimitent le bassin dont Reims occupe la partie centrale et qui constitue un petit canton

1. Sur Textensiou de la meulière do Brie dans le voUiuago de la montagne de Reims, cf. Ballet, de

la Soc. deê $c. natnr. de t. VU, p. 63, 69.

2. Cf. Aümoxiek et Eck, Notice sur la constitution gcologique de la montagne de Berru {Trav. de BAead. de lieims, t. Ll, p. 112) ; Boste.vux-Pauis, Jlieloire de Berru et du mont Berru aupoint de vue géologique et pnléontologigne, gr. in-8«, Reims, 1897.

3. Meugy, Ceinture nord-est du bassin tertiaire parisien {Bull, de la Soe. géol., 3<“ série, t. I«r, p. 1). Les couches tertiaires inférieure.s présentent un sable agglutiné dans une pâte calcaire : c'est le conglomérat de Cernay devenu classique par la faüue de mammifères fossiles qu’on y a retrouvée. 11 est à remarquer que le calcaire grossier manque au mont Berru, ce qui prouve que la mer lulétienue avait une extension moindre du côté de l’e.st que les formations inférieures de Téocène (cf. Lalkkxt, dans le Ballet, delà Soe. d*étndea des $c. natur. de lieimSf t. V, 1896, p. 56).

4. Sur la colline de Brimont, cf. Uéiieut, dans le Ballet, de la Soe. géolog., 2^ série, t. VI, p. 712, et Gosselet {Ballet, desservie, de la carte géolog. ^ fasc. 8, janv. 1800, p. 6).

LA CIIAMPAGNIi:

nettement distinct du reste de la Champagne Pouilleuse (‘). Partout où les aftleurements de la craie blanche se montrent à nu sur les versants du bassin, entre Prunay et Nauroy, Moronvilliers et Époye, le sol se couvre de pineraîes, bien que, par sa composition chimique, la craie à bélemnites ait été reconnue moins stérile que la craie à micraster sur laquelle repose le camp de Châlons (■). Mais d’abondants dépôts de limons et de sables superposés à la ci'aie dans une grande partie de la campagne de Reims fournissent des terres meubles, assez

C7. Bréton.

La plaine cultivée, nord de Reimâ (environs de La Xcuvillette); sols crayeux fortement amendés cuUurc du blé et de la betterave à sucre.

profondes, comparables aux meilleurs sols des cantons privilégiés du Tardenois et du Soissonnais ; à Witry-lès-Reims, les bonnes terres aux abords du village se vendent encore à raison de 4 000 fr. l’hectare. C’est pourquoi les cultures maraîchères, favorisées par la proximité d’une grande agglomération urbaine, et la culture de la betterave ont pris de nos jours une rapide extension dans le bassin de Reims: les grandes sucreries de Loivre et de Fismes trouvent à s’ali-

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