Il fendrait Vévêque de Lerida, Véoêque de Barcelone, etc
3. Petite ville située sur la frontière de V Aragon et de la Navarre, près de Tudèle.
4. Les vêtements des Cisterciens étaient à cette époque plutôt gris que blancs, voir Du Gange, ordo griseus, et d' Artois de Jubainville, Études sur l'état intérieur des abbayes cisterciennes, p. 134; cependant on les appelait aussi parfois monachi albi, Du Gange, ordo albus.
5. Le jour de l'Exaltation, 14 sept. Jusqu'à Tannée 1440 le chapitre général de Qteaux, formé de l'assemblée de tous les abbés de l'ordre, s'est ouvert le 12 ou le 13 sept.; voy. d'Artois de Jubeinville, ouvr. cité, p. 152.
40 CIOISADE CONTRE LBS ALBIGEOIS. [420g]
France et par tout le royaume1, quand on sait qu'on sera pardonné de ses péchés. Jamais, depuis ma naissance, je ne vis une aussi grande assemblée [que celle] qu'ils font contre les hérétiques et les sabotait* ; [4 70] car le duc de Bourgogne s'est alors croisé8 et le comte de Ne vers4 et maint puissant seigneur. Et je ne m'inquiète pas de dire comment ils furent armés, ce que coûtèrent les croix d'orfroi et de soie qu'ils se mirent sur la poitrine au côté droit5, [175] ni comment ils furent vêtus ni montés, ni comment leurs chevaux étaient bardés de fer et armoriés ; car jamais
1. La f France » c'est l'Ile-de-France, ou au plus le domaine direct du roi; c tout le royaume, » c'est tout le pays sur lequel s'étendait sa suzeraineté.
2. Sabotât ou ensabatat, Vaudois, Pauvres de Lyon, sont trois désignations d'une même secte (Du Gange, Sabattati) qui était fort distincte de celle des hérétiques Albigeois ou Cathares (Schmidt, Cathares, II, 267-70).
3. Eudes III, f 1218. On a de lui une charte qui se termine ainsi : c Actum anno incarnati verbi mccix cum iter arripuissam super Albigenses, mense Junio. » Bréquigny, Table chronol., IV, 473.
4. Hervé IV de Donzy, comte de Nevers par son mariage avec Mahaut, fille de Pierre de Gourtenai et d'Agnès, comtesse de Nevers ; Art de vér. les dates H, 565. Nous avons de lui deux actes, du 22 juin 1209, dans lesquels il fait mention de sa participation à la croisade (Gall. Christ, XII, instr. 149). — Le duc de Bourgogne, le comte de Nevers et le comte de 8aint-Pol dont il sera question plus loin (v. 266), paraissent être les premiers entre les seigneurs français, qui aient pris la croix. Ce sont les seuls que le pape désigne nominativement comme croisés dans sa lettre du 9 octobre 1208 (1. XI, ep. clviii, Potthast n° 3511).
5. Dans le texte j'ai indiqué par des points une lacune après le v. 173. M. A. Moiinier (Revue critique, 1876, 1, 227, note) est d'avis qu'une simple transposition suffirait à rétablir la suite du sens. Je me range à son opinion, sauf qu'au lieu de reporter, avec lui, les vers 172 et 173 après le v. 176, je me borne à les placer après 174.
Dieu ne fit savant ni clerc assez lettré pour vous en pouvoir rapporter ni la moitié ni le tiers, qui sût faire la liste des prêtres et des abbés [180] qui se joignirent à l'ost de Béziers .hors [de la ville J dans la plaine.
Quand le comte de Toulouse et les autres barons, et le vicomte de Béziers ont ouï le sermon : que les Français se croisent, je nç crois point qu'ils s'en réjouissent : [185] loin de là, ils en sont fort affligés, comme dit la chanson. À un parlement que tint le clergé à cette époque, là-haut1 à Àubenas, vint le comte Raimon ; là il s'agenouilla et fit son acte de contrition * devant monseigneur l'abbé (Ârnaut) , et le prie qu'il lui pardonne. [190] L'abbé répond qu'il ne le fera pas, qu'il n'en avait pas le pouvoir, si le pape de Rome et ses cardinaux ne lui donnaient à cet égard quelques instructions8. Je ne sais que vous en dire, ni pourquoi j'en ferais un long discours : le comte s'en retourne grand train ; [1 95] il prie le vicomte [de Béziers] son neveu 4 et le requiert de ne pas lui faire la
i. Là-haut, c'est-à-dire dans la direction du Nord; Aubenas est dans l'Ardèche, arr. de Privas.
2. S'afiiction (on $a fliction) : c'est proprement Faction de s'agenouiller pour faire pénitence.
3. Cette première entrevue du comte de Toulouse et du légat n'est mentionnée nulle autre part. D. Yaissète (III, 157) n'a pu la connaître que par la réd. en pr. qui à cet endroit s'est notablement écartée du texte en vers , voy. les notes sur 488 et 195.
4. La sœur de Raimon VI, Adélaïde, avait épousé en 1171 Roger U, vicomte de Garcassonne et de Béziers ; de ce mariage naquit Raimon Rogier, vers 1185 (Art de vit. les datée, II, 309),
guerre, de ne pas lui mouvoir querelle, et que tous deux soient à la défense, afin qu'eux ni le pays ne tombent dans la ruine. Celui-ci répond non par oui, mais par non. [200] Ils se quittent en mauvais termes, et le comte s'en va irrité, et se rend en Provence, à Arles et à Avignon.
Seigneurs, maintenant se renforcent les vers de la chanson qui fut bien commencée Tan de l'Incarnation du Seigneur Jésus-Christ, sans mot de mensonge, [205] où il y eut 1210 ans qu'il vint en ce monde ; et ce fut en mai, quand fleurissent les buissons. Maître Guillaume la fit à Montaubanoù il fut1. Certes, s'il avait bonne chance ou don, comme ont tant de fous jongleurs, tant de mauvais gars, [21 0] certes aucun prudhomme courtois ne devrait faillir à lui donner cheval ou palefroi breton pour le porter doucement par le sablon, ou vêtement de soie, paile, ou ciglaton ; mais nous voyons le monde tourner à mal, [21 5] à tel point que les riches hommes mauvais, qui devraient être preux, ne veulent donner la valeur d'un bouton. Et moi je ne leur demande pas la valeur d'un charbon de la plus méchante cendre qu'il y ait au foyer. Dieu les confonde, qui fit le ciel et l'air, [220] et sainte Marie mère ! *
qui, dans un acte de mai 1204 (Doat LXH, 9), se déclare « ma- < jorem decem et octo annis. »