Voir au 1. 1 la note sur le v
3. G. de Tud. combat ici la version populaire qui parait avoir été courante dans le Midi, et qu'il semblait admettre précédemment, au v. 356-7 et 743-4. L'auteur de la seconde partie y croyait évidemment (v. 3361). Le biographe d'Arnautde Mareuil (écrivant certainement avant 1250) admet le fait comme incontesté, lorsqu'il parle de la comtesse de Béziers c mère du vicomte de Béziers que les Français occirent lorsqu'ils l'eurent pris à Garcassonne • (Raynouard, Choix, V, 45; Par», occit. 15). Je ne compte pas leplanh du troubadour Guillem Augier de Béziers sur la mort violente d'un vicomte de Béziers (Raynouard, Ch. IV, 46; cf. Hist. lit t. de la France, XVIII, 551), ce vicomte pouvant être Raimon Trenvacel ( + 1167, Vaissète, m, 17-8) aussi bien que Raimon Rogier; mais le témoignage d'Innocent ni, écrivant au légat que le vicomte avait été c ad ultimum miserabiliter interfectus i (XV, ccxn), montre que ce qu'on peut appeler la version méridionale de la mort du vicomte avait obtenu une créance assez générale. Dans le sens opposé les témoignages en accord avec G. de Tud. sont ceux de P. de V.-G. (ch. zxvi) qui ne mentionne pas l'autre version, et de G. de Puylaurens (ch. xrv; Bouquet, XIX, 202 d) qui semble en cet endroit avoir copié G. de Tudèle. — D'après un ancien nécrologe i Vaissète, II, pr. 15), le vicomte de Béziers mourut le 10 nov. 1209.
pour rien qu'on puisse imaginer ni qui soit au monde, qu'on le tuât.
Le comte de Montfort, ainsi que je vous l'ai dit précédemment, [870] fut prié par tous les comtes, les princes et les marquis de recevoir la terre, le fief et le pays. Et il y consentit à condition, ce m'est avis, qu'ils l'aideraient si besoin lui était, et il exigea que chacun s'y engageât par serment. [875] Cependant le comte de Toulouse a envoyé chercher son fils, parce que les barons de l'armée, ceux du côté de Paris, ses amis, voulaient le voir. Raimon de Ricaud1 l'amena un jeudi. L'enfant était très-beau et bien appris, [880] car Geoffroi de Poitiers* s'en était bien occupé. Le duc9
1. Probablement Ricaud, canton de Castelnaudary, Ande. Il y a un antre lieu du môme nom dans les Hautes-Pyrénées et deux dans le Gers. Le personnage dont il est ici question parait avoir été le familier des comtes de Toulouse Raimon V et Raimon VI. En 1190 il reçoit pour le premier une donation importante (Teulet, Layette» du Trésor des chartes, n° 372). En 1192, 1194, 1201, 1202, 1203, 1204, 1211 (Teulet, n<>» 399, 413, 623, 650, 699, 710, 959), il figure comme premier témoin en des transactions où le comte de Toulouse est intéressé. En 1203 Raimon VI était témoin de l'acte par lequel Guillem Saiseet constituait un douaire de 3500 sous de Toulouse à sa femme Mathilde, fille de R. de Ricaud (Teulet, 695). Nous savons qu'à cette date il était bailli du comte de Toulouse, et qu'en 1210 il prenait la qualité de sénéchal (Vaissète, III, 606). D. Vaissète pense que les fonctions de bailli et de sénéchal étaient identiques, et qu'il n'y a qu'un changement de titre. Je n'ai pas réussi à saisir la portée de l'objection que M. Boutaric a faite à cette opinion de D. Vaissète, Bïbl. de VÉc. des ch. 4, I, 534-5, et Saint Louis et Alphonse de Poitiers, p. 140-1.