‹ La chanson de la croisade contre les Albigeois, commencéeChapitre 17 sur 303 · c Vicecomes Biterrensis, Raimundus Rogerii nomine · texte numérisé non relu

c Vicecomes Biterrensis, Raimundus Rogerii nomine

promiserat firmissime Biterrensis civitatis civibus quod eos nullatenus desereret... » P. de Y. -G. ch. xv, Bouquet XIX, 20 a.

2. Dans un acte de mai 1204 R. Rogier mentionne parmi les membres de sa cour un juif, Samuel, qu'il qualifie de < bajulus et executor meus • (Doat LXII, 9).

3. € Pervenientes igitur Biterrim nostri transmiserunt in civitatem ipsius civitatis episcopum qui exierat obviam eis, videlicet Reginaldum de Montepessulano, virum state, vita, scientia venerandum. » P. de V.-G., cb. xv, Bouq. XIX, 20 a.

4. On peut suppléer fvoy. la note du v. 386, au t. I) : c il leur « conseillait de rendre la ville aux croisés, les assurant... » — 8i on admettait au v. 387 la correction pendran au lieu de perdran,

on pourrait traduire, sans supposer de lacune : c et leurs

< meubles, ils cèdent aux Croisés (lor seit rendu) une part de ce c qu'ils (eft, les croisés) prendront. •

[4209] caoïsure contre us albigeois. 23

corder avec le clergé et avec la croisade plutôt que d'être passés au fil de l'épée1. [395] Mais à la majorité du peuple sachez que ce projet n'agrée point ; loin de là, ils disent qu'ils se laisseraient noyer dans la mer, plutôt que de consentir à ces propositions, et que les croisés n'auront du leur un denier vaillant pour qu'ensuite leur seignçur soit remplacé par un autre. [400] Ils n'imaginent pas que l'ost puisse durer, [ils croient] qu'avant quinze jours elle se sera dispersée, car ils (les croisés) occupent bien une grande lieue de long ; à peine tiennent-ils en chemin ni en route. Ceux de Béziers croient leur cité si fortement fermée, [405] et [si bien] close et garnie de murs tout à l'entour, que d'un mois tout entier [les croisés] ne la sauraient forcer. Salomon dit à la reine de Saba * la sage , que de ce que fol pense bien souvent peu de chose se réalise. Quand l'évêque connut que la croisade était engagée, [41 0] que [les habitants] ne prisaient son exhortation une pomme pelée, il remonta sur la mule qu'il avait amenée, et s'en alla vers l'ost qui s'est mise en route.

i . La démarche de l'évoque de Béziers est exposée avec une tout autre précision par P. de V.-C., et dès lors la résistance des habitants de Béziers devient fort naturelle et môme grandement honorable. Ge que l'évêque était chargé de leur demander, ce n'était rien de moins que de livrer aux croisés les hérétiques qu'ils avaient parmi eux et dont il avait dressé la liste (P. de V.-C. /. I.). Le même fait est encore constaté dans la lettre des légats à Innocent III (Innoc. HT epist. 1. XII, ep. cvin).

2. Austria dans le texte, à cause de l'expression Regina Auttri de Math, xii, 42, et de Luc xi, 31. La maxime qui suit doit être imitée librement du livre des Proverbes : voir xvm, 2; xxrv, 9, etc. La forme ordinaire de ce prov. est en français : c Molt remaint de ce que fols pense •; voy. Le Roux de Lincy, Le livre de* proverbes français, II, 490; Pierre Cochon, Chronique normande, éd. Ch. de Beaurepaire, p. 42, etc.

Ceux qui sortirent de la ville avec lui sauvèrent leur vie, et ceux qui restèrent le payèrent cher. [415] Aussitôt qu'il le put , sans plus tarder, l'évèque a fait son récit à l'abbé de Glteaux ainsi qu'aux autres barons qui l'ont bien écouté, qui les tiennent (les habitants) pour gent sotte et insensée. Ils savent bien que la mort les attend, [420] et le tourment et la peine.

Ce fut à la fête de la Madeleine \ que l'abbé de Gîteaux amena sa grande ost ; tout à l'en tour de Béziers elle campe par la plaine. Maintenant je crois que pour les habitants se préparent les tourments et la peine, [425] car jamais l'ost de Ménélas, à qui Paris enleva Hélène, ne dressa des tentes aussi nombreuses au port, sous Mycènes, ni autant de riches pavillons, la nuit, en plein air, que l'ost des Français. A part le comte de Brienne \ il n'y eut baron en France qui n'y fit sa quarantaine8. [430] Pour les barons de la ville ce fut alors une mauvaise étrenne lorsqu'on leur conseilla. . .4 Ils passèrent toute la semaine à escarmoucher. Or entendez ce que faisaient ces vilains qui sont plus fous et simples que la baleine : [435] avec leurs bannières blanches de grosse toile ils vont courant par l'ost criant à haute voix ; ils croient les épouvanter, comme on chasse des oiseaux d'un champ d'avoine, en criant,

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