Rogier de Montant; voy. p. 297 n
5. Guirant de Gonrdon? voy. p. 344 n. 2, on Guiraut Unaut? voy. p. 363 n. 2.
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qui est bon et agréable, manda au Chapitre et aux conseillers de la commune et aux autres prudhommes, bourgeois et marchands, de réunir les ingénieurs, les mariniers, les manoeuvres, les bonnes compagnies, les sergents loués, [7625] pour secourir les tours, car il y a presse. Ils répondirent : c Nous le ferons volonc tiers. > Parmi la ville ils choisissent les ouvriers, et à la tète du pont1 ils placent les charpentiers. Hais ceux-ci redoutèrent de passer, car la voie est périlleuse, [7630] le pont étant écroulé par morceaux dans le fleuve. Cependant Pedro Domingo, un vaillant écuyer d'Aragon, se' risqua, et fît pour fixer la corde deux voyages complets (?) [7635] Du dedans comme du dehors cent mile hommes le regardent, se disant l'un à l'autre : c Voilà un homme leste! > Puis ils firent un pont de cordes, avec claies transversales*, et par ce moyen la voie fut établie jusqu'à la vieille tour. Hais pour secourir l'autre tour, la difficulté est plus grande, [7640] car il n'y a ni passage, ni pont, ni escalier. D'une tour à l'autre, avec de longues cordelettes doubles, ils font passer, en un panier de roseau9 qui ressemblait à une carnassière, les vivres et les carreaux acérés. Pourtant Ugo de la Hôte, un vaillant chevalier, [7645] accompli dans les armes et dans tout autre métier, se mit à l'eau le premier avec une bonne
1. Du côté de Toulouse, sur la rive droite. On a vu, v. 7577, que le pont avait été enlevé par les eaux.
2. C'est le sens le plus naturel, quoiqu'il oblige de rapporter traverser* , qui est masculin, à cledat, qui est féminin.
3. «Pavais tradnit, au vocabulaire, cetca par glaïeul, d'après le Glossaire botanique de M. Azais; M. J. Bauquier fait remarquer (JRomanta, VI, 453) que ce mot désigne proprement les plantes du genre typha, notamment le roseau des étangs.
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compagnie, pour aller défendre la tour avec les membres du Chapitre. Mais si fortes étaient les ondes, si rapide le courant, qu'il ne put y arriver et passa de côté, [7650] tandis qu'à l'autre pont1 on se battait, recevant et donnant de grands coups mortels. Mais voici que le Chapitre, vaillant et actif, se risque dans l'eau profonde : ils fortifient la tour et la ravitaillent. [7655] Le comte de Montfort, guerrier intrépide, veut ruiner la tour et ses créneaux ; nuit et jour, à coups pressés de pierres de taille, de pierres rondes, le calabre la bat, le pierrier la démolit, [7660] si bien que tout le mur est brisé, avec portes, voûtes, pierres d'arêtes, et que le mortier tombe. Ceux du dedans voyant qu'il n'y a rien à faire, le cœur intrépide, l'imprécation à la bouche, reçoivent tant de blessures, [7665] que leurs braies sont tachées de sang. Pleins de dépit, cédant à la force, le cœur noir, ils abandonnent la tour, où monte le héraut du comte de Montfort et de ses pèlerins qui poussent des clameurs joyeuses.
[7670] Ils poussent des clameurs joyeuses et crient Montfort ! c Car le terme est venu où nous recou vrec rons la terre et vous ferons déguerpir! » Mais ceux de l'autre tour répondirent : c C'est ce qui sera c décidé par le fer au milieu des larmes; [7675] et € si vous êtes mauvais , méchants, vantards, nous
1. Le sens probable est « à l'antre bout du pont i ; la lutte avait lieu outre les assaillants établis sur la rive gauche , et les défenseurs de celle des deux tours qui était la plus rapprochée de cette rive.
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« avons pour nous le droit, la ville, courage et notre € seigneur. * Mais ce n'est point merveille s'ils se donnèrent peur, n'ayant ni roi ni comte1 ni personne pour les protéger, sinon Dieu Jésus-Christ qui les aime et les secourt. [7680] Le comte de Montfort et ses adhérents ont planté l'oriflamme sur la tour entourée d'eau. Si fort s'approchèrent les nôtres et les leurs, qu'au milieu du fleuve archers et mariniers se battent ensemble nuit et jour, [7685] et qu'ils se blessent leurs chevaux à l'abreuvoir. Sur ces entrefaites une grande splendeur luit par la ville, les protège, les fait renaître et leur donne du cœur : Bernart
de Gasnac* est venu 8 avec bonne compagnie et
cœur vaillant, [7690] pour défendre la ville et combattre pour eux. Jamais vous ne vîtes son pareil pour la droiture, ni chevalier d'un mérite plus accompli : il a sens et largesse et cœur d'empereur ; il gouverne Parage et guide Valeur. [7695] Pour rétablir le droit, pour écraser le mal, il est venu par zèle défendre Toulouse et le comte ; avec lui Raimon de Vais qui est de sa parenté, et Vezian de Lomagne4, un vaillant vavasseur. Les membres du Chapitre, gouverneurs de la ville, [7700] entrèrent avec joie6 accompagnés