JULES ROQUES
Il était le directeur du Courrier Français, journal illustré par Forain, Léandre, Willette, Heïdbrink, Widhopff, Steinlen et Hermann-Paul.
Quand je débutai, il s’occupait de faire « la publicité » des pharmaciens et des «cafés-concerts ». Les directeurs l’employaient pour faire faire les affiches des « Étoiles » et utiliser en « réclames » les rideaux des scènes. Et les Pastilles Géraudel lui durent leur vogue. Quelle publicité il leur fit! Il s’occupait de mille affaires. Il avait une tête de chat, des moustaches hérissées, des yeux qui bougeaient et vous regardaient « en face » rarement. Tantôt le pommeau de sa canne, qu’il caressait, fixait son regard pendant une longue conversation. Le jeu de ses paupières en travail perpétuel et les plis de son front démasquaient le but qu'il poursuivait : ne dire que certaines choses et surtout n'en point dire d’autres. Il mouillait ses lèvres pour prendre des temps. et avalait sa salive pour doser ses effets. Venant toujours pour affaires, il embrouillait dans des préparations oratoires le pourquoi de sa visite, afin, croyait-il, d’en déguiser le but. Mais il était serviable, autant qu’il usait de vous. Il s’amusait à paraître à double fond et jouait « au Rusé » comme un acteur de