‹ La chanson de la croisade contre les Albigeois, commencéeChapitre 162 sur 303 · Son enseigne où il y avait un lion · texte numérisé non relu

Son enseigne où il y avait un lion

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c qu'on les lui livre, et vous serez bien sots si vous € vous laisse* prendre là dehors. » Et eux de s'en aller à la course ! [5095] Mais tandis que les Toulousains se consultent dans la ville, la mesnie du comte, sergents et damoiseaux, enfoncent les coffres et pillent l'argent ; et ils disaient à leurs hôtes, les écuyera et les valets : c Aujourd'hui vous recevrez le martyre, ou € vous.donnerez rançon , [54 00] car vous avez excité c la colère de monseigneur Simon. » Et ils répondirent tout bas, entre leurs dents : c Dieu ! comme vous € nous avez livrés à Pharaon ! » Par les rues pleurent dames et enfançons ; mais cependant par toute la ville s'élève le cri : [5105] c Barons, aux armes; voici le c moment où nous aurons à nous défendre contre le c fer et le lion, car mieux vaut une mort honorable c que vivre en prison ! > De toutes parts accourent en grande hâte chevaliers, bourgeois, sergents, troupes communales, [5110] chacun apportant un armement complet : écu ou chapeau, pourpoint ou gambeson, et hache émoulue,, faucille ou pilon (?), arc à main ou arbalète, ou bonne lame emmanchée, ou couteau1 ou gorgerin, camail ou hoqueton. [5415] Et quand ils furent ensemble, les fils et les pères, dames et demoiselles, tous à F envi placent les barrières, chacun devant sa maison. Les huches, les coffres, les bâtons, les pilons (?), les tonneaux qui roulent, les poutres, les chevrons [5120] sont appuyés d'un côté sur la terre, de l'autre sur des tables, et du bas sur les

1. Cotd; comme d'ailleurs le v. 5114 ne mentionne que des armes défensives, il se pourrait que cotel eût été écrit ici par erreur au lieu de clavel, voy. p. 229, n. 1.

[4246] CBOMADB COHTRI LIS ALBWEOH. 267

perrons1. Par toute la ville la défense se prépare, tellement que les cris, le vacarme, les trompes font retentir les rues et le ciel. Montfort! leur crièrent Français et Bourguignons, [51 25] et ceux de la ville : Toulouse! Beaucaire! Avignon! Là où ils se rencontrèrent, se précipitant à l'envi, ils se frappèrent avec fureur et acharnement9. Lances et épées, piques, tronçons, traits, pierres, masses, tisons, [5430], flèches, guisarmes, lames, penons, pics, barrières et pierres, planches, moellons, viennent de toutes parts, de face et de côté, de sorte qu'on voit se briser heaumes, écus, arçons, tètes, cervelles, poitrines, mentons, [51 35] bras, jambes, poings, fesses (?) . Si acharnée est la lutte qu'ils (les Toulousains) les mènent battant, eux et le comte Gui. Et lorsque les croisés se virent à bout de ressources, le comte de Montfort s'écria : € Flambez c tout! » [5140] Alors s'allumèrent les torches et les brandons. Mais à Saint-Remezi3, en haut de Jouzaigues4 et au plan de Sain t-É tienne on se bat. Les Français sont retranchés dans l'église, dans la tour Mascaron et dans le palais de l'évêque; [5145] et les nôtres luttent contre le feu, et font des abattis de toutes parts pour faire face aux attaques.

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