DÉBUTS AU CASINO DE LYON
peler son nom, mais jamais je n’oublierai la tristesse infinie qui, ce soir-là, descendit dans mon cœur ; J'étais ébahie, stupéfée, et par elle, et par ce public ; alors, ce serait ça le café-concert ? mon Dieu ! mon Dieu !.…
De la coulisse, je me rendais compte de l’orgueil joyeux de la grosse dame, qui évidemment était au ciel, car à la fin, parlant argot, elle dit en épongeant sa sueur : « Bien vrai! y en a pas beaucoup qui « m’'dégoteront » ce soir ! » Et ce fut vrai, personne n’eut ce soir-là autant de succès qu'elle.
Après la grosse dame vint un petit chanteur qui, l'hiver, en pleine saison, chantait à l’Eldorado de Paris. Je me rappelais avoir vu souvent son nom sur les affiches et programmes ; il avait la spécialité des chansons à refrains tyroliens; lui aussi, venu pour faire l’ouverture du Casino de Lyon, devait après faire sa rentrée à l’ Eldorado. Il s’appelait Wély et c’était une étoile de demi-grandeur des cafés-concerts.
Il entra en scène et chanta. Il s’agissait d’une dame qui était jolie, se déshabillait dans une cabine de bain, pendant qu’un indiscret la regardait par le petit trou de la porte. C'était la chanson idiote, mêlée des troulalaïtous de sa tyrolienne, et accompagnée de gestes sans paroles, ne laissant aucun doute sur les rondeurs détaillées minutieusement de la Vénus.
Il eut du succès, moins que la grosse dame suante; aussi, en sortant de scène, murmura-t-il quelques épithètes malveillantes à l’adresse du public qui, disait-il, préférait les ordures.
Et ce fut mon tour !. Mon cœur se déclancha,
Dee TRS etre ne PAL AN PRESENT PPS cer VAR ; À
pe
car mon entrée en scène, seule, me valut des « ah ! ah ! » et des coh ! Mince de Princesse | »
— Oh là là ! est-elle plate, elle a tout laissé dans ses malles! » Et des rires, et des rires, de toute cette jeunesse des écoles.
Pendant deux ou trois longues minutes j’entendis des moqueries sur mon corsage, trop plat ! Je ne perdis pas la tête et je chantai. Soudain, sur l'air des Lampions : «Où sont ses tétons ? où sont ses tétons ?.. » et les pieds des étudiants scandaïent ces paroles cocasses ; alors que d’autres répondaient : « Ils sont dans sa malle! Ils sont dans sa malle. » Il me fallut sortir de scène, au milieu de ma chanson. Du coup toute la salle me siffla, j’essayais de revenir. mais le tapage était tel qu’on dut baisser le rideau ! Régisseur, artistes, tous en émoil.
J'avais quitté la scène pâle comme une morte... Je me sentais défaillir, mes yeux ne voyaient plus les marches de l'escalier que j'avais à descendre pour regagner ma loge... Mon cœur semblait cesser de battre... Je me sentais si froide, si glacée que J'eus peur. Je restais longtemps assise dans ma loge avant de commencer à me déshabiller, quand on frappa à ma porte et le directeur du Casino entra.
— Eh bien? me dit-il assez doucement, qu'est-ce qui vous a pris « d’entrer en scène » de la sorte ?
— Comment donc suis-je entrée ?
— Comme une dame dans un salon ! me dit-il avec un rire moqueur….
— Ah! Eh bien?
— Mais, ma chère, c’est bon à la Comédie- Française, cela ! Mais au music-hall c’est affreuse-
PT RS RS PL OR, LU à DA SEUL TO po De 0 Ce Co ne ÉD SE EE ML AE ROLE S LÉ Ê d