‹ La chanson de la croisade contre les Albigeois, commencéeChapitre 138 sur 303 · P.-é. estiers (4099) est-il une faute, pour entiers · texte numérisé non relu

P.-é. estiers (4099) est-il une faute, pour entiers

3. Allusion à un récit épique perdu, mais sur lequel on a divers témoignages. Il n'est guère probable qu'on ait voulu rappeler ici le passage de la Prise £ Orange (poème assez peu ancien, au moins dans la rédaction qui nous est parvenue), où Guillaume soutient un siège très-héroïque, mais très-court, dans Orange, dont il s'était emparé par surprise.

222 GtMADE COBTfiE LIS ALWMOlft. [4246]

€ le premier. — Il est bien droit et raison, * dit c maître Ferrier1, que l'on suive vos exhortations. » Le comte de Montfort passe chemins et sentiers, [4145] et appelle ses partisans et tous les soudoyers de partout où il y en a. Ils chevauchent jour et nuit , malgré l'intempérie , jusqu'à ce qu'il soit arrivé à Beaucaire, où il descend sur la grève*. Gui et Amauri3, Alain et Rogier4 [4420] y sont venus les premiers avec leurs belles compagnies. Les trompes sonnent pour appeler Jes derniers. Le comte de Montfort regarda entre les murs et les clochers, et vit ceux de dedans hardis et dispos, et sur le donjon du château est son gonfanon, [41 25] et l'enseigne au lion, qui flotte sur les tours» De dépit et de colère il en devint tout noir, et dit à ses hommes de décharger les bêtes de somme, de piquer les tentes et de couper

1 . Peut-être l'inquisiteur Ferrier qui, par la violence de sa persécution, excita une sédition dans Narbonne en 1234 (Ménard, Hist. de Nimes, II, 305, et pr. 73; cf. Teulet, Layettes du Trésor, n° 2456) , et qui en 1242 excommunia Raimon VII (Teulet, no 2976»).

2. Probablement au sud de Beaucaire, sur le bord du Rhône, là où aboutit actuellement le canal. C'est dans cette direction, mais assez loin de la ville, que s'étaient établis, comme on Ta vu plus haut (p. 219, n. 2), Gui de Montfort et les siens. — Simon, qui venait de France, dut arriver vers la mi-juillet. Il était le 2 à Pontsur- Yonne, et le 19 devant Beaucaire; voy. Molinier, Cotai. n»* 128 et 129.

3. c Aimiric i dans le texte, mais bien qu'on voie plus loin (v. 4696) paraître un c Aimeric », parmi les croisés, ce n'est qu' Amauri de Montfort qui a pu être mentionné ici immédiatement à côté de Gui de Montfort.

4. Rogier d'Andelis, mentionné par G. de Tudèle au v. 840 et par le poète toulousain au v. 7007? Ge ne peut pas être Rogier de rissart qui avait été pris à Pujols et mis à mort (voy. ci-dessus p. 154, n. 2, et cf. Guill. de Puyl. ch. xx).

[4246] CaOWADB CONTRE LI8 ALBIGIOI8. 223

les oliviers. Ils campèrent ainsi par les jardins et les vergers. [44 30] Désormais au dedans comme au dehors le siège sera dans son plein, dès que Montfort et Beaucaire se font tête. Mais Dieu sait connaître de quel côté est le droit, afin d'aider et de soutenir les plus légitimes héritiers; car fausseté1 et droiture2 ont pris le gouvernement [41 35] de toute cette guerre.

Toute cette guerre semble tourner de façon que Dieu rende la terre à ceux qui l'aiment fidèlement; car orgueil et droiture, loyauté et fausseté sont arrivés à l'extrême limite, car le jour de la revendication est proche; [4140] car une fleur nouvelle s'épanouit de tous côtés, par quoi Prix et Parage reviendront; car le vaillant comte jeune, habile et vaillant, demande raison de la spoliation et des pertes [qu'il a souffertes] ; par quoi la croix [de Toulouse] gagne et le lion [de Montfort] perd du terrain.

[4145] Le comte de Montfort mande les barons les plus sages, car il veut prendre conseil au sujet des difficultés qui lui sont survenues. Il furent bien treùte avec lui dans un verger ombragé. Le comte expose ses idées en redressant ses gants ; il était bien élevé, sage , habile et vaillant : [41 50] « Seigneurs , je me c plains à vous tous et à Dieu, des barons de la terre c qui sont faux et truands. Je me lamente, je trouve c dur de me voir ainsi déshériter par un gamin de € quinze ans : sans puissance, sans force, sans argent

Page 1