‹ LA CHANSON DE ROLAND (volume 2)Chapitre 42 sur 61 · ET DE ROLAND · texte numérisé non relu

ET DE ROLAND

Il y avidt ttii bhef dé BdragMtMi J

Une moitié de la vUlë est à lui :

C'est Climorin, qiû il'étêtii paé prod'hommfe ;

Il a reçu la ibi dli eo&tè GAiiè^

Par amitié le baisa iltir h, botiche

Et lui donna ion bUMpiè à Baràgosse (1).

Il dit qu'il Yètrt hôiiliir Te(rlSB-maj6^^,

Qu'à Charlemagne il prendra la eotlroiiilè.

Son bon cheval, qu^ôn ridiÀme BarbàJiiMéhe;

Est plus léger qu'é^rvier, ^'hirôtldelle.

Il l'éperoimë et M l&che lés rênes.

Il va fi*appêr Ângelier de Gascogne^

Que n'ont sauvé l'écû ûi la euilhassè^

De son épieu lui met la poiiite aîi ec^rps.

L'atteint si làéà qtJÀ tout te 1er pasiie ôiltre :

(1) Voir pages 32 et 33. Le nom de Climorin est ici légèrement modifié^ comme celui d*Estramariz^ à la page 70. Climorin a donné un casque à Gane. L'épée lui a ^ offerte par Viddabrtiii^ qui va bientôt reparaître^ et au sijget duquel on rappellera cette épée donnée h. Gane. Aussi y a-t-il dans le texte qui dit ici épée une erreur évidente que j'ai dft corriger 6n mettant castfue.

A pleine lance, il l'abat mort à terre ,

Après s'écrie : « Ils sont bons à confondre,

« Frappez, payens, pour rompre cette presse. r>

Les Franks disaient : a Dieu ! quel deuil de brave homme ! j

AOL

Le preux Roland interpelle Olivier :

« Mon compagnon, voilà mort AngeUer !

« Nous n'avions pas plus vaillant chevalier,

— « Dieu me le donne à venger, répond-il, »

Il a piqué des éperons d'or pur;

De Hauteclaire est l'acier tout sanglant.

Avec vigueur il frappe Climorin,

Brandit son coup et le Sarrazin tombe.

Les démons vite ont emporté son Ame.

Puis Olivier occit le duc Alphen.

D'Escabadiz il a tranché la tète.

Désarçonné sept cavaliers arabes,

Qui plus jamais ne pourront guerroyer.

a Mon compagnon, dit Roland, est fitché,

<ic Et plus que moi va se faire louer,

« Pour de tels coups Charles nous aime plus. »

Il crie alors : «c Frappez-les, chevaliers ! )> aoi.

Ailleurs était le payen Valdabrun ;

11 éleva le roi Marsilion.

Il est le chef de quatre cents vaisseaux ;

Tous les marins ne réclament que lui.

Par trahison il prit Jérusalem ;

Il viola le temple Salomon (1),

Devant les fonts occit le patriarche.

Il a reçu la foi du comte Gane,

Et lui donna l'épée à riche garde (2) .

Son bon cheval, qu'il nomme Gramimond,

Est plus léger que ne l'est un faucon :

n l'a piqué des éperons aigus ;

n va frapper Sanche, le riche duc,

Lui rompt Técu, hii brise le haubert.

Lui met au corps les pans du gonfalon,

A pleine lance il l'abat des arçons.

« Frappez, dit-il, payens , nous les vaincrons ! x^

Les Franks disaient : « Dieu ! quel deuil de baron ! p

AOI.

Le preux Roland, quand il vit Sanche mort.

On peut savoir quel grand deuil il en eut.

(1) Le trouvère veut parler sans doute de l'église du Saint- Sépulcre et des autres lieux-saints de la Palestine. La préoccupation de la croisade se retrouve dans presque toutes nos chansons de geste.

(2) Voir la note de la page 79. Le texte porte :

Il lî dunat s'épée e mil manguns.

Le trouvère ne veut pas dire que cette sommé a été donnée à Gane : c'est une réminiscence de ces vers :

Tenez m'espée^ meilleur n'en at nuls homs!

Entre les helzaé plus de mil manguns.

(Page 32.)

Il éperonne, il éô^àH à totitë fotCé, Tient Durandal, qui TAut plus qtfe Tto fin, Et va frapper Valdabrun tant itjtî'il petit Sur son bon casque oi^né de pierreiHieB^ Tranche la tête et Tarmure fet le cor^^ Avec la selle, incrustée en or pUr^ Profondément entre au dos dû chef al :

Tous deux sont morts^ qu'on le blâme ou le lo^é. Payens disaient : « Ce coup nous est trop dm*! i> Roland répond : u Ne^ùis aimer IeH vôtres; ce Par-devers voua est l'orgiieil et le tôrl ! d aoï.

Un ÂMcain est ià^ venu d'Âfricgie.

C'est Malcùidant, le fils du roi Maleud.

Son armement est tout en or battu.

Plus que tout autre au soleil il reluit

Sur son cheval qu'il nomme Saut-PerdU;

Aucune bôte au*ji vite ne court.

n va frapper Anséis svœ l'écu,

ftànl le vëriniBil et l'azur sôUl brfeès';

De. son haubert il fracasse les pans^

Lui met au corps et le fer et le bois.

Le comte est mort et son temps est fini (l).

Les Franks disp^ient : ce Qnët dommage, baron ! »

(1) Dans Gaufreif, p^ge 4, Anséis ceft pettt-fils dfe Doon de Mayence et fix de h sitpr Knllon.

Tôirpiii fiUàit par le champ de batoille ;

Tel tonsuré jamais nechanta messe,

Qui de son corps ait fait tant de prouesses.

(1 Dieu te le rende, a-t-il dit au payen ;

<i Tu m^as obéis un que mon cœur regretté (1). »

Sur Malcuidaht il pouisse son cheval^

Frappe si fort sur l'écu dé Tolède,

Qu'il l'abat mort* du coup sûr l'herbe verte.

D'Orne autre part est le payen Grandogne , Fils de Capel, le roi de Cappadoce.

Son bon cheval; tjù'il nommé Mariiîol^è, Est plus léger que n'est oiseau qui vole, n éperonûe, il k l&cHé la rêne , Il va jfrapper GéHn à grande forcé.

Lui rompt l'^U vermeil, du cou l'enlêvè ; Il lui déclot en entier sà cuirassé, Lui met au corpl^ tout ison gonfalon bleli.

Et l'abat mort près d'ùné haute roche, n tue encot iton com)[»àgiion Gérer, Et Béranger, et Guy de Saint- Antoifaè.

Il va frappël* un riche duc; Âustôre,

(1) Ahi ! Géri, qiiel ami m'a tolu !

{Raonl de Cambray, pagre 12b.)

84 IJi CHANSON DE ROLAND.

Seigneur d'Envers sur Rhône et de Valence,

II l'abat mort. Payens s'en réjouissent.

Les Franks disaient : a Comme les nôtres tombent! b

Le preux Roland tient son épée en sang, n entend bien que les Français se troublent, A si grand deuil qu'il est près d'éclater.

c( Dieu te confonde, art-il dit au payen ; « Tu m'as occis qui je te vendrai cher ! »

II éperonne, et son cheval s'élance :

Lequel paiera? car ils sont en présence.

Grandogne était et prudhomme et vaillant, Et vigoureux et brave combattant.

Sur son chemin il rencontra Roland.

Dès qu'il le vit, il le reconnut bien Au fier visage, au corps qu'il avait noble, A son regard comme à sa contenance.

Il ne peut pas s'empêcher d'avoir peur, n voulait fuir, mais il ne le put pas.

Roland le frappe avec tant de vigueur !

Jusqu'au nasel il lui fend tout le casque.

Tranche le nez, et la bouche, et les dents.

Le corps entier et la cotte de mailles, Les bords d'argent de la selle dorée.

Et du cheval le dos profondément.

Homme et cheval sont occis sans remède.

Les Sarrazins tout dolents gémissaient;

Les Franks disaient : a Notre garant bien frappe ! »

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