FILLE OU GARÇON
Vous vouliez une fille et le ciel vous envoie, Jeune mère, un petit garçon; Mais quand l'enfant est là, fille ou garçon, la joie Entre avec lui dans la maison.
Une fille! Et déjà vos tendresses de temme Lui préparaient les doux conseils...
Puisqu'un garçon vous \ ient, ne formez pas son àme D'éléments tout à fait pareils.
Les hommes, appelés aux luttes de la vie,
Ont besoin d\tre courageux:
Vous laisserez ce fils courir à son envie
Les premiers périls dans ses jeux.
La Chanson de V enfant.
N'allez pas vous forger d'inutiles chimères,
Qui seraient cruelles un jour; Ce n*est que tout petits qu'ils sont vraiment aux mères:
Ils grandissent pour l'autre amour.
Vous avez un garçon ; laissez les espérances.
Instruisez-le de votre mieux A n'être pas surpris des plus grandes souffrances
Qui toutes sont faites d'adieux.
Qu'il ne sente pas trop les soins de la famille, Qu'il n'en soit pas comme enchaîné;
N'allez pas lui donner une douceur de fille! C'est un garçon qui vous est né.
Mères, je les connais, ces hommes, quoique braves.
Que les mères ont faits trop doux ; Ils sont toujours blessés, coeurs faibles et suaves
Où pénètrent les moindres coups !
Et quand vient le moment, sans amis, sans caresses, Où c'est tout seul qu'on dot souffrir,
Ces hommes ont en eux de plaintive:- tendresses Dont ils achèvent de mourir.
Les Berceaux. 3 r
Si vous voulez les voir heureux et les voir vivre,
Mères, ne vous y trompez pas, Retenez ce conseil triste, mais qu'il faut suivre: Détachez vos fils de vos bras.
Madame, vous pleurez?... Mais c'est là, noblesfemmes
Le sublime de votre amour, Qu'il faille encor souffrir pour leur créer leurs âmes
Plus que pour leur donner le jour.