‹ La chanson d'EliacinChapitre 24 sur 26 · DEFAILLANCE · texte numérisé non relu

DEFAILLANCE

Il faut cacher ce soir le manteau des voyages Et bâillonner la porte et joindre les verrous, Car pour jamais peut-être, et vers on ne sait où. Mon âme glisserait au fluide sillage

Que la volupté creuse en rêvant sur la mer. Ah! n'ai-je donc pas fui^ cieux, de toutes vos ailes, Quand sur mon tendre espoir endormi le long d'elle. Comme des griffes^ elle ouvrit ses yeux pervers.

Obscurcissez ma vue, ô doux pleurs angéliques. Et vous, sanglots, chantez de vos voix de vieillards, Pour étouffer sa voix longue comme un regard Où traînerait l'adieu lent d'un soleil oblique.

Qui donc à mon oreille inclinera ses mains, Car voici que mon cœur aigu comme une étoile Tremblerait d'un pas trop langoureux dans des voiles? — Si tu venais ce soir, toi que j'attends demain !

Mais plutôt sur mes yeux, où ne peut apparaître Qu'une forme exécrée, couchez un lourd bandeau, Car mon âme est vacillante comme un flambeau Et mourrait d'un profil qui passe à la fenêtre...

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