Du côté du comte de Toulouse
à distribuer [41 55] il m'a chassé de Provence et me tient tête. Et par dessus tout, ce qui doit m'étonner c'est que l'Église m'ayant octroyé Toulouse, comme aussi mon oriflamme l , ils me crient Toulouse ! quand on en vient aux mains ; et pourtant j'accomplis les œuvres, les paroles, les ordres de l'Église. [41 60] Et puisqu'il est pécheur et que je suis bien méritant, ce m'est grande merveille comment Dieu peut vouloir son avantage. > Avant tous les autres lui répondit Alain : c Sire comte, tes paroles, ton orgueil, ton ambition nous feront demeurer ici, à court de tout; [4165] car vous serez vieux et chenu avant d'avoir la ville, la tour ni les parapets. Et il me semble , et aux autres également , que Jésus-Christ ne veut pas que fausseté ait plus longtemps le dessus. Avec cela, si le comte est jeune et enfant, [41 70] il est de bonne nature, bon, bel et grand ; il a pouvoir et force et bons défenseurs, il nous détruit, nous abaisse, et fait pencher la balance de son côté (?) . Et il est bien d'une race à se grandir et à se pousser en avant, car Richart fut son oncle * et Bertran8 son parent. [4175] Prétendre qu'il est malheureux4, je dis que c'est un enfantillage, quand, du
i . Ceci est assez elliptique. Je pense qu'il veut dire que son oriflamme, en conformité avec la décision de l'Église, porte les armes de Toulouse; par suite, ce qui l'irrite particulièrement c'est que ses adversaires ont pour cri de ralliement Toulouse?