Sancie d'Aragon, en
3. L'intervention du roi d'Aragon ne se produisit pas d'une façon aussi abrupte. Ce prince s'étant rendu à Toulouse au commencement de janvier 4213 (circa festum Dominicae apparitionis, P. de V.-G. ch. lxvi), obtint de Simon un armistice de huit jours, et adressa le 16 janvier aux évoques réunis en concile à Lavaur une respectueuse supplique en faveur des comtes de Toulouse, de Gomminge8, de Foix et de Gaston de Béarn, dépouillés de leurs terres par la croisade. P. de V.-G. (oh. lxvi) noua a conservé sa lettre et la dure réponse que lui firent les évoques le 18 janvier. Peu après, en se séparant, les mêmes prélats adressèrent au pape des lettres d'une violence inouïe contre le comte de Toulouse et ses adhérents (Innoc. epist. 1. XVI, ep. xl et xli). Ges lettres trouvèrent le souverain pontife t aliquantulum durum, eo quod c nimis credulus fuisset falsis suggestionibus nuntiorum régis « Aragonensium » (P. de V.-G. ch. lxvi, Bouq. 76 d). Pourtant il finit par révoquer les décisions qu'il avait prises en faveur du comte de Toulouse et des siens à la prière du roi d'Aragon, et adressa à ce dernier une lettre (1. XIII, ep. xlvui) qui opposait une fin de non-recevoir à ses demandes. C'est alors, après avoir ainsi vainement tenté toutes les voies de conciliation, que le roi d'Aragon se décida à envoyer son défi à Simon (P. de V.-G. début du ch. lxvii).
[4243] cftoisADB contes us alhmbois. 454
Avant que la guerre s'arrête et ait pris fin, il y aura maint coup donné, mainte lance brisée ; maint gonfanon neuf sera planté par la prairie, mainte âme sera arrachée du corps, [2755] et mainte dame veuve ruinée.
Le roi Pierre d'Aragon part avec sa mesnie. Il a mandé toute la gent de sa terre, tellement qu'il en a rassemblé une belle et grande compagnie. A tous il a déclaré [2760] qu'il veut aller à Toulouse combattre la croisade qui dévaste et détruit toute la contrée. Le comte de Toulouse lui a demandé merci, que sa terre ne soit ni brûlée ni ravagée, car il n'a tort ni faute envers personne au monde. [2765] c Et comme il est c mon beau-frère, qu'il a épousé ma sœur, et que j'ai c marié mon autre sœur à son fils , j'irai les aider c contre ces misérables qui veulent les déshériter. »
« Les clercs et les Français veulent déshériter [2770] c Je comte mon beau-frère et le chasser de sa terre € sans tort ni faute qu'on puisse lui imputer : parce € que c'est leur bon plaisir, ils le veulent déposséc der. Je prie mes amis, ceux qui veulent me faire c honneur, de penser à s'apprêter et à prendre € les armes, [2775] car d'ici à un mois je passec rai les ports1 avec toutes mes compagnies, qui c me suivront. » Et ils répondirent : c Sire, c'est