‹ La chanson de la croisade contre les Albigeois, commencéeChapitre 225 sur 303 · Le fils de Philippe-Auguste, plus tard Louis VIII · texte numérisé non relu

Le fils de Philippe-Auguste, plus tard Louis VIII

360 G10ISADB CONTEE LES ALBI610I8. [4247]

est la source du mal. Mais s'il arrivait que le roi ne pût les conquérir, je ne sais plus quel conseil prendre, sinon de renoncer. [71 1 0] Ce que Dieu décide, saint George l'exécute. — Sire, » dit l'évéque, puisque vous m'en avez requis, je ferai le message tout droit à Saint-Denis ; et à la Pentecôte , quand la saison reverdit, je vous amènerai un tel nombre de croisés et de pèlerins, [74 4 5] qui apporteront de l'argent, des marcs et des esterlins, Allemands et Français, Bretons et Poitevins, Normands et Champenois, Flamands et Angevins ; et il y en aura tant d'autres entre riches et pauvres, et le siège sera tel, par eau et par terre, [71 20] que dans la Garonne il ne restera pas un moulin. Nous ne partirons pas jusqu'à tant que nous les ayons pris, et la ville et le pays seront à nous. — Seigneurs, je ne sais que dire, » dit Hugues de Laci, c car il me parait que saint Sernin est avec eux, [7125] les protégeant, les dirigeant, à ce qu'il semble, ainsi que leur pays. • Ils parièrent ainsi jusqu'à la tombée de la nuit ; et, à l'aube du jour, lorsque le jour brilla, l'évéque partit, accompagné de Foucaut de Berzi, de la comtesse et de Pierre de Voisins, [71 30] passant par les bois par crainte des bannis.

Dans Toulouse restèrent le puissant comte palatin1, Bernart de Gomminges, Bernart Moltadis', le preux

1. Ce titre, qui n'est sans doute ici qu'une épithète d'ornement, amenée par la rime, comme en d'autres poèmes (voy. G. Ànelier, 2800), a été porté par les plus anciens comtes de Toulouse ; voy. Du Gange, Dissertation xrv (Glots. VU, 63).

2. Est-ce une faute, pour Montaldû f En ce cas le personnage ici mentionné pourrait être identifié avec le Bernart de Montaut qui figure aux vers 7616 et 9531.

Rôgier Bernart qui me dore et me met en splendeur, Dalmatz deCreixell, qui grandit et prospère, [7135] Bertran Jordan et Ot, et l'habile Amalvis, le bon tlgo de la lâota, en qui Piix a sa demeure, W. Arnaudon, homme sûr et fidèle. Bernart de Gomminges a pris aascogne contre les enneguerre plus vivement et

la ville, au cœur entier,

'courent les chemins, les

les voies, faisant entrer

le, le pain, le vin. [7145]

est planté un jardin qui,

chaque jour, bourgeonne et fleurit, et est planté de

lys, mais le blanc et le vermeil qui y graine et fleurit

est chair et sang et carnage et cervelles; selon péché

ou selon miséricorde, [7150] enfer et paradis se

peuplent de nouvelles âmes1.

La ville entière est en allégresse et en triomphe, et l'un dit à l'autre : « Voici un surcroît de joie et de c plaisir, puisque don Pelfort.' entre, le preux, le c sage, notre ami chéri ! » [71 55] Au dedans et au dehors chacun se fortifie ; mais telles sont les pertes, le mal, le fracas, qu'ils demeurèrent de longs jours sans s'attaquer, jusqu'à Pâques.

1 . Le partisan des Français dont il a été question plus haut, p. 300.

2. Si on traduisait exactement on aurait ceci : * esprits et antes (distinction dont le but est simplement d'arriver à compléter l'hémistiche), péché et merci peuplent à nouveau enfer et paradis. •

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