Arr. de Mannande
$6 CI0I810E CONTRB LB8 ALIIOBOI8. [4240]
XLVU.
Les bourgeois de Toulouse, ceux de la confrérie, et les bourgeois du Bourg1 étaient toujours en débat, [1 040] et, au bout du compte, ils n'aboutirent à rien qui valût un gland ou une pomme pourrie. — Les adhérents des hérétiques, ceux qui sont liés avec eux, vont disant que l'évêque, l'abbé [de Glteaux] et le clergé cherchent à mettre la brouille entre eux et les bourgeois de Toulouse, afin que par cette folie [1 045] l'un détruise l'autre ; car s'ils faisaient cause commune, tous les croisés du monde ne pourraient leur faire dommage. Au comte ils font entendre [cela] et à son entourage, la folle gent mauvaise qui est entrée dans l'hérésie. Us verront un jour, si Dieu me bénit, [1050] quel conseil leur ont donné ceux que Dieu puisse maudire ! Par cela tout sera détruit, et la terre dévastée, et par la gent étrangère désolée et ravagée ; car les Français de France ' et les Lombards3, et tout le
1. Guillaume de Puylaurens nous apprend (chap. xv) qu'il s'était formé à Toulouse, à l'instigation de l'évêque Folquet, une confrérie ayant pour but la destruction de l'hérésie et de l'usure; que par contre il s'était établi dans le Bourg une autre confrérie décidée à résister à la première. La confrérie à laquelle fait allusion G. de Tud. est celle de Folquet, celle qu'au dire de G. de Puylaurens on appelait confrérie blanche. Par les c bourgeois du Bourg » (v. 1039), l'auteur désigne évidemment la confrérie noire. — Le Boury était la partie de la ville construite en dehors de la cité, au nord de la ville sur la rive droite de la Garonne.
2. C'est-à-dire de la France proprement dite, les pays de langue d'oui.
3. Lombards doit vraisemblablement être ici entendu au sens général d'Italiens qu'il a souvent au moyen-âge :
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monde leur court sus et leur porte haine [1055] plus qu'à gent Sarrasine.
Seigneurs, ce fut en été, quand l'hiver décline, que le doux temps revient et que renaît la chaleur. Le comte de Hontfort se prépare à aller en expédition. Devant le château de Minerve qui est vers la mer \ [1 060] il mit le siège, car telle était sa volonté ; et il dresse ses catapultes , et fait Malevoisine * de ses autres pierrières dame et reine. Il détruit les murs élevés et la salle de pierre maçonnée en mortier de sable et de chaux, [4065] qui avaient coûté force bons deniers et force masmudines 3. Si le roi de Maroc avec sa gent Sarrasine en faisait le siège , par sainte Catherine ! il ne leur ferait pas pour un angevin de dommage ; mais contre l'ost de Christ, qui met à fin
Et Italie que Ton dit Lombardie
(Roman de Girart de RouiUon, éd. Mignard, v. 105.) c ... apud Lombardot sea Ytalicos », Henri de Grissey (fin du xiv* s.) dans Thurot, Notices et extraite des mes. XXII, 131 . On a vu ci-dessus Rome placée en c Lombardia » v. 50. Cf. Diez, Etym. Wmrt. II c, Lombard. Pour une application plus spéciale de ce nom, voir plus loin la note sur le v. 1263.
1. Par rapport au lieu où écrivait l'auteur, car Minerve (canton d'Olonzac, arrondissement de Saint-Pons, Hérault) est à près de 40 kil. de la mer. Les ruines du château subsistent encore. C'est, d'après P. de V.-G. (en. xxxvi), aux environs de la Saint-Jean* Baptiste (24 juin) que le siège commença.
2. Malevoisine parait avoir été le nom commun des machines de siège; voy. Du Gange au mot Malveisin. P. de V.-G. fait aussi mention de cette pierrière dans le long chapitre qu'il a consacré au siège de Minerve (en. xxxvn).