LES QUATRE VALLEES
ques(‘) : il est impossible de dégager l’individualité physique de ces deux soi-disant pays, et d’en fixer les limites ; entre l’Argonne et la Tliiérache, les seules dénominations populaii’es en usage et ayant un sens réellement géographique sont celles de Quatre-Vallées, Vallage, Terres de Picardie
La transition entre la zone forestièx’e argonnienne ou ardennaise et les campagnes cultivées qui s’étendent au nord de la vallée d’Aisne est marquée par le pays des Qiiatre-Vallées (partie du canton de Tourteron) (jui doit cette appellation vulgaire aux nombreux petits vallons qui le sillonnent (ruisseaux de ^ligny, de Saulces et leurs tributaires) ; ces vallons étroits et sinueux sont profondément creusés dans le calcaire à astartes ou dans le corallien, tandis que sur la corniche des talus affleurent les sables argileux de l’albien contenant des nodules de phosphate de chaux, dont l’exploitation était naguère très active à Saulces-^Ionclin, Le Chesnois, i\Iachéromesnil, Vaux-Montreuil , etc. Le pays des Quatre -V'allées, abondamment pourvu de sources et de ruisseaux, a un aspect franchement bocager avec ses vergers de noyers et de cerisiers dont les produits s’expédient à Reims, à Paris et jusqu’en Angleterre ; ici la vigne a pu se maintenir sporadiquement sur les versants pierreux les mieux exposés. Quant à la population, elle s’éparpille dans une multitude de fermes et d’écarts aux alentours des villages.
A l’ouest des Quatre-Vallées, jusqu’au cours du Plumion, s’étendent des bas plateaux, constitués surtout par des marnes crayeuses surmontées çà et là d’alluvions, et s’inclinant doucement vers la vallée d’Aisne. Ce sont de riches campagnes, défrichées jadis par les moines de Novy, qui, avec l’aide des comtes de Rethel, fondèrent les villages de Novy, Saulces- ^lonclin {Salceia in 6osco), Faux, Auboncourt, Corny, etc. Sur ces fortes terres argilo-calcaires, améliorées par le drainage, les cultures alternent avec les prairies ; çà et là, quelques grosses agglomérations (Lucquy, 927 habitants ; Novion-Porcien, 839 ;
1. Le Rctbélois, mentionné par les géographes de rancienne France comme une circonscription divisionnaire du gouvernement de Champagne, avec Rethel, Attiguy, Mézièros et Cbarleville comme villes principales, était complètement inconnu de l’administration et sans rapport avec l’élection de Rethel. Il a une origine parement historique et dérive du comté féodal da Rethel qui s’étendait au nord de la Champagne, depuis la vallée de la Retourne jusqu’à celle de la Meuse, englobant dans sa plus grande extension le nord de l’Argonne, la principauté de Château- Porcien et le comté de Rozoysur*Scrre. Quant à la dénomination de Porcien, conservée à Chàtean-Porcien, Chaumont-Porcien, Novion-Porcien, elle provient du pagu$ Poreemhf subdivision administrative très étendue, qui comprenait une grande partie du pays entre l’Aisne moyenne et la vallée de la Meuse.
2. M. Aju>olin-Dümazet (Voynge en Franre, 20^ série, p. 211) conserve les dénominations de Rethélois et de Porcien. Il déclare que le Porcien • forme un tout géographique > sans le démontrer. 11 relève la dénomination locale do Vallage sans en justifier l’emploi.