‹ La chanson d'Antioche: composée au XIIe siècleChapitre 4 sur 30 · VIII PRÉFACE DU TRADUCTEUR · texte numérisé non relu

VIII PRÉFACE DU TRADUCTEUR

le nom de légende^ qui leur a été conservé. — Ces légendes recueillies, et malheureusement arrangées, augmentées, mises en latin prétentieux par quelques beaux esprits du temps ou par des compilateurs plus modernes, rappellent un peu trop aujourd'hui ces vénérables monuments du moyen âge déshonorés par le badigeon d'un restaurateur de mauvais goût ! . . . Au mérite d'une égale authenticité , les chansons de geste, œuvres des ménestrels o\x jongleurs partis avec les barons pour la Terre sainte, joignent celui d'avoir conservé presque entière leur forme et leur originalité premières. Il est probable que ces petits poèmes n'étaient d'abord que des improvisations déclamées ou chantées à la suite d'un festin avec accompagnement d'instruments, et inspirés par la victoire de la veille ou par l'espoir de celle du lendemain. Les morceaux écoutés avec le plus de plaisir étaient retenus, répétés, devenaient populaires, et finissaient par être écrits, rassemblés, coordonnés de manière à former une composition plus ou moins régulière. C'est ainsi que Richard le Pèlerin, premier auteur de la Chanson d'Antiochej acheva son travail avant l'arrivée des Croisés devant Jérusalem, On suppose qu'il était attaché au comte de Flandre , et qu'il

Page 1