‹ La chanson d'EliacinChapitre 16 sur 26 · APRÈS-MIDI · texte numérisé non relu

APRÈS-MIDI

Tandis que tes cils bleus éventent ma paresse, Dans l'air tendrement nu, je me dévêtirai. Assise auprès de nous, ainsi qu'une négresse, Dont l'éclat fait pâlir ta moiteur adorée.

L'obscurité des pins secouera dans ses tresses Le vol terrestre et bas d'un lourd parfum doré. Et les seins du couchant que les ramures pressent Verseront aux bosquets leurs rayons égarés.

Car l'amitié des chairs est la plus douce à l'âme Et consolera mieux que nos pourpres regards L'insidieuse paix où notre langueur pâme.

Les mots ont effeuillé leurs expirants départs.

Si près, si seuls, dans le secret et hanche à hanche

Goûtons l'effleurement de ta gorge qui penche.

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