Voy. au texte la note sur le v
[4209] CBOISADBCOflTBB LES ALBIGEOIS. J5
Seigneurs, cette ost fut commencée ainsi que vous avez oui en la geste écrite. L'abbé de Clteaux fut en la chevauchée, avec lui les archevêques et mainte gent lettrée, [260] de sorte que leur défilé, lorsqu'ils sont campés, et qu'ils vont à un conseil ou à quelque assemblée, dure plus que l'ost de Milan1 quand elle est toute réunie. De l'autre part chevauche avec toute sa mesnie le preux duc de Narbonne*, son enseigne déployée ; [265] et le comte de Nevers a élevé sa bannière, et le comte de Saint-Pol 3 avec belle gent armée, et le comte P. d'Auxerre4 avec toute sa mesnie, et le comte Guillaume de Genève5 d'une terre riche ; Àdémar de Poitiers, qui est en guerre [270] avec le comte de Forez, guerre qui souvent se renouvelle, avec la gent
1. L'auteur fait peut-être allusion ici à un événement qui se produisait au temps môme où il écrivait : à la guerre des Milanais contre les habitants de Crémone et de Pavie, en 4213. Cependant, au v. 1940, Milan intervient comme un terme de comparaison banal, sans allusion à aucun fait en particulier. '
2. Il n'y avait pas de duc de Narbonne ; il est probable que le copiste aura écrit Narbona pour Bergonha : cf. v. 170.
3. Gaucbier de Ghâtillon; voy. Art de vér. les dates, II, 775.
4. Pierre de Courtenai, petit-fils de Louis le Gros, comte d'Auxerre par son mariage avec Agnès, héritière des comtes de Nevers et d'Auxerre, mort empereur de Constantinople en 1219.
5. Guillaume II, qui parait n'avoir porté officiellement le titre de comte qu'à partir de 1219, voy. le Regeste genevois, publié par la Société d'histoire et d'archéologie de Genève (1866), n° 574. Le plus ancien acte qu'on ait de lui, où il est qualifié de vir prude** et nobilis, est de 1205 (Regeste genevois, n° 492). On n'a pas d'autre témoignage que celui de la chanson sur sa participation à la croisade.
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de sa terre qu'il a amenée1; P. Bermon d'Ànduze*. Jusqu'à ce soir je ne vous aurais pas raconté, ni jusqu'au matin, ceux qui de Provence vinrent à la croisade, [275] la multitude qui s'était assemblée et dont on ne saurait estimer le nombre3, sans la cavalerie innombrable qu'amènent les Français.
L'ost fut merveilleuse, vrai comme je crois! [280] vingt mille chevaliers armés de toutes pièces, et plus de deux cent mille vilains et paysans. Gela sans compter le clergé et les bourgeois. Toute la gent d'Auvergne, de loin et de près, de Bourgogne, de France1, de Limousin [y est venue] ; [285] il y en a du monde entier : Allemands, Tiois, Poitevins, Gascons, Rouergats, Saintongeais. Onques Dieu ne fit clerc, qui, si grand peine qu'il y mît, pût les mettre tous par
4 . La traduction de ce passage est toute conjecturale ; elle est conforme à la correction proposée au y. 269. A l'incertitude du texte s'ajoute cette circonstance , qu'il est ici fait allusion à des événements que nous ne connaissons pas. Adémar de Poitiers fut comte de Valentinois et de Diois de 4188 à 4230, et le comte de Forez doit être Gui II f vers 1210, ou Gui IV f 4241, mais je ne trouve pas trace d'une guerre entre ces divers personnages.
2. Celui-là se proposait simplement d'obtenir, au détriment du légitime héritier, la succession du comte de Toulouse, son beaupère ; voir la lettre qu'il écrivit le 20 décembre 1212 à Innocent III (1. XII, ep. ccxxn; Migne, III, 754).
3. Les croisés se réunirent à Lyon aux environs de la S. Jean 4209 (P. deV.-C., en. xrv; Bouquet, XIX, 49). On trouvera dans P. de V.-G. une liste sommaire des principaux personnages de l'ost.