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LE CYCLE ET SES DIVISIONS

La Chanson de Roland n'est pas une œuvre isolée : elle fait partie d'un cycle complet et fort étendu, dont nous allons essayer de donner une idée.

Les œuvres allégoriques et satiriques, les chroniques rimées et les romans d'aventure proprement dits ne rentrent pas dans les classifications suivantes.

LBS TROIS MATliCRES.

C'est à la poésie française elle-même qu'il faut demander des indications sur l'ensemble de notre cycle chevaleresque. Écoutons d'abord Jean Bodel, le trouvère de la Chanson des Saxons :

Ne sout que trois matières à nul home antandant : De France^ de Bretaigrne et de Rome la grant. Et de ces trois matières n'i a nule samblant : Li conte de Bretatgne sont si vain et plaisant; Gtl de Bomê naai sage et de ma éprenant ; Cil de France de ?oir chaBcun jor apparent.

LVI INTRODUCTION

La matière que» Jean Bodel appelle de Rome comprend toute l'antiquité sacrée et profane. La matière de Bretagne ou de la Table-Ronde, comprend les chansons relatives soit à la cour du roi Arthur, soit à la recherche d'un vase mystique, le Graal, qui aurait servi à la cène de Notre-Seigneur. Nous laisserons complètement de côté dans ce travail les matières de Rome et de Bretagne pour ne parler que de celle de France à laquelle appartient la Chanson de Roland^ et qui en outre, est supérieure aux deux autres. Jean Bodel en donne la raison :

La corone de France doit eatre mise avant, Qar tuit autre roi doivent estre à lui apandant De la loi crestiene qui an Deu sont créant.

ainsi que le trouvère du Coronemens Looys :

Quant Dex esleut nouante et dix roiaume^ Tôt le meillor torna en douce France.

Mais pourquoi la France est-elle supérieure aux autres nations ? Pour deux raisons : la première parce que Dieu présida lui-même par ses anges au couronnement de son premier roi :

Le premier roi de France fist Dex par sou conmiant^

Coroner à ses angeles dignement an chantant;

Puis le commanda estre en terre son sergent^

Tenir droite justice et la loi mètre avant.

Cest commandemant tindrent après lui li auqant :

Anséys et Pépin, cil furent conquérant.

Et Charlemaigne d'Aiz qui Dex parama tant (1).

(1) La Chanson des Saxons.'y- Voir aussi Histoire Uttérair de la France, tome XXII, page 481, et Guillaume d'Orange, par Jonck-

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