‹ La chanson d'EliacinChapitre 19 sur 26 · ORGUE · texte numérisé non relu

ORGUE

Aimons à l'ombre émue du grand orgue qui pleure, Tandis qu'un vent monté des cavernes du soir Agite la forêt d'un morne désespoir, Faisant battre à grands coups le pouls brûlant de l'heure.

O toi qui pries courbée, âme qui me regardes, Sens-tu frémir dans l'air ces forts enlacements Et gémir glorieux un triste enchantement Dont la noblesse et la tendresse abreuvent l'âme ?

L'orgue crie l'infini dans l'église haussée 1 De tes yeux et des miens une splendeur a lui, Un aveu surhumain dont nos coeurs sont broyés

Et plus haut que l'extase et mieux que la prière. Nos ardeurs atteignant à la suprême nuit Ouvrent éperdument des ailes de lumière I

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