‹ La chanson de la croisade contre les Albigeois, commencéeChapitre 38 sur 303 · Monnaie des Almohades; voy. le vocabulaire · texte numérisé non relu

Monnaie des Almohades; voy. le vocabulaire

58 CB0ISADK COHT&B LES ALBIGEOIS. [4240]

toute gent, [4 070] ne peuvent tenir ni roche élevée et escarpée, ni château en montagne.

Le château de Minerve n'est point assis en plaine, mais, que Foi me vienne en aide ! il est sur une haute montagne : il n'y a plus fort château jusqu'aux ports d'Espagne, [1075] excepté Cabaret et Termes1 qui est à l'entrée de la Gerdagne. Guillem de Minerve* se repose et se baigne. Là il s'était placé avec toute sa compagnie ; mais nos Français et ceux du côté de la Champagne, Manceaux et Angevins et Bretons de Bretagne, [1 080] Lorrains et Frisons et ceux d'Allemagne, les en arrachent par force, avant que vienne la grêle, et y brûlent maint hérétique félon de mauvaise engeance, et nombre de folles hérétiques qui braillent dans le feu3. On ne leur laissa vaillant une châtaigne. [1 085] Puis on jeta les corps et les enfouit dans la boue,

1. Termes, l'ancien chef-lieu du Termenes, entre Narbonne et Limoux, maintenant canton de Mouthoumet, arr. deGarcassonne.

2. Nous avons quelques renseignements épars sur ce seigneur. Ainsi, en 1191, une sentence arbitrale est rendue par Bertran de Saissac sur une contestation entre c Guillelmus de Minerba » et le vicomte de Béziers. (Doat, CLXIX, 28.)

3. On trouvera des détails précis sur ces cruautés dans P. de Y.-G., cb. iixvn. Le môme auteur nous apprend, ce que G. de Tud. nous laissé ignorer, que la place rat prise par capitulation, et que Simon assigna à Guillem de Minerve de nouveaux revenus sur des terres sises prés de Béziers : f sed ille, non multo post, c spreta fidelitate quam Deo et comiti promiserat, recédons a c Deo et comité, se inimicis fidei sociavit. » Bouquet, p. 32 b. Nous le retrouverons en effet plus loin, au siège de Beaucaire et à celui de Toulouse (v. 4718, 4877, 9462), parmi les partisans de Raimon VI.

de peur que ces ordures infectassent notre gent étrangère1.

Quant Minerve fut prise, le comte fort se mit en route, et vînt à Pennautier, là haut en Car cassai s*, [1 090] et manda à la comtesse de venir l'y rejoindre 3. Elle y vint promptement, aussitôt qu'il l'eut mandée. Jamais plus sage femme, que Dieu et Foi me viennent en aide ! ne fut vue en ce monde ni loin ni près. Le comte 4 séjourna là trois jours en l'ost qui était nombreuse. U 095] Au jeudi, de bon matin, il entra en son palais, avec des princes, avec des barons ; et la résolution fut prise d'aller assiéger Termes, là haut en Termenais, un château merveilleux ; mais avant qu'il soit conquis, mainte âme sortira de corps, qui mourra sans confession, [1100] et maint marc et maint tournois seront dépensés au siège, et gagnés y seront chevaux et palefrois et force d'autres richesses et quantité de beaux harnois ; et de part et d'autre celui-là les aura qui n'était pas destiné à les avoir.

1. La prise de Minerve eut lien, selon P. de V.-C., c circa festum B. Magdalenœ » (ch. xxzix; Bouquet, p. 34 d), qui tombe le 22 juillet.

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