AUTOMNE
La forêt sombre ainsi qu'un secret dangereux Plaint d'une exquise voix sa mortelle infortune Aux frôlements soyeux des frissons de la lune Et dénoue son manteau d'or et de longs adieux
Sur le tain déserté des paisibles étangs. Au loin c'est l'agonie de nos rêves qui brame Et dans le soir traîne la voix des cors de chasse Ainsi que des ruisseaux de pleurs rosis de sang.
Nous revenons, comme chaque an, les mains plus vides, O vieille illusion couronnée de nos rides, Nous asseoir au chevet fatigué de ton feu.
Aie pitié de nos pas voyageurs dans la lande, Et pleurant son exil éternel hors des cieux, Embrume notre esprit clairvoyant de légendes.