‹ La chanson d'EliacinChapitre 20 sur 26 · CRI · texte numérisé non relu

CRI

Au pavois frissonnant de tes cris convulsés Tu t'exaltes au soir, triomphante agonie 1 De l'appel d'un enfant qui meurt la nuit emplie A d'un bâillon de fer étouffé nos baisers.

Et dans l'horreur du ciel, où la lune est couchée, Où tout espoir de pâle étoile s'est éteint, Tu trembles et voici que se glacent tes mains, Et que claquent tes dents sur tes lèvres séchées.

Tous les deux, ô pauvre âme, ayons peur, bien blottis

Mais pressons notre amour en nos bras agrandis,

Et mets ta bouche en pleurs à ma bouche angoissée !

Que l'étreinte nous soit la mort de toute mort Et que frémisse au loin par delà tout essor Le lien silencieux de nos chairs effrénées !

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