‹ La chanson de la croisade contre les Albigeois, commencéeChapitre 283 sur 303 · Le fils du roi de France, comme plus haut, v. 3139 et · texte numérisé non relu

Le fils du roi de France, comme plus haut, v. 3139 et

4. Il y a probablement ici de l'exagération. Guillaume le Breton donne un dénombrement moins considérable (Bouquet, XVII, 276).

Tune rex magnanimns, perennti in partions illes Compatient fidei, pietatis semper abondai» Visceribus super afflictos, tam grande periclnm Antidotare volen», ad sola stipendia fisci Sexcentos équités et millia dena clientes Armis Instructos, animoque et corpore fortes, Misit Amalrico succorsum in tempore gratam.

nois, les approvisionnements, occupent les places, les jardins, les vergers, et le roi est descendu en sa tente au milieu de la joie générale. [9250] Quand ceux de la ville eurent reconnu le roi, ce n'est pas merveille s'ils furent éperdus. Chacun se dit en son cœur qu'il eût mieux aimé n'être pas né. À la première attaque les croisés leur ont enlevé les fossés et les lices, [9255] brisé et enfoncé ponts et barrières. Après ce combat on entra en pourparlers, et ceux de la ville se tinrent pour sauvés, car, de propos délibéré et d'après une convention arrêtée, le comte Gentule et les siens se sont rendus au roi.

[9260] Dans le pavillon royal, resplendissant d'or battu, les prélats de l'église se sont assemblés avec le roi, et les barons de France s'assirent devant lui. Le roi s'est accoudé sur un coussin de soie, et plia son gant droit cousu d'or. [9265] Les assistants prêtèrent l'oreille aux discours les uns des autres, tandis que le roi semblait muet. Mais l'évèqùe de Saintes, homme intelligent, prend la parole au milieu de l'attention générale : « Puissant roi, voici que vous arrivent joie, honneur et salut. Du royaume de France vous êtes sorti , vous vous êtes mis en marche [9270] pour protéger l'Église et sa dignité. Et puisque vous gouvernez et conduisez sainte Église, l'Église vous mande — et gardezvous de lui désobéir — de livrer au comte Âmauri le comte [Gentule] qui s'est rendu à vous, car c'est chose due, [9275] pour qu'il le brûle ou le pende. Votre devoir est de l'aider, comme aussi de lui livrer la ville et ses habitants, hérétiques notoires, sur qui le glaive et la mort se sont appesantis. * Le

comte de Saint-Pol 1 s'irrita, et dit : c Par Dieu, sire évêque, on ne suivra pas votre avis. [9280] Confondu soit le roi, s'il livre le comte ! La noblesse de France en sera à tout jamais honnie. » Le comte de Bretagne2 dit : c Puisqu'il a été reçu à merci, la couronne de France sera déshonorée si le comte est trahi. — Sire, » dit Tévêque de Béaders3, [9285] le roi de France sera couvert, si on l'attaque, en disant que la sainte Église les a exigés et repris. — Barons, » dit le roi, c puisque c'est l'Église qui m'amène ici, son droit ne sera pas disputé. Et puisque W comte s'est brouillé avec l'Église [9290] que 'Église en fasse à sa volonté avecsesprisonniers 4. > Mais l'archevêque d'Àuch lui a répondu sur le champ : c Par Dieu ! beau sire roi, si le droit est respecté, ni le comte ni sa mesnie ne seront pas mis à mort, car il n'est pas hérétique, ni faux, ni mécréant; [9295] loin de là, il a suivi la croisade et maintenu ses droits5. Encore bien qu'il se soit mal comporté envers l'Église, il n'est cependant pas hérétique ni accusé en matière de foi, et c'est le devoir de l'Église de recevoir les pécheurs abattus, afin que leur âme ne tombe pas en perdition. [9300] Voici que Foucaut est en prison, à Toulouse : si le comte est mis à mort, Foucaut sera pendu. — Sire archevêque, » dit Guillaume des

1. Gauchier de Châtillon qui mourut peu après, Art. de vértf. les dates, II, 775.

2. Pierre Mauderc (1243-50). D'après Guill. le Breton il partit avec le fils de Philippe-Auguste (Bouquet, XVII, 113, c d).

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