L.i plume en main, arrange une oraison
Quelles beautés! la lanterne magique
N'est rien auprès. Le spectacle lyrique.
Où vingt tendrons dans un chœur discordant»
Font chevroter les notes du plaiu-chant,
N'égale pas cette pompe immortelle,
Ni les beautés de la gloire éternelle.
Le Gros-Caillou, Saint-Cloud, les Porcherons,
Menil-Montant et tous leurs environs,
Du Paradis n'approchent qu'à cent piques :
Mais, par malheur, ce séjour est bien loin.
Près d'un tréteau, retiré dans un coin,
Le roi David composait des cantiques
Sur Jonatas, Bethzabée, Absalon,
La Ch... P... et la baibe d'Aron. -^
Là, le cochon du vénérable Antoine, Beau comme un coeur élégant comme un moiae, Donnait la patte aussi bien qu'un gredin, Faisait des tours ; jamais maître Gonin, N'eut ses talens» son esprit, sa souplesse ; Qu'en Paradis un cochon a d'adresse!
Le vieux saint Roch riait avec son chien. Monsieur 1 obie, en embrassant le sien. Montrait sa queue à mainte jeune vierge: Le fier mâtin l'avait ainsi qu'un cierge, Longue à plaisir; le bras d'un saint de bois Etait moins dur. La Frclillon, je crois, Aurait souri ; la queue éttit honn^Ho.
Pareil objet, «hns un doux tête à tète,
Attendrit bien la conversation ; Fille aime un peu sa récréation.
Un bienheureux, célèbre dans son âge.
Dont la Légende a vanté le corsage, (C'était Christophe; ô ciel qu'il était gros! ) D'un air content disait : j'ai sur mon dos Jadis porté le maître du tonnerre ; Sous ce fardeau je fis trembler la terre : Notre Seigneur pesait autant que deux; Pourtant alors Dieu n'était qu'un morveux ; Et sans mon dos, en passant la rivière, L'enfant Jésus eût mouillé son derrière.
Certain voleur, c'était le bon larron.
Lui répondit : pour moi j'eus le nez bon, Eh bien me prit, en bonne compagnie D'être pendu. Grâce à mon industrie lue peccaui me vint fort à propos.
Pour avoir dit à Jésus deux bons mots, Il m'a conduit à souper chez son père, Où, sans argent, nous fîmes longue chère D'encens divin, de Gloria pabi.
Un peu plus bas, le courageux Denis Des vieux Gaulois étalait l'oriflamme ; Jean Goule, orné des cornes dont sa femme Dans son hiver chargea ses cheveux gris, Par ses malheurs consolait les maris.
Certain rhéteur, autrefois janséniste.
Manichéen, quaker et rieniste.
Disait à Dieu : dès l'âge de quinze ans, J'allai, Seigneur, avec d'autres enfans
Me signaltM aux combats des jésuites;
Je surpassai cians ces jeux illicites
Les siècles d'or de l'ordre de Jésus.
Afcs compagnons, sous ma gloire abattus,
Chantaient partout mes prouesses brillantes,
Abandonnaient à mes mains triomphantes
Les myrtes verts de l'ami d'Antéros.
Le jeune enfant qu'on adore à Samos Au carnaval amena dans Carthage Une beauté dont le galant corsage Enchantait l'dme, éblouissait les yeux ; Jamais, Seigneur, on ne vit sous les cieux Un teint plus blanc, une gorge plus belle. Des douces fleurs qui naissaient autour d'elle Le dieu des cœurs avait tissu nos nœuds. J'aimais Eglé. Dans ses bras amoureux Ton serviteur devint tendre et fidèle; Tu fus témoin de l'ardeur de mes feux . Enfin, Seigneur, dans un moment heureux Adroitement je fis à ma bergère Un gros garçon aussi beau que sa mère. Daigne, mon Dieu, donner à mon poupon Ces nobles soins qui conservent l'enfance; Garde son cœur de la concupiscence, Ne IMnduis point dans la tentation !
Aux pieds d'Églc, je devins incrédule ; La foi des Saints me parut ridicule, Et plus cnc«r leur superstition.
Des sots Hébreux la puérile histoire Cent fois le jour étonnait ma raison ; Plus je lisais, et moins je pouvais croire Au merveilleux de la religion.
L'homme, dit-elle, est fait à ton image: Quoi donc, Seigneiu-, à ce vieux barbouillage, A ce limon échappé des tes mains, Keconnaît-on ces traits grands et divins Que peint la gloire aux yeux profonds du sage?
Près d'Augustin, le stupide Alexis Se lamentait d'avoir quitté sa femme:
Que j'étais sot! la plus douce des nuits De cent plaisirs allait ravir mon âme.
Mon cœur, flatté d'une orgueilleuse erreur. De la vertu crut adorer l'image; Comme Ixion, caressant un nuage, Je n'embrassai qu'un fantôme trompeur.
O femme aimable ! ô charmante Sophie!
Ton chaste amour eût enivré mon cœur : Ce Dieu faisait le charme de ta vie, Lt dans tes bras il eut fait mon bonheur.
Du haut des cieux l'immortelle Marie Branlant le bout de son sceptre éternel, D'un air riant appelle Gabriel:
Esprit léger, conducteur des familles, Vous qui portez des nouvelles aux filles, Qui dans Sion fûtes Tange gardien De saint ïobie et de monsieur son chien, Connaissez-vous un saint un peu capable? J'en ai besoin. Je veux qu'on mène au diable, Au purgatoire un certain Fier-à-bras, Mcnestrier célèbre dans Arras.
Keine, dit l'ange, un prince d'Angleterre, Roi fainéant, s'il en fut sur la terre, Était jadis redoutable à Satan :
Ce souverain se nommait saint Dunstan.
QuanJ le dénîon voulait livrer balailFc
A sa pudeur; arme d'une tf^mill :,
Le nez soudain le saint roi lui pinçait.
En vain Satan jurait et grimaçut ;
Le fier monarque, à ses cris insensible.
Allait son Irafn , ah ! qu'un saint est terrible !
Pour plaire au ciel, servir le Créateur,
Il détruirait le prochain de bon cœur.
Pour obéir aux ordres de Marie, L'ange appela le monarque bieton :
Grand saint, dit-ilj ifui pendant votre vij Fûtes toujours redoutable au démon, "Vite, au plus tôt, habdlez-vous eu moine î Sur le cochon du vieil hermite Antoine Grimpez soudiin, et volez vers Arras.
))an5 l'hôpital, entre deux sales draps, Le cœur serré d'une rage indomptable, ^'ons trouverez un mortel implacable, Plus froid cent fois que feu Richard sans Peur ; Son nom est Jean, sou surnom La Terreur. Le roi Dunstan, couvert d'im capuchon, Lt lestement monté sur le cochon, Du haut des cieux s'élance sur la terre. Dé) I de loin il a vu l'Angleterre ; Covent-Garden, la Taverne à Rian, Le lord Gramby, la terreur du tiisban, Le vaillant George environné de gloire, <,»ui dans Munden, en fixant la victoire, A méiité la croix de Saint-Louis.
\^ ilke, entouré des dieux de sa patiic, Brave en riant ses faibles ennemis; La liberté ceint sa làle chciic
De lauriers verts dignes d'un front romain. Brinck malheureux, victime de l'envie, Est condamné par un peuple inhumain.
Milords Paulet, Esnon et Compagnie, Au Dieu d'amour offrent un culte impie ; Le front couvert des lauriers de Phallus, Ils détruisaient les myrtes de Vénus.
Le bienheureux d'un nouveau feu respire; Ses yeux ont vu l'éclatante Hamilthon*.
Chantre élégant ! divin Anacréon!
Descends des cieux, viens chanter son empire, Et de tes fleurs orner son noble front ! Dunstan n'a point ces roses immortelles, Dont tu parais l'amante de Fhaon.
Déjà Dunstan voit ces tours infidèles, Où des Nassau le sang audacieux Ose braver l'Espagnol et les cieux.
11 voit Anvers et la riche fîoîlande, Un gros fromage, une pipe à la main, Un pied dans l'eau , Taulre sur la Légende, D'un air épais présenter son offrande A Jésus-Christ, au veau d'or, à Calvin. Arras bientôt découvre aux yeux du saint Ces larges murs, cette superbe place, Qui des Français voulut braver l'audace. A l'hôpital le bienheureux descen<l, Du bout du nez il saisit le fier Jean, Et dans les airs l'emporte avec vitesse; Tel le démon, dans les murs de Lutèce, Vint enlever le vieux docteur Faustus, Dans le désert l'Essénien Jésus.
* La (lucliesjc J'Hamililjon, I3 p'us L^lli; Juiie ij A n^li.'leii 'i-
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