‹ LA CHANSON DE ROLAND (volume 2)Chapitre 37 sur 61 · IL SB REND A SARAGOSSE · texte numérisé non relu

IL SB REND A SARAGOSSE

Quand Gane voit que Roland rit de lui, n est tout près d'éclater de colère, n s'en fftutpeu qu'il ne perde le sens, a Roland, dii-fl, je ne vous aime pas (2) :

«c Vous m'avez &it choisir perfidement.

(1) Ne soies sis hom liges et il tîs sire.

{Gérard de BossiUm, page 289.)

(S) Dans BaoïU de Cambray, page 109 :

Par Dieu, Raons, jamais ne t'aimerai;

48 JLA CHANSON DB RCMUND.

« Droit emperei^r (1)| vfê joSad deywt voui : « Je veux, rem]^ vat)^ «oinmAndeiudQt.

« Je sais qu'il faut qua j'aille a Saragosse. 491.

« Qui va làrbas, ne peut en revemr.

(( J'ai cepeodaut épovuié votre isoBur :

« J'ai d'elle un fils : il n'en .est ^ fb^ Wl^ I

ce Baudoin I 1'(n) di/; déjà cpi'il fW|ra hfêJfe,

« Je laisse à lui ines )^e& et me« d^

<( Gardâa4e})i€»j je ne k yj^nai.^uff 1 n

Charles, Répond : c< Trop.ajv^z le coeiir tendre.

c< Puisque j'ordonne, il faut que vous alliez. » AOi.

Il dit encor : <vQwelPUf P'Yî^nce?

« Et recevez le bàtqQ,^i^lp;gfti}i.

« Vous Fentendez , les Français vous choisissent. ^

Gane répond : c( Roland seul a tout fait !

« Je haïrai lU^Aft^itfA^ifMVi^ /

(( Sire Olivier, poi]j|r.At]?fî:i^?| «Wi

« Les douze p^^^ pg^Xf:^ y^iji^ Vmsm^ i»^ \

<c Je les défie içiftj m^p ^,Tif^:^ft\»\ j^

(1} Droit comme droiturier signifle à la fois légitime et juste. Cette expression très-caractérîsticpie des idées du çioyen àg?, revient fréquemment dams nôd pùeth&i, dans ti Chàrrdts dé ïfysmes, vers 188; dans tes ^ntOrt È^kAy$n^, vél» 291 et 374, éd.Bekker ; dans Girard de Viane, pa^e lOS (Rûhm, i^^)l <^i» IMiMil de Cambray, page 2il j dans itf^rol^fi^yVeni 800, dOS €t 1016, etc., ^.

JfA CHANSON DE ROLAND. 19

Le roi lui dit : « Youb avec trop de haine , « Or, voua irez, puisijue je le commande. »

— « J^y peux aller, mais n'aurai de garants : AOi. «c Basan n'ea eut, ni sop j^ère Basile (1) ! »

Le roi lui tend le gant de sa main droite ;

Mais Ganelon voudrait n'être, pas là«

11 va le preivdre et le gant tombe à terre.

LesFranks de dire : a ODieuI qu'est ce présage?

c< De cet envoi nous viendra grande perte. »

— a Vous en saurez, dit Gane, des nouvelle^. »

n dit au roi ; « Donnez-moi le congé.

K S'il faut aller, je n'ai plus à tarder. ï>

Le roi lui dit : a Pour Jésus et pour moi ! »

II le bénit| l'absout de sa main droite,

Et lui remet 1^ bftton et la lettre.

Le comte Gane à son hôtel retourne :

D'équipements se met à s'occuper, Prend le meilleur qu'il a pu iebx>uver (2), Fixe à ses pieds des éperons d'or pur, A sM eMé ceint Murglës, son épée, Sur Tachebrun, âon destrier, il inonte.

(1) CSomparei* e% qvA sait avec le récit de l'ambassade de Qane au près de Baian dans Fierabras, pages 164 à 167.

(2) Gért^d de RossiUm, page 313. Michel.

C'est Guinemer qui lui tint Tétrier.

Vous eussiez vu maint cheTalier pleni^r .

Ils disent tous : « Quel dommage pour vous !

a Vous avez tant hanté la cour du roi !

« Noble guerrier' l'on vous y proclamait.

a Celui i^ vous désigna pour aUer,

« Mèine le roi ne pofurrai le défendre. >

(( Le preu:;; Roland n'èât dû penser & Vous :

« Vous êtes né de si gimaiide £amille; « -

<( Emmenez-nous, sire, » lui disent-ils.

Gane répond : « Ne plaise au Seigneur Dieu !

« Mieict mourir seul qu'avec tant de bons preux !

« Vous en irez, seigneurs, éu' douce France.

a Vous saluerez irïa femme de ma part

« Et Pinabel, mon pair et mon ami,

(( Baudoin, monfilsyqoe vous connaissez bien.

(( Aidez à lui, tenez^le pour seigneur ! y>

Ganelon part et s'est aoheininé. aoi.

Il chevauchait :i90usvim' haut oiivÎ6r(l) .

Sont réunii les messa^eiis payelis> }; ;. l \ <

(1) Les trouvères placent Tolivier sous toutes les zpnes. Ainsi : Li baron vinrent à la cart à Paris^ A pié descendent par de soz les olis.

{Raoul de Cambray, p. 34.)

Voir aussi la page 264. Il y avait un olivier à JLaon.

Devant la sale avoit un olivier.

{La Bataille (TAleschamps, vers 2549.)

C'est Blancandrin qui, pour lui, s'attardait. L'un parle à l'autre avec grande finesse.

Blancandrin dit : « Merveilleux homme est Charles ! « Il prit la Fouille et toute la Calabre, c( Passa la' mer (1), entra dans l'Angleterre, a Dont il conquit le tribut à sûht Pierre (S), a Que nous vieni*il cherchevisnr notre terre ? Gane répond : a Si grand icst son oourage I ce Homme jamaisne vaodra teontre lui» ii Aoi*.

Blancandrin dit ^<l Les Françaissont trèa-hfaves ; a Mais bien grand mal font ces ducs et ces comtes, « A leur seigneur qui donueni tels conseils ; <c Ils ruineront les autres; et luirmème. i> . , Gane répond : «c Je n'en connais pas d'autre^ <K Hormis Roland ; maisil ^n :auia honte* « Charles un jour (d) à 1 -ombi^ était assis « En la prairie, auprès de Carcasspnne.

« Son neveu vient, vêtu de sa cuirasse ; « Iltientenmainuia&poiiime'i'enneille.

« — Tenez, beau sire^'4 dit Boland à Charles,

(1) Le texte dit : « la mer salsé^» Mlée.

(2) La conquête à saint Pierre da tribut de l'Angleterre est rappelée par une inscription dans une salle du Vatican. Voir aussi le glossaire de F. Michel.

(3) Le texte dit ': Er main^ c'est-à-dire hier matin. Charlemagne ne pouvait se trouver la veille à Garcassonne^ au nord des Pyrénées.

« De tous les rois j'ofii^ & vous les eouronnes ! -^ (( Son grand orgueil le devrait bien confondre, a Car chaque jour il s'expose & la mort.

« Roland occis^ nous aurions tous la paix ! )» AOi.

Blancandrin dit ! a Roland est très-cruel,

« Qui veut dompter toutes les nations,

« Et disputer ainsi toutes les terres.

a Par quelle gent croit-il exploiter tant ? »

Gane répond : a Par la gent des Français.

(( Ils Taiment tant qu'ils ne lut faudront pas s

« 11 leur a tant donné d'or et d'argent,

« Mulets, chevaux, armures et soieries ;

(( Même le roi Mt tout à son caprice.

(( Jusqu'au Levant (i), il lui conquerra tout I y> AOt.

Chevauchent tant et Gane et Blancandrin Que l'un à l'autre ils engagent leur foi :

Ils chercheront que Roland soit occis.

Chevauchent tant, par voie et par chemin.

Qu'à Saragosse ils viennent sous un if.

(1) D'ici qt^en Orient est une locution familière et proverbiale qui rappelle Tépocîue et la préoccupation c|es. crQi8,ades. On la retrouve dans Huon de Bordeauço, page 171; dans Raoul de Cam^o^y page 105; dans la Bataille d'Aleschamps, vers 5977, çtc., este.

Ce vers a douze pieds dans le texte. L'on en rencontre quelquefois de cette mesure dans les poëmes décasyllabiques.

<c Devant ce roi, tant que je vous tiendrai, a Notre empereur Charles ne dira pas « Que je meurs seul au pays étranger, «^Les plus hardis vous auront bien payée ! )> Les Sarrazins : a Empêchons la mêlée ! d

Les chefs payens ont tant prié le roi.

Qu'en son fauteuil Marsile s'est assis.

Son oncle dit : a Vous avez mal agi,

a Quand vous cherchiez à frapper le Français :

a Vous le deviez écouter et l'ouïr. »

Gane lui dit : <c Je peux bien l'oublier,

a Mais ne voudrais, pour tout l'or que Dieu fit,

« Et tous les biens qui sont en ce pays,

ce Si le loisir m'en reste, ne pas dire

a Ce que, par moi, Charles le roi puissant

«c Vous mande, à vous, son mortel ennemi. »

Gane portait un grand manteau de martres

Et recouvert d'une soie égyptienne,

Il l'a jeté, Blancandrin le reçoit ;

Mais^ son épée, il ne veut la l&cher :

De sa main droite il tient la garde d'or.

Payens disaient : « C'est un noble baron f » aoi.

Auprès du roi Gane s'est avancé ;

Puis il lui dit : a A tort vous vous fâchez.

c( Il est de France ; il est homme puissant.

a Sachez par lui si c'est la paix ou non. r^

— <c Qu'il parle donc, dit Marsile, on l'écoute, lo àoï,

Le comte Gane avait bien réfléchi ;

Avec grand art il commence à parler.

Comme celui qui le sait fiedre bien.

n dit au roi : a Soyez sauvé de Dieu,

« Le glorieux , que l'on doit adorer !

c< Charles le brave à vous mande ceci :

« Si recevez la sainte loi chrétienne,

<( Aurez en fief la moitié de l'Espagne ;

ce Si ne voulez accepter cet accord,

(( Vous serez pris de force, mis aux chaînes,

« Au siège d'Aix vous serez amené.

a Par jugement là-bas vous finirez ;

« Vous y mourrez en honte et vilenie. »

Le roi Marsile en fut exaspéré.

Il tient en main un dard empenné d'or ;

Veut l'en frapper ; mais on Ta retenu, aoi.

« vr

Le roi MarsUe a changé de couleur, Et de son dard la hampe en a tremblé.

Gane le voit, met la main à l'épée.

Et de deux doigts la: tire du fourreau ; Puis il lui dit : m Vous êtes belle et claire ;

<K Devant ce lOi, tant que je vous tiendrai, a Notre empereur Charles ne dira pas ce Que je meurs seul au pays étranger.

c(^Les plus hardis vous auront bien payée ! » Les Sarrazins : a Empêchons la mêlée ! d

Lm che& payens ont tant prié le roi.

Qu'en son fauteuil Marsile s'est assis.

Son oncle dit : <c Vous avez mal agi,

« Quand vous cherchiez à frapper le Français :

<t Vous le deviez écouter et l'ouïr. »

Gane lui dit : a Je peux bien l'oublier,

<( Mais ne voudrais, pour tout l'or que Dieu fit,

ce Et tous les biens qui sont en ce pays,

ce Si le loisir m'en reste, ne pas dire

ce Ce que, par moi, Charles le roi puissant

«c Vous mande, à vous, son mortel ennemi. »

Gane portait un grand manteau de martres

Et recouvert d'une soie égyptienne.

Il l'a jeté, Blancandrin le reçoit ;

Mais^ son épée, il ne veut la lâcher :

De sa main droite il tient la garde d'or.

Payens disaient : a C'est un noble baron f i> aoi.

Auprès du roi Gane s'est avancé ;

Puis il lui dit : ce A tort vous vous fâchez,

« Quand Temperenr de Fmace vous &it diM

a De recevoir la sainte loi cbrétieiiiié.

« Yous garderez la moitié de l'Espagne ;

(( Il donnera Tantre paft & Roland.

«c Quel partenaire orgueilléiiit iléons aurez ?

a Si ne voulez accepter cet àcc6rd,

c( A Saragosse il va vous assiéger ;

oc Vous serez pris de fbrcè et mis aui diaines.

c( Puis vous serez conduit dans Als!, en France.

« Vous n'y aurez palefiitri M mûletj

(( Ni defririer pour oheràudief Aeissfaa ;

c( Serez jeté sur un mauvais sommier (1).

« Par jugement, vous f^eràtëz la téie.

« Notre empereur vous ^rït 6et(é letfrë. »

Il l'a remise en la main du payen.

COMMENT MÀRâU^ pfiW]PW ÀV^IG C^AWi

Marsile était tout pAlë de colère.

11 rompt le sceau, dont il jette la cire,

(1) Le chevalier znonteè la bataille et h la parade mt destrier, en route un palefrtM OU ui^ quUet. La b^ ^ charge s'appelle roniiMl^ sommier ou bidet.

Voit les raisons écrites dans la lettre :

« Charles m'écrit, qui tient la douce France,

« En rappelant la peine et la colère

« Qu'il ressentit pour Basan et Basile,

« Dont j^ai coupé la tâte au mont d^altile.

« Si, de mon corps, je veux sauver la vi©,

«( Faut envoyer mon oncle, le calife;

« Sinon, jamais Charles ne m'aimera, »

Alors le fils de Marsile parla ;

Il dit au roi : « 6ane a dit des folies !

« 11 a tant fait qu'il n'a plus droit de vivre.

« Livrez-le moi, j'en ferai bien justice. »

Gane l'entend; il brandit son épée.

Et sur le tronq du pin va s'appuyer.

Dans le verger s'en est allé le roi, Et les meilleurs dos payens avec lui.

C'est Blancandrin, à la tête eiienue ; Jur&let, fils et l^éritier du roi ; Son oncle aussi, le fidèle eaUfe.

Blancah^^ dit : « Ap^lëiile Français; a De nous servir il m'engagea sa toi. y> Le^roi lui dit : « Vous-même, ameneie4e. r> Il a pris Gane au doigt par la main c^ite.

Dans lé verger Fa mené jusqu'au roi.

On pourparla l'injuste trahison. Aoi.

« Be&u sire Gane , a dit le roi Marsile,

(c Je vous ai fedt tout à l'heure une offense (1)

<c Quand j'ai voulu vous frapper par colère :

<c Je la répare avec ces zibelines,

« Qui valent plus de cinq cents livres' d'or.

ce Avant demain, j'en paierai' belle ..amende.»

Gane répond: a Je neiefiisé'pa^; ' i:r'> :.

a Qu'il plaise à Dieu vous bien •récompenser ! » aoi.

ht-: I ÎM

Le roi lui dit : a Gane, sae^eïrlebîeli, <c J'ai le désir de vous aimer beaucoupf a Je veux ouïr parler de^Gharlemagaei c( 11 est bien vieu^f t il a 'fini son temps! « n a, je sais, bien deus dents ans passés.

c( Par tant de lieux il démena son corps !

<c n a reçu tant de coups sur l'écu !

« 11 a conduit tant de* roi» à/llauttnûnel a Quand sera-t^il^lastddt&keilagiiierre?)) Gane répond : <c Non, Cbaiias>D'«ètpiâà teL; (c Nul ne ]e voit, «èt^'àipù leooiinslftDey (c Qui ne diba qife^eiiapék'eur est n;oble.

a Je ne saurais le louer et vanter « Autant qu'il a d^lkonneiur et de b(mté.

« Et sa valeur, qui pourrait la conter?

(1) Jo vos ai fait algues de leg'erie.

a Dieu fit briller en lui tant de noblesse !

c( Mieux vaut mourir que quitter son service ! »

Le payen dit : « Je sui^ émerveillé

« Que l'empereur soit 'si vieux et chenu !

à Je sais qu'il a bien deux cents ans et plus !

<c Pleur tant de lieux son corps a travaillé

« Et tant reçu coups{de lance et d'épieu !

« Il a conduit tant de rois à l'aumône I

« Quand sera-t-il las de faire la guerre? »

— « Tant que Roland vivra, jamais ! dit Gane.

« n n'a d'égal sous la cape du cieL

« Son compagnon Olivier est si l)rave !

« Les douze pairs^ que Charles chérit tant,

<c Font l'avant-garde avec vingt mille preux.

<& Charle est tranquille; il ne craintaucun hommelD

■ ' ■ ^ •■ '- M- •■ ■ ^ ; AOI.

Le payen dit : « C'est^vrainteat merveilleux

c< Que l'empereur soit si blane et chenu !

a Je sais qu'il a bienphis ^ deux cents ans !

c( 11 est allé conquérant ta^tt de terres,

(( Â tant reçu de coups d'épieux tranchants !

« n a défait et tué tanide fois !

a Quand serarri-il las de faire la guerre? »

— <c Tant que Roland vivra, Jamais ! dit Gane.

« n n'a d'égal jusques en Orient !

30 L4 CHANSON DS BOLàND.

a Son compagnon OHvier est si bravai a Les douze pairs, que Cliarles aime tant, a Font ravant-garde avec vingt mille Franks.

<t Charle est tranquille, homme vivant ne craint. y>

— a Peau sire Gane, a dit le roi Marsile,

<c J'ai telle gent, plus belle n'en verrez.

<c Je puis avoir quatre cent mille preux,

«c Pour attaqua Charle» et les Fiançais i »

Gane réposd : « Ne vous y fiei pas«

ce De vos payeng vous auriez grande perte.

a Pas de folie, et tenea-voun aux roses. ^

ce A l'empereur donnez tant de richesses

(c Que les Français en.soi«nt. émerveillés.

« Envoyez-lui vingt otages^ aussi.

« En douce France il s'en retournera.

a n laissera bien loin, d'arriènergarde ;

<c Le preux Roland y s^a, je l'espère,

« Puis Oliviei;^ h.hv^y^ U courtois.

a Tous deux sont morts» aï l'on veut bien me croHre.

ce Charles verra son grand orgueil tomber.

<( Il n'aura phis désir de vous combattre. » Aor*

— a Beau sire Gane^ ainsi Bien vous bénisse!

ce Par quel m^yen puis^je occire Roland ? »

Gane répond : a Je vais donc vous le dire :

lA CHANSON DS ROLAND. 84

<t Le roi sera dans les pancU défilés;

fi L'amère^garde au lohi sera restée ;

« Roland le fier y sera, son neveu^

(c Puis Olivier, en qui .taiàt.U se fie ;

K Vingt mille Franks ils auront dans leur troupe.

« De vos payens envoyez-leur cent mille,

a Qui tout d'abord leur livreront bataille.

c( Les Franks eexosA aSaiblis et blessé9<

<c n y aura g^adf martiri^ des vôtres.

« Livrez aux Franks. une fieoonde atta^pie :

(( Dans Tune oxiVmfix^ U &ut,-que Rolapd reste !

c( Vous aurez :G»it une belle bataille,

« Et n'aurez plus .d^i^iMfrrcf an votre vie. SM.

<c S'il se pouvait que Roland 7 fût mort,

(( Charles perdrait le bras droit de son corps ;

« Sa merveilleus^icoapo y resterait.

<c n ne pourrait réunir telle ïei*çe. *

« Terre-majoirX')'iraBM^t^iail!epos.)i

Quand il l'entend^ ]#^ tfOi W balstf «lu coti.

Puis il a ipût apt»ort6r jes tiéRi»9. ' A<>L

Le roi Téjfcmà (que diraient-ils de plus?) :

« Bon conseiller celui dont on s'assure.

(i) Terre mafui^, ^tahmie, pftsêe élttÈtée, émgmétà U WnSiôê.

Et quant ge vin de Fran^ làlbééV (Agolard, vers 792.) L'on dit aunst k grant régior^. VMr Parise h Budufst^pÊiif^ 10.

a Donc, s'il y est, jurez-moi de trahir I »

Gane répond : « Qu'il soit comme il vous plait. » Sur la relique en son épée enclose, n a juré : la trahison est faite ! aoi.

n y avait im fauteuil en ivoire.

Le roi Marsile y fût porter un livre

Qui renfermait la loi de Mahomet (1),

Ceci jura le Sarrazin d'Espagne,*^

S'il peut trouver à l'arrière Roland,

De le combattre avec toute sa troupe

Et, s'il le peut, de le faire mourir.

Gane répond : <c Votre ordre s'accomplisse ! p aoi.

Alors s'avance un payen, Valdabmn.

n éleva le roi Marsilion.

Clair et riant : <c Vous voyez mon épée, (c Dit-il au Frank, nul n'en a de meilleure ; ce La garde vaut plus de mille mangons (2).

<c Par amitié, sire, je vous la donne :

<c Contre Roland le baron aidez-nous, ce Que nous puissions le trouver à l'arrière, d — a Ce sera fait, y> répond le comte Gane.

Puis à la joue, au menton ils se baisent.

(1) Le texte dit : La lei i fut Mahum e Tervagant.*

(2) Mangons^ pièce de monnaie.

Arrive après le payen Glimorin.

Clair et riant, il dit à Ganelon :

<c Prenez mon casque ; on n'en vit de meilleur !

<k Contre Roland le marquis, aide^-nous,

c( Que nous puissions sûrement le honnir. »

— a Ce sera fait, » lui végo]gi|l Ganelon.

Puis à la bouche, à la joue ils se baisent, aoi.

Arrive alors la reine Bramimoncle.

Elle lui dit : « Je vous aime beaucoup, m Car mon seigneur et tous ses gens vous prisent. a Deux bracelets j'envoie à votre femme :

« Ils ont tant d'or, de grenats, d'améthystes, c( Qu'ils valent plus que tout l'avoir de Rome (1). « Votre empereur n'en eut jamais de tçls. »

Gane les prend et les place ^n.sa botte, agi.

.\ • "il • • • :

(1) Le trouvère dit ici l'avoir, de Rome comme plus bas Tor de Galice. Ces noms viënnentpour l'assonance. Dans le seul pofimede Raoul de Cambray, j'ai njoté l'or ou ks^fief de Tudèle^ Avalon, Montpellier^ Baudas (Bagdad), Damas, Rains, Aquilance^ Abbeville, Paris, MiDan. Il y a Saint-Ômer dans la Éataille (fÀleschamps, Bénévent dans Garin- le Ifihéràin, Montpellier dans la Chanson d*Antioche, etc. On lit. dans Gérard de Ho^sillon , page 319 :

Por autretan d'or cuit, por tant ma^gon^ Gomme l'en porreit mètre en cest donjon.

Le roi demande au trésorier Mauduit :

c< Les dons pour Charle avez-vous préparés ? »

Le trésorier répond : « Oui, sire, bien :

a Sept cents chameaux chargés d'or et d'argent^

<( Et vingt enfants, les plus nobles otages. » aoi.

Marsile tient Ganelon par l'épaule :

Vous êtes brave et sage, lui dilril;* Par cette foi, que vous tenez la bpnue, Ne changez pas de sentiments pour noys^.

De mon avoir vous aurez grande part :

Dix forts mulets chargés d'or le plu9 fin ; Je voiis ferai de même tous les ans.

Prenez le^ cjés de cette cité vastç^ A l'empereur, présentées ces grands dons.

Faites-moi mettre à l'arrière Rp^nd.

Si je le puis trouver aux défilés, A lui je livre une bataille à mort. »

Gan;§ répond : <c M'est avis que j^ \^^^ >»

Il monte en selle et se met en voyage (1). aoi.

(1) La tradition a maudit lo lieu où cotte. tr^tûaon a ét4 préfA* rée. Voir Aye (V Avignon, page iiO :

Si grant vertu i fist Damediex por Karlon Que des loriere qui furent là planté environ Aine puis n'en porta nul ne foille ne boton.

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