JUIN
Le soir tombe^ le soir de pervenche et d'argent, Dont la douceur émeut les mains entrelacées ; Mais, coudoyant le pauvre émoi des fiancées, Nos désirs séparés méprisent le couchant !
Loin d'eux la lenteur tendre et loin cet abandon Qui cerne les yeux las et fond dans sa paresse L'assoupissement tiède et les molles caresses ! Nous irons aux jardins défendus et profonds,
Tout tremblants de la fuite et sanglants des broussailles, Complices — mot divin dont nos frissons tressaillent. Nous buvant au silence avec l'effroi des bruits.
Et nous nous aimerons, quand sous le ciel sans voiles Vibrera, se mêlant aux profondes étoiles, L'écarlate langueur des roses dans la nuit !