Probablement une vieille salle du Château Narbonnais
[4248] caot&Afti couru lis albigeois. 413
paille *. Et je m'étonne que Dieu y ait consenti, et ne Tait point laissé vivre pour la sainte Église et pour nous. [854 5] Et puisque le comte est mort, faisons sans perte de temps un comte de son fils Amauri : il est prudhemme et sage et -a bon cœur et vaillant, et donnons-lui la terre que son père a conquise. Que par les pays aillent les sermons et les prédications , [8520 J et mourons ensemble ici comme le comte y est mort ! Nous adresserons des messagers en France, au bon roi notre ami, afin que Tan prochain il nous envoie son fils Louis pour détruire la ville et qu'elle ne soit plufe réédifiée. — Sire*, » dit l'évèque, c je ne vous contredis en rien ; [8525] et le seigneur pape qui l'aimait et le choisit, le mettra dans le lieu où il a enseveli saint Pierre3; et qu'il en fasse un saint ! car c'était un obéissant serviteur de l'Église, car il est saint et martyr, et je me porte garant que jamais comte en ce monde n'a failli moins que loi ; [8530] car, depuis que Dieu reçut martyre et fut mis en croix , il n'a permis aucune perte plus grave que celle du comte; et [pourtant] lui ni la sainte Église n'ont eu ami meilleur. — Seigneurs, » dit le comte de Soissons, c je vous reprends : afin que la sainte Église n'en ait pas mauvais renom, [8535] cessez de l'appeler saint ; car jamais on ne mentit si bien qu'en lui don-
1. Expression figurée qui équivaut à : « nous perdons tout i .
2. Il y a senhors dans le texte : je traduis comme s'il y avait senher.
3. Ce lieu, que le texte qualifie de consiâtori, est la basilique de Saint-Laurent : cf. les Bollandistes, 29 juin, AnaUcta de SS. Petro et Paulo, n° 59.
42J CROISADE COUTBJB LB8 ALUGBOt». [4 24 8]
c nant ce nom, puisqu'il est mort saus confession1, c Mais, s'il a aimé <et servi la sainte Église, priez Dieu c Jésus-Christ d'épargner son âme. >
Chacun en son cœur approuva la décision [du cardinal], [8540] et Àmauri posséda la terre entière. Le cardinal la lui livra et puis le bénit1.
Le vaillant jeune comte sortit de Toulouse, car Bertran Jourdain manda ses hommes et tout d'abord, fit un acte d'énergie, car il se montra l'ami du jeune comte et dévoué à ses intérêts, au point [8545] qu'il lui rendit l'Isle8, et la fortifia pour lui.
Les barons du siège, le cœur plein de rancune, restèrent encore quatre jours sans se mouvoir, jusqu'au dimanche4.
CCVH.
Le dimanche, le temps se gâta; [8550] le vent, la tempête, l'ouragan s'étendirent par le pays, dispersant les semences (?). Les hommes de Toulouse et le peuple joyeux placent les sentinelles sur les remparts et rentrent tous dans la ville pour manger. [8555] Au dehors les assiégeants tiennent conseil, et s'imaginent prendre la ville à coup sûr. Ils ne sont pas longs à se mettre à
. i.Cf. v*. 8465 et 8478.
2. Il se peut qu'il y ait ici une lacune, car la réd. en pr. prête à Amauri un discours dont il n'y a pas trace dans le poème; voy. au t. I la note du v. 8539.