‹ LA CHANSON DE ROLAND (volume 2)Chapitre 25 sur 61 · DE L^IDÉE DU DROIT. LXXXV · texte numérisé non relu

DE L^IDÉE DU DROIT. LXXXV

Quant K mes ot la parole féni^ Tornés s'en est desor son bon roncin.

A Loon vint lendemain ains midi.

On observait la même règle pour défier le roi. Guillaume au Court Nez veut rompre avec Louis le Débomiaire :

Il s'abessa^ si a pris un bàton^ Et dist au roi : « Vostre fié vos randon ; N'en tiendrai mais vaillissant un bouton, Né vostre amis ne serai né vostre homs (1). »

Voici un exemple tiré de Garin le Lohérain :

« Vostre home estoie huimais, bien le savez.

Et ge et nos estiens accordé;

Li vostre bornage soient quite clamé ! »

Lors prent deus peus de Termin engoulé.

Au roi les a emmi le vis geté :

« Girbers, dit-il, or soies défiés ! »

Le plus grand reproche qu'on puisse fsJre à un chevalier, c'est d'avoir assailli son ennemi sans le défier :

Haï, biaus sire, le ferez- vous ensi?

Foi que dois Dieu, tort avez envers mi.

Isoré se repent :

« Droit en avez, dist Isorés le gris,

S'ai contre vous trop durement mespris

Mais contre vous, foi que dois saint Denis, Ne t>orterai mais armes, biaus anmis. »

Son escuier apelle, si li dist :

« Retome arrière et ta gent autresi (2). »

(1} La Bataille éCAleschampSy vers 3293 à 3297. (2) Garin le Lohérain, tome !•', pages 170-172.

LXXXV! iN'rtldtJtJGiTÎON*

L'envoyé du duc BégOil, frêlfe dé Odrtû, Se plaint aussi à Pépin dé ce que lés hômines-liges l'ont assailli sans Tavoir défié, et sans que le roi ait fait cofltrë lui la iribindre iplaîiite; Lès làétiéÉ scrtiptdes se t-etrcJuVettt déhë là VhdHJsoh i^AnHûèhè :

Or, dites que pensés, Des bons barons de Franôé que déstrulrd volés t.. . Se vous mal lot faiëléd, ce semblerait viUés^ Quant ne avés nhoot de nidBt eseriés (1).

On accordait des trêves soit pour enterrer les moiHs, soit pour mettre fin aux hostilités. Api*ès la mort de Raoul de Canibray^ son onck 6éri fait demander une trêve à l'eilneffii :

« Geri vos mândë, li pi^iis et îî liArdis Respit et trives, par le corë sâlfat Dëtilà, Tant que ces niés soit âéieté téife fniS. h — « Nous l'otrions, dist Ybors li floris^ . Gl îés deitiàâdë jusqii*al jor del juîs. m

Au lieu d'accepter cette trêve jusqu'au jugemeiit) dernier, Géri veut recommencer le cpmlmt dès qu'il a fait enlever le corps de son neveu ; inais il faut que la cessation de la trêve soit dénoncée. Il dit à l'un de ses chevaliers :

« Piere d* Artois, r^alez à ox corant :

Rendes lor trives, n*es quier porter avant. »

Et cil respont : « TOut à vostre commant. »

As fix Herbert s'en va esperontiant.

Si lor escrie hautement en oiant :

« Gcris vos mande, par le cors saint Amant,

DE L^ÎDÉE DU DttOlT. hXÀUtNn

Tenez vos irives ; saichiès à esciant, C*il en a aise, n'arés de mort garant. »

Tout ce roman ronle sur le droit des seigneurs et de leurs enfants à l'endroit des fie£s. C'est un grand procès féodal. Le même ordre d'idées se trouve Amê tktrin et dtas H Ckarroiè dé N^iihes oft iStùi dit ft GtdUttmhe an Court Nez :

th*en donc )a terre au marchis Bérengier, Mbrt e6t 11 eaens; si prenez sa molller.

Guillaume, qui est, par excellence, le défenseur du droit, lui répond :

U &*c en IP^ance si hardi ebèvaiièt, S'il prent la terre au petit Bôrengieri À cesle espée tost ne perde le chief !

Puisque ûonâ atons ]^rlé du droit, rappdotift^ ayeô M. Guizot, qne^ a pendant le moyen Àg6, e'eet . la pupauté qui a été l'interprète, le défenseur^ te palMn du droit des gens (1). d Du reste, mia té rapport et êbvm beaucoup d'uùtite, il né fftut pai confondre, coninie on Va fait trop souvent, l'âge dW d6 la poésie et de la ohèvalerïè avec les temps qui ont miiti immédiatement. Ainsi, â l'époque où fa^» rent composés le Héron et le Gbmbat des Trente^ \m mœurs et les sentiments ont bien dégénéré de ce qu'ils sont dans nos anciennes chansons de geste; -— ■— ^- ' -■■• -.....- ,■■. ■ ■■,

(1) ÏÏÈgliisé et ta àociété chrétiehne en 1861, page 1Ô3.

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