LXXXIV INTRODUCTION
II est question sans cesse de ces défis dans le beau poëme de Raoul de Cambray :
De la lor part loiaument vos deffl.
G'il deflai dedens son povilon.
Voici un autre exemple dans lequel se trouve indiquée la formalité extérieure de ces défis :
Il prent III pox de Termin qu'ot vesti.
Parmi les mailles de Tauberc esclarci^ Envers Raoul les geta et jali.
Puis li a dit : Vassal, je vos desfi !
Ne dites mie je vos aie trat (1).
Nous retrouverons dans le cycle des Lorrains les mêmes délicatesses de conscience sur la nécessité du défi préalable. Le roi lui-même est tenu de se conformer à cette règle, comme il résulte de ce passage de Garin (2) :
Et chanterons dou riche roi Pépin...
Li mesagiers au tref le Flamant vint^
Huec trouva sur une coûte assis.
Gom il le voit fièrement li a dit :
« Li rois vous mande^ qui chevalier vous fist^
Donna toi Flandre et Tonor à tenir^
Par votre orgueil avez son home assis.
Flandres penra^ si en seras fors mis. »
Et dit li quens : « Follie avez requis :
Ains que Pépins soit de Flandre saisis^
En morront cent qui aincores sont vis. »
Di li messages : « Je vous ai bien oT^
Il n'i a autre : de par lui vous défl.
Se atandez que li rois vengne ici^
Il vous fera coureçous et marris. »
(1) Pages 86,191 et 91.
(2) Tome I«', page 211. — Page 85 de la traduction.