‹ La chanson d'Antioche: composée au XIIe siècleChapitre 3 sur 30 · PRÉFACE DU TRADUCTEUR. VU · texte numérisé non relu

PRÉFACE DU TRADUCTEUR. VU

les chrétiens d'Orient , engagent ou vendent leurs biens, quittent leur pays, leur famille, et font à leur foi religieuse le sacrifice de ce qui nous apparaît , à nous leurs descendants dégénérés, comme le souve-* rain bien, une vie facile et paresseuse, la tranquillité, la paix!... — Voilà ce qu'au dix-huitième siècle on était devenu incapable même de comprendre : «... Cette croisade , dit le président « Hénault, fut l'ouvrage d'un pauvre hermite nommé « Pierre qui, de retour de l'Asie, et touché du mal- <c heur des chrétiens d'Orient, échauffa tous les es- <( prits et les porta à cette entreprise incroyable .^ ^ . » Partis en général sans espoir de retour, les hommes riches avaient eu soin, comme l'a remarqué dans sou Introduction M. Paulin Paris, a de pourvoir aux divertissements des jours de paix ; ils avaient emmené des chiens, des oiseaux , des échiquiers, des dés ; les chapelains et les jongleurs n'avaient pas non plus fait défaut. Les premiers disaient les heures du chevalier, le confessaient, lui faisaient la lecture, écrivaient ses lettres... » Il est probable qu'après chaque affaire un peu importante, des espèces de bulletins étaient rédigés par le chapelain du seigneur auquel il était attaché, envoyés au pays et lus dans les églises, d*où

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