SONNET
Parfois on croit trouver au fond d'un corps une âme On part pour la forêt gaîment, la hache en main^ Songeant à délivrer, prisonnière du nain, En l'écorce moulée quelque forme de femme !
Et bûcheron de rêve, on frappe, vigoureux, Malgré la pluie, le froid, le vent et la bruine, Le jeune arbre élançant sa joie parmi la ruine Des vieux sapins moussus tout pourris et véreux.
Dans les mains acharnées vibre une ardeur d'apôtre Et l'arbre tombe... et c'est un arbre comme un autre. Pas d'âme^ de secret plus qu'en ses devanciers 1
Va ! reste sans écho, cœur trop prompt aux embûches. Fais avec ton grand arbre un petit tas de bûches Et de tout ce bois mort nous chaufferons nos pieds !
SUNT LAGRYM-ffi RERUM
Une intime musique est aux lèvres des choses, Suave enchantement d'insensibles archets Bercés aux violons déchus des vains regrets. Douce et triste aux objets une buée se pose.
Nous avions pris tant d'habitudes en commun.
Mes paumes vous ouvraient leurs nids chauds de paresse.
Sur vos fragilités s'inclinaient mes tendresses.
Vous étiez ma nuance et jusqu'à mon parfum.
J'endormais ma vie à vos calmes gestes- Pour l'adieu seulement il te reste Une heure.
Aux paupières des pleurs... toutes les choses Ont de la peine, comme des roses Qui meurent 1...
L'ENCHANTEMENT