CEST LUI LA POESIE
Ah! nul n'a plus souci des roses, de l'aurore. Des grâces d'avril et de mai ; l):s oiseaux et dos Heurs, qui se souvient encoie? Plus rien de naïf n'est aimé.
Non, ne le croyez pas. Consolons-nous, poètes ;
Le printemps a toujours sa cour ; 11 est quelqu'un pour qui les avrils sont des t'êtes;
Il n'est pas mort, le grand amour.
Quand on n'entendrait plus rire de jeunes filles Far coup' es dans les verts chemins;
Quand le désir de l'or, seul souci des familles, Ferait seul se toucher nos mains;
Rien ne serait perdu, fleurs, chansons, ni lumière, Gloire des avrils triomphants,
Car, ô nature en fleur, ta grâce coutumière Plaît toujours aux petits enfants !
Ils savent, les petits, par-dessus toutes choses, L'utilité des fleurs des champs ;
Il leur faut des oiseaux, des papillons, des roses, Il faut les bercer par des chants.
Ils aiment la beauté fragile, et la cadence Nécessaire à leur bon sommeil ;
L'azur est fait pour eux; pour eux a lieu la danse Des atomes dans du soleil.
Cependant qu'aux cités chacun suit son envie.
Dans l'oubli des vrais biens de Dieu, L'enfant cherche, étranger, ce qui dans cette vie Lui rappelle son pays bleu.
Un murmure, un rayon, voilà ce qui le charme : Une ombre, un cri le met en pleurs;
C'est lui la poésie : un sourire, une larme. L'amour des rayons et des fleurs...
Les Berceaux
La Muse, un jour, le cœur navré de nos quereles,
Fuyait ce monde vicieux ; Belle et triste, elle ouvrait déjà ses grandes ailes,
Prête à remonter dans les cieux...
Mais elle s'arrêta, — clémente au monde infâme Où l'homme à l'homme est ennemi, —
Parce qu'elle avait vu, bercé d'un chant de fe:nme, Sourire un enfant endormi.